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Le blé dur va manquer pour les pâtes et la semoule

Le blé dur va manquer pour les pâtes et la semoule
Avec le manque de blé dur, il faut s'attendre à une inflation du prix du paquet de pâtes en Italie, en Espagne ou en France, par exemple.
RFI/Guelia Pevzner
Les fabricants de pâte et de semoule sont inquiets, le blé dur va manquer cette année après les mauvaises récoltes en Europe et au Canada.

Première diffusion le 21/10/2014

Va-t-on bientôt manquer de pâtes et de semoule ? En tout cas, les industriels sont très préoccupés par la raréfaction de leur matière première, le blé dur, dont les prix flambent. En l'absence de marché à terme pour cette céréale, aucun transformateur n'est armé face à une telle amplitude, commente le PDG de Panzani, le numéro un français des pâtes. La production de blé dur a baissé dans toute l'Europe, de l'Espagne à l'Italie, les surfaces se sont rétrécies depuis deux ans : le blé dur était moins rentable que le maïs. Et cette année la production française a été déclassée par les pluies : un tiers de la récolte a perdu la vitrosité, la dureté indispensable à la transformation en pâtes ou en semoule.

Alors que les prix en Europe commençaient à enfler, voilà que le Canada, 60% du marché international du blé dur, connaît à son tour une dégradation du tiers de sa récolte, détrempée elle aussi. À l'arrivée, il va manquer 3 millions de tonnes de blé dur pour l'industrie pastière et la semoulerie mondiale, même si l'on inclut les stocks. Aux États-Unis, les importateurs sont aujourd'hui prêts à débourser l'équivalent de 500 euros pour une tonne de blé dur, contre 250 euros il y a trois mois et demi, souligne Caroline Bitton d'Agritel. En Afrique, les importateurs du Maghreb se replient sur la qualité canadienne intermédiaire ; au sud du Sahara, le riz et le mil devrait se substituer au blé dur. Ou bien le blé dur sera remplacé par du blé tendre, qui rend pourtant les pâtes très collantes, mais c'est autorisé en Afrique, en Turquie et en Europe du Nord. Dans les pays où c'est interdit, les pays puristes de la « pasta » que sont l'Italie, l'Espagne et la France, il faut s'attendre à une inflation du paquet de pâtes, même si le prix du blé dur n'intervient que pour un tiers dans le prix du produit final.

Publicado em 22/02/2016 - Modificado em 22/02/2016 - Por Claire Fages

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