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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les podcast sont à la mode, et même furieusement : on n’entend parler que de ça, et c’est l’une des grandes nouveautés du monde des médias. Il est d’ailleurs facile d’expliquer ce que c’est : des contenus sonores, accessibles à la demande, souvent gratuits mais pas toujours, qu’on écoute comme des émissions de radio. Une sorte de radio à la carte, disponible, émission par émission. Tout cela n’évoque que des éléments qu’on écoute. On nous dit bien qu’il existe des podcast audiovisuels, qu’on regarde en les écoutant. Télévision à la carte alors ? En fait il est bien rare que le mot soit utilisé dans cet usage : les podcast sont faits pour l’oreille !

Mais le problème viendrait plutôt du mot : il est certain que c’est un anglicisme : ça nous vient des États-Unis. Pose-t-il un problème ? Oui, comme tous les anglicismes : on est souvent plus content d’avoir un mot bien français. Mais dans ce cas, la question est complexe. D’abord le mot n’a pas du tout une consonance anglo-saxonne. Difficile à prononcer ? Pas vraiment. Un peu quand même : cinq consonnes pour sept lettres, ça menace d’être guttural. Mais on s’habitue. Problème d’accord alors ? Oui dans une certaine mesure : le mot est considéré comme invariable - pas de « s » au pluriel. Et son origine est facile à trouver : un mot valise composé d’un fragment de marque déposée. Pod vient d’iPod, un appareil qui permet de lire des fichiers sonores. Et cast est l’abréviation de broadcast qui signifie diffuser. Pourtant la commission de terminologie officielle a proposé un équivalent : un audio, sur le mode d’une vidéo. C’est très logique, mais le problème est que tant dans le public que dans les milieux spécialisés, cette dénomination n’est pas en usage. Pire, elle n’est pas comprise !

Le podcast est donc assez bien implanté dans le français contemporain, et il a fondé une famille : on peut podcaster une émission de radio, si on la transforme en fichier indépendant. Et d’ailleurs toutes les émissions ne s’y prêtent pas : certaines sont podcastables, d’autres non. Et ces dernières sont bien souvent disponibles à la réécoute, ce qui est légèrement différent : on peut les réécouter, mais pas les isoler pour les stocker ou les vendre : il faut chaque fois se reconnecter à la station qui les propose.

Il y avait bien un proche ancêtre du podcast : la baladodiffusion ! Mot valise, parfaitement formé et tout à fait français, mais bien trop long et savant pour que son succès soit assuré. Par ailleurs, la baladodiffusion date des baladeurs, petits appareils que l’anglais appelle walkman, et qui impliquait le plus souvent une écoute ambulante : à pied, en voiture, en vélo. Alors que le podcast, s’il ne répugne pas à la balade, s’écoute également bien calé dans son fauteuil, devant la cheminée.

 Écouter aussi la chronique En bons termes : Podcast, un anglicisme bien implanté

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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