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Une nouvelle piste pour réduire les émissions de GES

Et si la responsabilité des émissions de gaz carbonique devait davantage peser sur les individus plutôt que sur les États ? C’est ce que proposent des chercheurs américains, dans une étude intitulée Partage des émissions de gaz carbonique entre un milliard de gros émetteurs, publiée le 6 juillet 2009 dans les Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS).
Por Amélie Rosique -

Tous les scientifiques s'accordent à reconnaître que les émissions de gaz à effet de serre jouent un rôle dans l'accélération du réchauffement climatique. Comment lutter contre ces émissions et inciter les pays à les réduire ? La question divise les États : les pays industrialisés refusent de réduire leurs émissions pour faire de la place à celles des pays en développement, lesquelles augmentent de manière accélérée. Quant aux pays émergents, gros pollueurs en devenir, ils refusent de s’investir dans la réduction des émissions tant que les pays industrialisés ne s’engageront pas sur des objectifs à court terme.

Des chercheurs de l’Université de Princeton dans le New Jersey (est des États-Unis), le physicien Shoibal Chakravarty et l’économiste Massimo Tavoni, ont étudié l'origine des émissions de GES et ont estimé qu’en 2008, seules sept-cents millions de personnes -soit 10% de la population mondiale- étaient responsables de la moitié des émissions de CO2. Ils sont parvenus à la conclusion que « réduire, par exemple, l’émission globale de gaz carbonique de treize milliards de tonnes d’ici 2030 nécessiterait l’engagement d’un milliard treize millions d’individus gros émetteurs ».

Plus riches et plus pollueurs

Sur la base de ce constat, deux chercheurs de la même université, Patrick Pascala et Robert Socolow, co-auteurs de l’étude, ont observé que les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre sont également les plus fortunés. Tandis que chaque individu de la planète produit en moyenne cinq tonnes de CO2 par an, un Européen en produit dix, et un Américain vingt. La raison est simple : plus un citoyen est aisé plus son niveau de vie se traduit, entre autre, par l'usage d'une ou de plusieurs voitures, des véhicules plus puissants qui consomment davantage d'énergie, ainsi que par des déplacements en avion...

A partir de cette observation, les chercheurs ont élaboré un concept novateur en matière d’environnement, qui pourrait faire sortir les pays de l’impasse dans laquelle ils se trouvent : ils ont imaginé que la responsabilité des individus les plus riches pourrait être davantage impliquée -quelle que soit leur nationalité- plutôt que celle des États... Une méthode qui éviterait la stigmatisation de certains États par rapport à d’autres et qui pourrait permettre d’apaiser les tensions entre pays industrialisés et pays émergents.

Responsabilité individuelle : une réponse partielle

Cette nouvelle approche, si elle présente des avantages certains, reste toutefois partielle, de l’aveu des chercheurs eux-mêmes. « Notre approche est cantonnée aux émissions fossiles de CO2. En envisageant la responsabilité individuelle, nous négligeons le carbone induit par les importations et les exportations des pays […]. Nous ne prenons pas non plus en compte la responsabilité historique » des pays industrialisés. « Un schéma complémentaire, qui prend en compte tous ces éléments, sera nécessaire pour poursuivre les négociations ». Des négociations qui restent tendues, comme en témoigne le sommet du G8 à l’Aquila, en Italie. Prochain rendez-vous du calendrier environnemental : Copenhague en décembre 2009 pour la conférence mondiale sur le climat.

Publicado em 02/11/2015 - Modificado em 02/11/2015

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