#Francês da atualidade

Persona grata

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité (transcription manquante).

Persona grata ! Voici un excellent titre pour une exposition, ou même une double exposition. C’est en effet ce que proposent deux musées français, le musée de l’Immigration de la Porte Dorée, et le Mac Val, musée d’art contemporain du Val de Marne à Vitry-sur-Seine. Une série d’œuvres qui illustrent cette idée d’hospitalité, en rapport bien sûr avec la problématique des migrants qu’on accueille – ou parfois qu’on n’accueille pas assez bien. De quoi sensibiliser les publics en tout cas, même si on se doute que ceux qui visiteront ces expositions sont déjà acquis à cette cause.

Pourquoi un bon titre ? Parce que cette locution latine est employée dans un sens particulier dans le langage de la diplomatie. Celui ou celle qui est persona grata est une personne bien accueillie. Et cela s’emploie à propos des diplomates étrangers qui ont l’aval d’un pays pour y être reçus dans leurs fonctions. Ils vivent, en France par exemple, où ils représentent leur pays : les ambassadeurs et le personnel de l’ambassade, autorisés à résider dans ce pays et à travailler dans une enceinte, qui, par une fiction diplomatique, est comme une extension de leur propre patrie : dans l’ambassade de Suède, on n’est pas en France, mais en Suède, soumis à la loi suédoise ! Et si des difficultés adviennent entre les deux pays, certains peuvent être déclarés persona non grata. C’est-à-dire qu’on les invite à cesser leurs fonctions officielles et à rentrer chez eux. La formule n’est pas si ancienne : on ne la trouve que depuis la fin du 19e siècle. Mais il n’est pas tout à fait étonnant de la trouver en latin : langue savante, employée de manière savante et codée.

Et de façon plus ou moins plaisante, on trouve la locution dans d’autres circonstances bien moins officielles. Chez telle ou telle personne, on est persona non grata quand on ne sent pas le droit d’y aller, suite à une brouille, à un incident malheureux. Et au contraire, si on y est bienvenu, on est persona grata.

Persona, on s’en doute, signifie personne ; et grata, féminin de gratus, signifie d’abord agréable, charmant, donc bienvenu. Un radical qu’on va retrouver dans des mots nombreux en français. Gré d’abord, jamais pratiquement employé tout seul. Mais on parmi de bon gré ou de mauvais gré, pour renvoyer à une volonté bonne ou pas. Il m’a suivi de bon gré, de son plein gré, c’est-à-dire sans y être forcé. On le retrouve dans l’adverbe malgré, qui évoque la concession, l’acceptation du bout des lèvres, plus ou moins associé à une personne : il est venu malgré sa fatigue. Mais on dit aussi bien il est venu malgré la pluie. Et la racine se reconnaît dans d’autres mots : gratitude, c’est-à-dire reconnaissance. Gratifiant, qui fait du bien au moral, qui est valorisant, procure une satisfaction psychologique. Et même gratifier qui évoque un geste généreux, que ce soit un sourire ou une compensation financière : il m’a gratifié d’un sourire et d’un petit billet.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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