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Journal en français facile 24/10/2018 20h00 GMT

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RFI
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Clément Fraioli : Vous écoutez RFI, il est 22h à Paris, 20h en temps universel. Soyez les bienvenus dans cette nouvelle édition du Journal en français facile.

A la Une ce soir, situation tendue aux États-Unis après la découverte de plusieurs colis suspects. Le siège de la chaîne CNN a, par exemple, dû être évacué. Un peu plus tôt, des engins suspects destinés à Hillary Clinton et Barack Obama ont été interceptés. Précisions dès le début de ce journal.

Il s'exprimait pour la première fois depuis la mort du journaliste Jamal Khashoggi. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman a pris la parole lors d'une conférence à Riyad. Il parle d'un « incident hideux » et assure que les responsables devront rendre des comptes.

Dans l'actualité également, Mario Sandoval sera renvoyé en Argentine. Mario Sandoval, ancien fonctionnaire argentin, est soupçonné d'avoir participé à l'enlèvement et la disparition de centaines de personnes pendant la dictature en Argentine. Il est exilé en France depuis des années, mais son extradition a été autorisée par le gouvernement français.

Matinée extrêmement confuse aux États-Unis après la découverte de plusieurs engins suspects. On a d'abord appris qu'un engin explosif avait été intercepté hier soir dans un colis adressé à la résidence de Bill et Hillary Clinton, dans la banlieue de New York. Puis un autre, ce matin, destiné au président Barack Obama, à Washington. Et alors que la chaîne d'information CNN était évidemment en train de couvrir l'évènement, le bâtiment qui l'abrite a été évacué, là encore à cause d'un colis suspect. Une situation très inquiétante, donc, qui a commencé en début de semaine, Grégoire Pourtier.

La succession de colis suspects a démarré dès lundi, au domicile du milliardaire George Soros, grand donateur du parti démocrate. Puis, entre hier soir et ce matin, cela a continué chez les anciens présidents Bill Clinton et Barack Obama, et des enquêtes sont aussi menées sur des colis suspects adressés à l'ex-présidente du parti démocrate, à l'ex-ministre de la Justice d'Obama ou encore au bureau du gouverneur de New York et d'une parlementaire très médiatique. Point commun de ces cibles : ce sont évidemment tous des démocrates, parmi les bêtes noires de Donald Trump. Enfin, un autre colis a été trouvé, cette fois à la rédaction de CNN. L'étiquette mentionne le nom de John Brennan, ancien directeur de la CIA, très critique envers le président actuel. Selon les enquêteurs, certains de ces colis, au moins ceux envoyés chez les Clinton et chez les Obama, pourraient avoir la même origine. Il a aussi été indiqué que de la poudre blanche, en train d'être analysée, avait été découverte dans certains paquets. Mais il n'y a évidemment pas encore eu d'arrestation, et pour le moment, les commentaires dénoncent l'atmosphère de haine qui prévaut actuellement dans le pays, que ce soit entre les adversaires politiques ou encore contre les médias, que le président Trump qualifie d'« ennemis de l'Amérique », CNN en particulier. Grégoire Pourtier, New York, RFI.

CF : Suite à ces évènements, le président Donald Trump s'est exprimé. Il a assuré que la sécurité des citoyens américains était son « absolue » et « plus grande priorité ». « Les actes et les menaces de violence politique de quelque nature que ce soit n'ont pas leur place aux États-Unis », a ajouté le président américain.

Sa prise de parole était très attendue. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman s'est exprimé ce mercredi pour la première fois depuis la mort de Jamal Khashoggi. Ce journaliste critique du pouvoir de Riyad est mort le 2 octobre dernier dans le consulat saoudien d'Istanbul. Lors de la conférence internationale sur l'investissement de Riyad Mohammed ben Salman a évoqué un « incident hideux », et assuré que son pays coopérait, travaillait, avec les autorités turques afin que la justice soit rendue.

« Premièrement, je voudrais dire que ce qui est arrivé est un évènement très douloureux pour tous les Saoudiens. Je pense que c’est évènement douloureux pour tout être humain. C’est un acte abject et injustifié. Aujourd’hui, le royaume saoudien prend toutes les mesures judiciaires nécessaires afin d’enquêter et de poursuivre les enquêtes en cours et travailler avec le gouvernement turc pour découvrir la vérité. Les responsables seront traduits en justice et seront sanctionnés. Punir les coupables est le devoir de n’importe quel État où se produit un acte aussi douloureux. »

CF : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman.

