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Mausolée

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le corps de Franco va donc être exhumé : ainsi en ont décidé les juges du Tribunal suprême. Les restes de l’ancien dictateur espagnol vont être, quarante-quatre ans après sa mort, retirés de la basilique de Valle de los Caidos, non loin de Madrid, et celui qu’on appelait le Caudillo sera probablement inhumé dans le caveau de famille. On va donc le sortir de son Mausolée, mais qu’est-ce qui se cache derrière ce terme savant et qui en impose ? Un mot d’abord d’orthographe : le mausolée fait partie de ces rares mots français qui sont masculins, mais ont une terminaison typiquement féminine : un « é » puis un « e » muet ! Et bien sûr le mot fait penser à musée. Les deux mots ont une origine grecque, même si un mot latin de même famille a fait la transition. Et tous deux désignent un lieu : dans le musée s’exposent des œuvres d’art ou des objets qu’on montre. À l’origine, il s’agissait d’une grotte où l’on honorait les muses, ces divinités qui inspiraient et protégeaient les activités artistiques. Le mausolée, c’est toute autre chose : il s’agit d’un tombeau… mais d’un tombeau si grand que c’est un monument. En fait c’est plutôt une construction qui renferme un tombeau, comme si le tombeau lui-même était trop petit pour manifester toute la gloire du mort. Alors cette boîte architecturale, qui en contient une plus petite, sort de l’ordinaire. D’abord elle échappe à la règle : si on passe sa mort dans un mausolée, c’est qu’on n’est pas enterré au cimetière : on n’est pas soumis à la rangée, à l’alignement. On essaie aussi d’échapper à cette égalité que la mort a priori impose à tous : qu’on ait vécu puissant, riche, pauvre ou misérable, la mort en général égalise tout ça. Le mausolée veut donc à la fois être une aide au souvenir, et un honneur suprême qui suscite le respect et la vénération de ceux qui sont encore vivants.

Le mausolée en général est-il commandé par celui qui l’utilisera plus tard ? Pas forcément, et pas à l’origine. En effet, ce mot de mausolée dérive de Mausole, nom d’un puissant seigneur. Satrape de Carie, c’est-à-dire gouverneur de cette province, il se révolte contre le roi des Perses Artaxexès, et prend plus ou moins son indépendance. Il épouse sa propre sœur, Artémise. Et on dit que c’est elle, à la mort de Mausole, qui fait édifier ce tombeau si monumental, si fastueux, si beau qu’il était classé dans l’Antiquité, parmi les sept merveilles du monde. Les architectes et les sculpteurs les plus renommés y travaillent, et on dit même qu’il était si célèbre et si admiré, que des artistes venaient y ajouter leurs œuvres pour le seul prestige que cela leur apportait. Artémise dit-on y organise ensuite un concours de poésie lui aussi destiné à faire l’éloge de son frère. Et Théopompe le remporte. Ce mausolée d’Halicarnasse hélas n’existe plus aujourd’hui, mais la tradition d’en construire se perpétue parfois, surtout pour assurer le respect et même parfois le culte d’un souverain disparu.  

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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