L’expédition de Patrick Deixonne à la découverte du « continent de plastique », est partie d’Oceanside, en Californie, le 20 mai 2013
L’expédition de Patrick Deixonne à la découverte du « continent de plastique », est partie d’Oceanside, en Californie, le 20 mai 2013.
DR / OSL / 7e Continent
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Le 7e Continent: une expédition à la découverte du tourbillon de déchets dans le Pacifique

Dans la partie nord-est du Pacifique, une vaste zone de 3,4 millions de km2, située entre Hawaï et la Californie, est entièrement recouverte de déchets plastiques. Cette masse flottante, découverte en 1997 un peu par hasard par l'océanographe américain Charles Moore, est aujourd’hui surnommée par les écologistes le « 7e continent. »
Por Arnaud Jouve -

Cette gigantesque plateforme de déchets flottants, qui s’est formée en un immense tourbillon au centre du « gyre du Pacifique nord », l’un des principaux courants qui animent l’océan Pacifique, s’étale déjà sur une superficie grande comme six fois la France et sur une trentaine de mètres de profondeur.

Continent de plastique

Les déchets s'accumulent dans cet espace marin, dont la circonférence est actuellement de 22 200 km, sous l'effet de la rotation de la Terre, selon le principe de la force de Coriolis et des courants qui piègent tous les déchets flottants marins, qu’ils proviennent de nos rejets en mer ou de nos côtes qui sont les principaux pollueurs de nos océans.

Les courants rassemblent les morceaux de plastiques et les concentrent dans un même espace dont la superficie est en constante progression. Là, les déchets piégés connaissent une très lente dégradation qui, à terme, les transforme en microparticules de plastique que les poissons ingèrent.

Une zone oubliée

Cette accumulation se trouve en dehors des grands axes de circulations maritimes. À part quelques scientifiques et quelques écologistes, peu de personnes s'intéressent véritablement à l'étude de ce phénomène. Aucune mesure, ni aucun projet international n’ont pour l’instant tenté d’y remédier, car cette pollution majeure se développe dans les eaux internationales et toute entreprise de nettoyage aurait un coût pharaonique qu’aucun Etat n’est actuellement prêt à assumer.

Une expédition pour sensibiliser

En 2009, à l’occasion d’une course en solitaire à l'aviron, Patrick Deixonne, un Français, découvre cette soupe plastique que les Américains surnomment le « Great Pacific Garbage Patch ». Il décide alors de monter une expédition pour médiatiser cette catastrophe écologique. En mai 2012, il monte une première expédition baptisée Argonautica, avec le soutien du Centre national d’études spatiales (CNES) qui propose de guider sa goélette par satellites.

Mais le projet capote à cause des déchets plastiques. Avant son départ de Californie, la pompe à eau de sa goélette est bloquée par des sacs plastiques et des débris d’un filet de pêche brisent son gouvernail dans le golfe du Mexique.

Aujourd’hui, Patrick Deixonne se prépare pour une nouvelle tentative, prévue pour démarrer le 20 mai. L’expédition partira d’Oceanside, dans le sud de la Californie, pour rejoindre à environ un millier de milles nautiques de la côte le continent en plastique. Cette fois, le Yacht Club d’Oceanside lui fournira un puissant bateau à moteur et trois hommes d’équipage. Le voyage durera de six à sept jours, durant lequel il effectuera des mesures pour comparer les concentrations et la nature des déchets.

Un capteur installé dans une bouée dérivante, réalisé par les élèves ingénieurs du CNES à Toulouse sera également testé à cette occasion pour distinguer les plastiques des organismes vivants dans l’eau. Enfin, grâce à l’imagerie satellite et aux relevés faits sur place, une cartographie du « 7e continent » sera pour la première fois réalisée.

Publicado em 02/12/2015 - Modificado em 02/12/2015

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