L'Arabie Saoudite, qui, vous le savez est engagée dans la guerre au Yémen. Un pays actuellement ravagé par la famine et qui fait face à une grave crise humanitaire. À la tête d'une coalition, d'une alliance internationale, le royaume saoudien mène des attaques contre les rebelles houthis dans le pays. Riyad impose aussi, un triple embargo, un blocage terrestre, aérien et maritime. Résultat, c'est tout un peuple qui subit le blocus et les bombardements. Face à cette situation très préoccupante, très inquiétante, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, Mark Lowcock, réclame un cessez-le-feu, l'arrêt temporaire des combats :

« Aujourd’hui, il y a clairement un risque important : le Yémen est en danger, le pays risque d’être ravagé par la famine, c’est imminent. Je parle d’une famine sans précédent, pire que ce que nous avons pu connaitre jusqu’à présent. Nous avons mené des enquêtes, et, en analysant nos données, nous pouvons dire que le nombre total de personnes en état de malnutrition au Yémen pourrait atteindre les 14 millions. C’est-à-dire la moitié de la population du Yémen qui dépend entièrement de l’aide internationale pour survivre. Et au-delà de ces chiffres, il faut savoir que ces millions de personnes qui dépendent de l’aide alimentaire d'urgence depuis des années, reçoivent à peine de quoi pour survivre. »

CF : Mark Lowcock, secrétaire général adjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires, interrogé par Sami Boukhelifa.

Un député sud-coréen accuse la Corée du Nord de ne pas respecter les sanctions internationales. En cause, des importations de produits de luxe. Elles représenteraient 640 millions de dollars l'année dernière et 4 milliards de dollars depuis 2012, et l'arrivée au pouvoir de Kim Jong-un. Une violation des sanctions internationales donc, dont l'opposition sud-coréenne profite pour critiquer la politique nord-coréenne du président Moon Jae-In. Les précisions à Séoul de Frédéric Ojardias.

Les sanctions n'affectent guère le train de vie des apparatchiks de Pyongyang, accuse le député conservateur sud-coréen Yoon Sang-hyun. Selon ses calculs, le Nord a importé, principalement de Chine, 4 milliards de dollars de télévisions, voitures de luxe, parfums, alcools, montres et fourrures depuis 2012. Kim Jong-un utiliserait ces cadeaux pour s'assurer de la loyauté de ses élites. « Si la Corée du Nord avait utilisé l'argent dépensé l'année dernière dans le luxe pour acheter du riz, elle aurait pu combler deux fois son déficit alimentaire », renchérit Yoon Sang-hyun. Il accuse aussi Pékin de ne pas respecter les sanctions onusiennes. Ces accusations ne sont pas vraiment un scoop, mais l'opposition sud-coréenne en profite pour attaquer la politique du président Moon Jae-in. Moon souhaite en effet reprendre les échanges avec le Nord, envoyer de l'aide humanitaire et alléger les sanctions. Les conservateurs exigent d'abord une véritable dénucléarisation du Nord et ils voient d'un œil très inquiet le désaccord grandissant entre Séoul et Washington sur cette question d'une éventuelle levée des sanctions. Frédéric Ojardias, Séoul, RFI.

CF : Il est soupçonné d'avoir participé à l'enlèvement et la disparition de centaines de personnes pendant la dictature en Argentine. Mario Sandoval, ancien fonctionnaire argentin, exilé en France depuis des années, va finalement pouvoir être entendu par la justice argentine. Après un long bras de fer judiciaire, le gouvernement français a fini par signer le décret qui autorise son extradition, son expulsion vers l'Argentine. Le portrait de Mario Sandoval est signé Carlotta Morteo.

Au moment des faits, Mario Alfredo Sandoval, a 22 ans. Surnommé « Churrasco », « le beau garçon », il est alors sous-inspecteur de police au sein de ladite « Commission des sujets politiques ». Son chef n'est autre que le responsable d'un désormais célèbre centre de torture, l'ESMA, où disparaîtront près de 5 000 personnes pendant la dictature, dont un étudiant en architecture, Hernan Abriata. Nous sommes le 30 octobre 1976, on sonne à sa porte, sa mère ouvre, un officier se présente sous le nom de Sandoval, il emmène son fils. Elle ne le reverra jamais. C'est le seul dossier dans lequel apparait noir sur blanc son nom. Mais la justice argentine le soupçonne d'avoir participé à plus de 500 faits de meurtres, tortures et séquestrations. Pendant la dictature, il monte en grade, voyage, noue des relations politiques. En 1983, la junte militaire tombe. Mario Sandoval s'exile à Paris, et se construit une nouvelle vie : professeur en sciences politiques, il sera naturalisé français en 1997. Et participera même, sous Nicolas Sarkozy, aux négociations pour libérer Ingrid Betancourt en Colombie. Aujourd'hui, son obscur passé en Argentine le rattrape. La mère du jeune étudiant a 92 ans. Elle espère enfin l'entendre à la barre répondre des crimes contre l'Humanité qui lui sont reprochés.

CF : Carlotta Morteo. C'est la fin de ce journal en Français en facile, merci de votre fidélité à la radio du monde.

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