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Renaissance

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Pour une Renaissance européenne. C’est le titre de la tribune signée par Emmanuel Macron et qui est parue hier dans de nombreux journaux d’Europe. On ne va pas ici parler du contenu de cette tribune, mais souligner le mot utilisé dans son titre : Renaissance, un terme évidemment positif, qui évoque un renouveau, un nouveau départ, mais aussi une certaine façon de considérer le monde, un regard éclairé, qui s’oppose à l’obscurantisme, au fanatisme, aux idées toutes faites : une manière curieuse d’aborder la réalité, désireuse de connaître et de comprendre, sans préjugé : voilà les qualités qu’on reconnaît a priori à la Renaissance.

Alors est-il particulièrement bienvenu de parler de Renaissance en ce moment ? Peut-être ! On nous dit en France que 2019 marquerait le cinq centième anniversaire de cette période ! Alors attention : c’est vrai et c’est faux. On adore depuis quelques décennies les anniversaires et les commémorations : on n’allait pas manquer celle-là. Et quelques faits permettent de l’expliquer : en 1519 commence l’édification du château de Chambord, trésor d’architecture, demeure royale, et l’un des symboles de cette Renaissance. Et cette même année meurt Léonard de Vinci. Ah, mais justement, on a toujours considéré Léonard comme l’un des maîtres de cette Renaissance ! S’il meurt en 1519, c’est donc que cette période était déjà bien florissante ! Attention : Vinci est italien. Il finit sa vie en France, non loin de Chambord d’ailleurs, en Touraine, à Amboise, invité par le roi François Premier. Mais la France avait du retard. Cette période dite renaissante est née en Italie quelques dizaines d’années avant qu’elle ne se déporte en France. L’Italie est incroyablement à la mode en France, la langue italienne investit le français. Et paradoxalement, les Guerres d’Italie au début du XVIe siècle (tout le monde sait que la bataille de Marignan date de 1515) vont concourir à italianiser le goût français. Mais bien entendu, cela ne s’est pas fait plus en 1519 qu’en 1515 ou en 1525 !

Alors qu’est-ce que c’est que cette fameuse Renaissance ?

Un nom propre qui désigne une période historique bien connue : en France celle qui en gros couvre le seizième siècle. Le mot était évidemment d’origine italienne : Rinascita ou Rinascimento. Il s’agissait pour une civilisation de renaître, de prendre un nouveau départ et de nouveaux modèles, même si ces modèles étaient renouvelés de l’antique. Le mot est donc tout à fait enthousiaste : il s’agit de naître une nouvelle fois. On a donc l’idée d’une sève toute neuve, d’un élan, d’une vigueur. Et les artisans de cette Renaissance italienne ou française en ont été assez conscients : ils l’ont affirmé, ils en ont été fiers.

Mais attention, si en Italie on a bien parlé de Rinascita, en France on a employé le mot Renaissance de façon plus floue, en le chargeant de sens multiples, notamment religieux : le mot pouvait désigner la nécessaire régénérescence de l’Église par exemple. Il n’y a qu’au dix-neuvième siècle qu’on a parlé couramment de la Renaissance des lettres et des arts et que le mot a pris ce sens historique précis. Peut-être parce que le recul du temps permettait de diviser l’histoire en grandes parties, et qu’on mettait une frontière assez nette au moyen-âge, considéré pendant ce même 19e siècle comme une époque d’ignorance bien plus sombre qu’elle n’avait été.

Mais l’intéressant est aussi dans le dépoussiérage des vieilles cultures et des vieilles valeurs : la Renaissance a remis à l’honneur les langues littéraires latine et surtout grecque. Et toute la culture de l’Antiquité a été redécouverte et d’ailleurs refaçonnée de façon certainement très différente de ce qu’elle avait été en réalité : une Antiquité renaissante quoi.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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