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Poignée de main

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une poignée de main, emblème de la rencontre qui a réuni Trump et Kim Jun un à Saïgon. Et on sait que Trump a la réputation d’avoir la poignée de main redoutable.

Cette poignée de main c’est d’abord une image, mais bien vite une formule, une expression. Même si on n’a pas de photos le geste est commenté et le symbole est fort. Et depuis bien longtemps, c’est une action qui représente l’amitié et l’accord entre deux personnes. Un sens apparemment très positif, qui s’explique d’abord par une implication négative : si on se serre la main, cela veut d’abord dire « on ne s’attaque pas ! ». La poignée de main sous-entend qu’on se touche à main nue. Donc que la main n’est pas en train de tenir une arme, et le prouve. Et par ailleurs elle est très représentative d’un contact viril : la poignée de main est d’abord masculine, dans l’imaginaire. On ne se touche pas de trop près, mais le contact se fait par ce membre qui évoque la puissance, l’adresse. Et l’acte lui-même se fait avec une certaine force, modérée, soit ; on n’est pas là pour se faire mal, au contraire. Mais il montre bien que la puissance est là, maîtrisée, mais présente.

Comme un serment, comme une signature, mais avec un langage du corps peut-être plus archaïque, la poignée est donc un pacte de non-agression, et plus si affinité.. Et elle fonctionne souvent d’ailleurs en guise de réconciliation. Un peu comme l’on utilise cette autre formulation : on enterre la hache de guerre, qui nous vient de l’anglais, qui lui-même l’avait empruntée à un rituel indien. Sûrement authentique, mais largement popularisé et sorti de son contexte par la littérature très populaire américaine : la hache de guerre qu’on déterre ou qu’on enterre doit son succès au western.

Mais revenons à notre poignée de main : une poignée c’est ce qui tient dans le poing, c’est ce qu’on serre de la paume de sa main. Le mot évoque donc également une certaine quantité, dont on reconnaît l’existence, mais qui pourtant est modeste. Ce n’est jamais énorme, une poignée. Une poignée de terre qu’on répand sur une tombe : image de la brièveté et de la vanité de la vie : on est bien peu de chose ! Une poignée de pièces de monnaie, ou de dollars pour reprendre encore une fois une image de western, fut-il spaghetti ! La poignée est donc plus importante que la pincée, ce qu’on prend entre le pouce et l’index, pour en saupoudrer une préparation – une pincée de sel ou de safran. Mais moins que la brassée, qu’on peut prendre entre ses deux bras : une brassée de fleurs.

Enfin la poignée n’est pas seulement ce qui tient dans le poing, ou ce que serre le poing : c’est aussi ce qu’on peut saisir avec cette main si habile : une poignée de porte ou de guidon. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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