#Francês da atualidade

Tennisman, tenniswoman

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le sort de Peng Shuai inquiète : la championne de tennis est-elle libre de ses mouvements, en sécurité depuis qu’elle a accusé un haut responsable chinois de l’avoir violée ? En tout cas on se soucie du sort de cette tenniswoman. Tenniswoman vraiment ? C’est parfois comme ça qu’elle est désignée par des francophones. Et on comprend bien que le mot est le féminin de tennisman et qu’il semble être un anglicisme.

S’agit-il donc d’emprunts à l’anglais : tennisman pour joueur de tennis tenniswoman pour joueuse ? En fait ce sont de faux anglicismes, de pseudo anglicismes comme dit le dictionnaire, car ces termes ne sont pas en usage en anglais. Den anglais on dit plutôt tennis player. Des mots français donc, inventés en français, à la manière de mots anglais. Une mode récente ? Pas du tout : tennisman apparait au tout début du vingtième siècle, il est attesté dès 1903 ! Et on trouve à peu près la même histoire pour ceux qui jouent au rugby : rugbyman apparait avant la guerre de 14, il y a plus d’un siècle, et c’est aussi un mot inventé en France, à l’image de ce que pourrait être un mot anglais, mais les anglophones ne l’utilisent pas.

Il n’empêche ! On peut souhaiter des mots à consonance plus française… mais il n’y en a pas. Si l’on veut éviter tennisman, on est donc contraint à la périphrase : une expression, joueur de tennis, mais pas un mot.

Mais revenons au tennis. On sent bien que ce mot a un parfum anglais. En français on n’a pas à l’ordinaire, de mots dont le « s » final se prononce. Et les mots du tennis, se sont longtemps dits à l’anglaise : set, smash, net, tie break. Aujourd’hui, on a des équivalents français pour certains d’entre eux : à la place de tie break, on peut parler de jeu décisif. Mais il faut bien reconnaître que ce sport s’est popularisé en France, comme exercice distingué, pratiqué par une classe sociale aisée, à une époque où l’Angleterre représentait le pays de la mode et du bon goût, dans la deuxième partie du 19e siècle.

Mais d’où venait le mot ? De Grande-Bretagne certainement puisqu’il s’agissait de l’abréviation d’un terme plus long, lawn-tennis, tennis de gazon, dont le caractère anglais n’échappe à personne.

Mais ce mot de tennis, alors ? Les Anglais le tenaient du français. Et notamment de l’impératif du verbe tenir. Au jeu de paume, et cela, dès le 14e siècle, celui qui servait s’adressait à son adversaire en même temps qu’il lui envoyait la balle et il s’exclamait : « Tenetz ! », c’est à dire « tiens » ou « tenez ! » . C’est ce code qui associe le mot au geste qui a été emprunté par les Anglais pour désigner le jeu lui-même qu’on appelait la paume en français, puis la longue paume. Les Anglais en ont modifié la pratique et les règles, et ont fini par remplacer la paume de la main par une raquette. Mais il ont gardé le nom, et ont joué successivement semble-t-il au teneys, au tenise, puis au tennis.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

Le mot nous est donc revenu avec le jeu cinq cents ans plus tard. Tennis ? Un mot ping-pong donc !

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