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Oeil du cyclone

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La ville de Mambij dans l’œil du cyclone. C’est bien ce que nous apprennent les informations de Rfi. Et que peut-on en penser ? Que cette ville est au cœur de la tourmente. Apparemment les forces syriennes la contrôleraient, mais le conditionnel reste de mise. On n’est pas absolument certain de la véracité de cette nouvelle qui émane d’abord de sources russes. Et puis les choses peuvent changer très vite. Les journalistes restent donc prudents. Ce qui semble indubitable c’est que cette ville est un enjeu important pour les forces en présence, une position clé.

On peut malgré tout se demander si l’expression dans l’œil du cyclone a été bien employée. A priori, elle n’est pas comprise ici dans son sens d’origine, qui est bien particulier. On sait bien ce qu’est un cyclone : cela se rapproche de la tempête, du typhon, de l’ouragan. Mais l’origine du mot cyclone nous renseigne sur la forme que prennent ces très grosses turbulences : elles tournent en rond, ou au moins en spirale ; ce sont des vents très forts qui se déplacent en tourbillonnant. Cyclone est de la même famille que cycle. Les mots viennent du grec, mais sont apparentés au cercle, qui lui vient du latin. Et ces cercles tempétueux ont toujours un centre, même si celui se déplace. C’est bien ce centre qu’on appelle l’œil du cyclone, et qui par définition n’est pas sur la trajectoire des vents qui sont comme sa circonférence. Donc l’œil du cyclone est l’endroit paradoxalement parfaitement calme, autour duquel tout s’agite. Comme si le cœur de la tourmente était le lieu où la tourmente ne s’exerçait pas.

Et parfois on a pu rencontrer cette expression utilisée dans ce sens. Notamment au figuré : on peut très bien lors d’une crise très agitée, dans un gouvernement ou même une entreprise, se retrouver dans une position où étrangement, on n’est pas atteint par ces remous : on voit les balles passer, on observe les coups qui s’échangent, mais tout cela tourne autour de vous sans vous atteindre.

Dans la réalité des ouragans, ou même des guerres, les choses sont le plus souvent bien différentes : comme on l’a dit, les cyclones se déplacent. Et ce qui était l’œil du cyclone à un moment donné peut très bien être très exposé peu après.

Alors on comprend bien que l’image plaise : elle est pittoresque : pensez donc : l’œil d’un cyclone. Qui fait presque penser évidemment à l’œil d’un cyclope, l’œil unique de ce monstre, celui justement qu’Ulysse a tué dans l’Odyssée : les deux expressions sont très voisines ! Et on peut très bien comprendre que souvent le sens de cette locution change et se transforme en son contraire : comme si être dans l’œil du cyclone c’était être au beau milieu de la violence. Et la formule est si séduisante, qu’on l’entend parfois transformée d’une autre façon encore : être sous l’œil du cyclone. C’est-à-dire être dans le collimateur, sous le regard des juges.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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