mots-actu_s.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Faites l'exercice pour comprendre ce mot de l'actualité : Savon, savonnette, passer un savon...

 

La vie pendant l’épidémie change beaucoup de choses dans nos façons de vivre, dans nos façons de produire, de consommer, et bien sûr, dans nos façons de parler ! Ainsi, grâce à RFI, on apprenait hier que la demande de savon de Marseille avait explosé : il est vrai qu’on se lave les mains comme jamais, et ce fameux savon de Marseille semble tout à fait efficace pour qu’on puisse se désinfecter.
 
Alors, qu’est-ce que c'est que ça, le « savon de Marseille » ? On a tendance évidemment à penser que c’est du savon fabriqué à Marseille, dans la région de Marseille. Est-ce que c’est vraiment le cas ? Eh bien non ! Parce que l’appellation « savon de Marseille » n’est pas ce qu’on appelle une AOC, c’est-à-dire une appellation d’origine contrôlée. « Savon de Marseille », ça correspond à un certain processus de fabrication, quelle que soit la région où on fabrique ce savon. Alors, est-ce qu’on peut avoir du savon de Marseille fabriqué à Bordeaux ? Ou à Pantin ? Ou à Pékin ? Eh bien oui, on peut ! Parce que la fabrication de ce savon n’est pas reliée à un climat particulier, ni à des éléments qu’on ne trouverait que dans la région indiquée. Le savon de Marseille n’est donc pas comparable par exemple au Camembert de Normandie, qui doit être fabriqué, élaboré en Normandie, ou au Roquefort, au fromage de Roquefort, qu’on fabrique dans la commune ou juste à côté de cette commune du sud de la France, du sud-est, Roquefort. 
 
Alors, le savon, bien sûr, il n’est pas que de Marseille et on en trouve sous des formes nombreuses, même si certaines d’ailleurs sont un peu désuètes aujourd’hui. Parce que, par exemple, on ne parle plus guère de « savon à barbe », parce qu’on parle de « mousse à raser ». C’est que, jadis, on faisait mousser le savon soi-même, alors on appelait ça du « savon à barbe ». Alors qu’aujourd’hui, la mousse à raser, ben, elle mousse toute seule, quand elle sort de la bombe à mousse. Et on a aussi parlé du « savon dentifrice » pour se brosser les dents. On n'en parle plus. On a parlé ensuite de la « pâte dentifrice ». Aujourd’hui, en général, on parle du dentifrice tout court !
 
Alors, ce savon, est-ce qu’on va le trouver dans des expressions particulières, qui sont bien séparées de ses références d’origine. Relativement peu, mais enfin ça arrive. Ça arrive notamment dans le vocabulaire de l’automobile. Alors, on sait que du savon, surtout quand il est humide, ça glisse. Et dans un argot, là encore aujourd’hui un petit peu ancien, on appelait « savonnette » une voiture connue pour sa mauvaise tenue de route. Si elle dérapait facilement,  elle glissait sur la chaussée sans qu’on puisse vraiment la rattraper et on disait : « Ah, une savonnette ! »
 
Et puis, on a eu la « caisse à savon » aussi. Une vieille voiture, une guimbarde. Et ce sobriquet viendrait d’une pratique enfantine : se fabriquer une petite voiture, un jouet pour faire semblant de conduire, à partir d’une caisse à savon.
 
Et puis on a encore quelques exemples assez fréquents de l’usage figuré du mot. « Passer un savon à quelqu’un », c’est le réprimander. Mais attention, le réprimander vertement, sévèrement. On comprend l’image : on immobilise quelqu’un pour le frotter vigoureusement. La formule est familière, mais on l’entend couramment. Puisque, par exemple, il y a quelques jours sur RFI, on nous apprenait que le ministre de l’Intérieur avait pris son téléphone pour passer un savon à un fonctionnaire jugé trop violent. On l’entendait à la radio, l’expression, ça prouve bien qu’elle est utilisée et comprise. 

 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias