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Normandie

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La réunion au format Nomandie qui s’est déroulée pour tenter d’améliorer les relations de l’Ukraine et de la Russe a été largement commentée ces derniers jours. Et bien sûr on s’est posé des questions sur cette étonnante appellation « format Normandie », et on en a souvent rappelé le sens. Quant à son origine, on la connaît bien. Elle date de 2014. Le 6 juin, c’est la date anniversaire du débarquement des Alliés en France : ce jour-là commence un nouvel épisode de la Deuxième Guerre mondiale : les armées alliées commençaient à repousser les Allemands des pays qu’ils occupaient, à commencer par la France. Et ce débarquement a eu lieu en Normandie, sur la côte normande. C’est donc là que se déroulent les célébrations. En 2014, de nombreux chefs d’État sont présents à cette occasion, et quatre d’entre eux se réunissent pour essayer de négocier un cessez-le-feu dans la guerre du Donbass, à l’est de l’Ukraine, qui opposait l’armée ukrainienne aux séparatistes, soutenus par la Russie ! Donc, les quatre dirigeants, ukrainien, russe, allemand et français se retrouvent, pour tenter de faire avancer les choses. Et c’est une journaliste américaine, Rahma Sophia Rachdi, qui invente cette expression pour qualifier ce dispositif ! La formule s’est ancrée dans le vocabulaire journalistique et politique, mais ne s’applique qu’à ce type de réunion et reste pour l’instant liée au conflit ukrainien.
C’est une nouvelle aventure pour un mot ancien, lié à l’ouest de la France, et qui aujourd’hui fait allusion à des conflits situés à l’extrême est de l’Europe !

Mais de toute façon dès le début de son histoire, ce mot de Normandie jonglait avec la géographie ! Et cette histoire est longue : plus de onze cents ans ! Mais pourquoi ce nom de Normandie ? À la fin du 9e siècle et au début du 10e, des bandes viennent piller, ravager, ou parfois même s’installer sur les côtes de la Manche qui font partie du royaume carolingien. Et ces razzias sont le fait de marins qui viennent du Danemark ou de Suède, ceux qu’on appelle les Vikings. Petit à petit, ils s’installent, prennent pied, étendent leur influence et se fixent. Si bien qu’en 911, un accord est passé entre un chef Viking, Rollon et le roi Charles le Simple.
Est-ce que les Vikings deviennent français ? Ce serait aller trop vite que de dire ça : les Français n’existent pas encore. En revanche ces populations reconnaissent la souveraineté du roi carolingien, même si on les appelle d’après leurs origines : ce sont les hommes du nord, nord man en norrois, langue germanique, très importante à l’époque dans la région, ce qui transcrit en latin, donne Normanii. 
Le mot Normand, et donc Normandie, sont bien d’origine nordique, mais le français les a repris du latin.

Normand existe encore évidemment, mais les échos du nom ont bien perdu les échos belliqueux qu’ils pouvaient avoir à l’époque où on pouvait craindre les déferlements des Vikings.

De marins aventureux, ils deviennent, dans l’inconscient linguistique, des paysans attachés à leur terre et le supposé caractère normand change d’image : on l’associe souvent à l’astuce, à la ruse. Mais bien entendu, ce sont toujours les autres, les non-Normands qui accréditent ces réputations – celles de ne pas répondre trop vite, de laisser venir l’interlocuteur, et de faire semblant de ne pas se décider : une réponse de Normand, c’est celle qui ne dit ni oui ni non.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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