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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La réserve fédérale américaine baisse ses taux pour tenter d’enrayer la crise boursière. Ces mécanismes sont difficiles à comprendre, et il faut plus que des explications linguistiques pour se familiariser avec l’économie. Mais enfin, on parle d’un plan de relance américain. Qu’il fonctionne ou pas, le mot nous intéresse, car la relance, on la mange un peu à toutes les sauces.

On a souvent entendu ce mot en liaison avec une volonté gouvernementale d’intervenir sur la marche de l’économie, comme si des décisions venues du pouvoir exécutif pouvaient influer sur la marche de l’activité commerciale, ce qui est bien sûr évident.

L’image de la relance est intéressante, et très mécanique. Il s’agit bien, lorsqu’un processus est en perte de vitesse, de lui donner de quoi repartir, reprendre de la vitesse. Il s’agit de contrer un mouvement de réduction progressif. On pense bien sûr à un moteur qui s’arrête : pendant quelques secondes, ou quelques minutes, grâce à la vitesse acquise, il continue de tourner, de moins en moins vite. Mais si on arrive à le réalimenter, à le faire repartir, l’affaire est sauvée. On a donc l’idée fréquente de réinjecter un carburant, un intérêt, de l’argent, du capital. Le feu est en train de mourir, mais si on rajoute une bûche, il repartira. L’image est donc assez claire. Linguistiquement, on voit qu’elle s’exprime presque toujours avec le préfixe « re- » : il faut réactiver, faire repartir, réalimenter, réinjecter, relancer, quoi !

Cette idée de second souffle, on la trouve également dans d’autres domaines, à l’aide du même mot relance. Au sens propre, on pense à des jeux de balle, dans lesquels on peut relancer la balle pour faire repartir le jeu. Mais le mot est présent dans certains jeux d’argent, notamment au poker : à certains stades d’une partie, on a le choix entre s’arrêter : chacun montre son jeu, le plus fort gagne et rafle les mises ; ou alors on met sur le tapis un enjeu supérieur, ce qui ouvre un nouveau chapitre au jeu en augmentant les sommes qui sont risquées.

Le mot de toute façon est à la mode, et on parle souvent de relancer une question, un intérêt. Toujours le même écho : éviter qu’un problème qui commençait à sombrer dans l’indifférence ou l’oubli, ne disparaisse, réactiver quelque chose qui s’assoupit.

Autre sens assez moderne du mot, et un peu différent : on relance quelqu’un qui ne vous donne pas de ses nouvelles quand on en attend. Des nouvelles, ou plus… le mot est utilisé quand on demande quelque chose qu’on n’obtient pas tout de suite : un service, une participation. Mais cette relance, on l’entend surtout quand on se manifeste plusieurs fois auprès de celui qui vous doit quelque chose : une bibliothèque à laquelle on a emprunté des livres vous relance si on ne les a pas rendus à temps. Ou un créancier, qui vous relance pour vous redemander, avec une certaine insistance l’argent que vous lui devez !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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