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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On a appris que le Pape François souhaitait que soit levé le secret pontifical sur les affaires d’abus sexuels dans l’Église. Jusqu’à maintenant, les procédures internes à l’Église, contre des ecclésiastiques qui se seraient rendus coupables de ce genre de comportements, et même les sanctions prises, restaient secrètes. Et cela ne sera plus le cas. Ce secret est levé comme on dit, c’est-à-dire qu’on supprime l’obligation de ne pas rendre public un fait, une information.

On parle donc de secret pontifical, mais aussi de secret d’État, de secret défense… Quelques expressions qui montrent bien que des institutions peuvent se réserver le droit de ne pas divulguer, révéler ce qui pourrait nuire, être préjudiciable à leur avenir, ou même parfois à leur réputation. Et on a le plus souvent l’impression qu’il est question d’affaires de la plus haute importance : la politique nationale ou internationale pourrait en souffrir si un secret d’État était trahi.

Mais parfois, c’est la déontologie, la morale d’une profession, d’une pratique, qui impose le secret. Puisqu’on parlait de religion avec le secret pontifical, on peut parler aussi du secret de la confession. Les prêtres qui apprennent ce qui leur est confié dans cette pratique du confessionnal, propre au catholicisme, sont bien sûr tenus de garder ça pour eux. C’est grâce à ce secret que la confession est rendue possible. Et il y a quelque chose d’un peu semblable dans le secret médical : ce qu’un médecin apprend d’un patient, sur son corps, sa maladie, ou même son existence, doit rester enfoui dans sa mémoire : ce serait trahir l’éthique de son métier que de le communiquer. Et de façon plus générale, on parle de secret professionnel.

Mais beaucoup de secrets appartiennent aussi à la vie privée. Et il arrive même qu’on les transmette. Mais avec précaution : Je te dis un secret, mais ne le répète à personne. Je te dis ça sous le sceau du secret ! Expression toute faite qui vient d’une ancienne pratique royale française : certains plis confidentiels étaient fermés, cachetés par le sceau royal, cette empreinte de cire durcie qui empêchait qu’on puisse déplier la lettre pour la lire sans casser ce sceau. Les nouvelles étaient donc envoyées sous le sceau du secret !

Et puis bien sûr, on a les faux secrets, les secrets éventés, qui ont comme on dit ont transpiré : ce qu’on appelle familièrement les secrets de Polichinelle ! Ce sont ceux que tout le monde connaît : ils sont censés être encore confidentiels, mais la confidence est partagée par tant de monde, qu’elle en est risible ! Pourquoi Polichinelle ? Probablement parce que ce personnage de théâtre, de la comédie italienne, parle fort, à tort et à travers, et qu’il n’est pas digne de confiance : il pourrait tout dire à tout le monde ! 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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