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BCE: «Super Mario» Draghi passe la main à la reine Christine

Mario Draghi passe le flambeau à Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne le 28 octobre 2019.
Mario Draghi passe le flambeau à Christine Lagarde à la tête de la Banque centrale européenne le 28 octobre 2019.
REUTERS/Ralph Orlowski
Après huit ans à la tête de la Banque centrale européenne, Mario Draghi passe le relais à Christine Lagarde. « Super Mario » s'en va en laissant derrière lui de nombreux dossiers et autant de questions en suspens.

04'12" - Premirèe diffusion le 28/10/2019

Des questions sans réponse et une grosse polémique qui entache la fin de son mandat. Adulé hier pour avoir sauvé la monnaie commune, Mario Draghi est aujourd’hui contesté par ses pairs. En septembre, quand l’économie de la zone monétaire a commencé à émettre des signaux de faiblesse, le gardien de la zone euro a réactivé sa politique accommodante pour soutenir l'activité. Il baisse alors à nouveau les taux d'intérêts et relance les achats de dettes. Une décision prise malgré l’opposition d’une bonne partie du conseil des gouverneurs. Une fois encore, il a pratiqué la politique du fait accompli. Une attitude surtout critiquée sur le fond. Au sein du conseil des gouverneurs de la BCE, comme à l’extérieur, dans le petit milieu des anciens banquiers centraux, des voix s'élèvent pour le désapprouver publiquement.

Pourquoi cet outil, qui a permis hier de sauver l’euro, est-il aujourd’hui remis en cause ? 

Pendant son mandat, Mario Draghi a acheté pour 2 600 milliards d’euros d’actifs et cette intervention monétaire massive a des effets collatéraux difficile à maîtriser. La baisse des taux d’intérêts rend l’argent quasiment gratuit, au grand bonheur des marchés. D’où la formation de bulles financières, notamment dans l’immobilier. Cela pourrait être le détonateur d’une nouvelle crise, avertissent les plus prudents.

Deuxièmement, les taux bas c’est bien, mais les taux négatifs comme c’est courant aujourd’hui, y compris pour le pays le plus endetté de la zone euro, la Grèce, deviennent pénalisant pour les banques, qui ne gagnent plus grand-chose. Et surtout pour les épargnants : ils doivent payer pour économiser. Difficile à avaler pour les retraités allemands ou néerlandais et pour leurs représentants. L'autre conséquence, encore plus inquiétante des taux négatifs, est de priver la BCE de marge de manœuvre pour intervenir en cas de crise. Car la principale arme d'une banque centrale est d'abaisser le loyer de l'argent, ce que peut faire aujourd'hui la réserve fédérale ou la banque d'Angleterre, mais plus la BCE.

Comment Christine Lagarde va-t-elle gérer cet héritage encombrant ?

Sans doute en faisant du Mario Draghi. Elle a déjà indiqué qu'elle adhérait complètement à la politique monétaire de son prédécesseur, elle partage aussi ses convictions pour en sortir. « Super Mario » répète sur tous les tons qu’il a fait son boulot, mais que les gouvernants, eux, sont aux abonnés absents : « Si vous voulez voir les taux d’intérêt remonter, il faut agir sur les budgets. », a-t-il martelé lors de sa dernière conférence de presse.

L’Italien souhaite ardemment que les États qui ont des marges budgétaires fassent une relance coordonnée au niveau de toute l’Europe. Christine Lagarde est sur la même ligne, elle a prévenu les parlementaires européens : « Je ne suis pas une fée ». Mais c'est bien une bête politique. Pour faciliter les échanges elle est même en train d'apprendre la langue allemande. Car l’ancienne directrice du FMI, louée pour sa capacité à construire le consensus, devra faire de la diplomatie tous azimuts pour convaincre les gouvernements qu’il est urgent de reprendre les rênes.

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Publicado em 18/11/2019 - Modificado em 18/11/2019 - Por Dominique Baillard

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