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Journal en français facile 23/10/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

François Bernard : Merci d'écouter Radio France Internationale en direct de Paris où il est 22 heures. Bonsoir à tous, merci de nous rejoindre pour votre Journal en français facile. C'est Sylvie Berruet qui va le présenter avec moi, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir François, bonsoir à toutes et à tous.

FB : Dans l'actualité de ce vendredi 23 octobre. En Europe, le nombre de cas de Covid dépasse les 8 millions et plus de 258 000 personnes en sont mortes.

SB : Le Soudan et Israël s'entendent pour normaliser leurs relations.

FB : D'anciens interprètes de l'armée française manifestent devant l'ambassade de France à Kaboul pour demander des visas.

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FB : La France a passé la barre du million de cas de Covid-19 depuis le début de l'épidémie, et la situation continue de se dégrader avec plus de 40 000 nouveaux cas enregistrés en 24 heures.

SB : Le bilan des morts s'est également alourdi, avec 298 nouveaux décès enregistrés en 24 heures. Le bilan global est d'au moins 34 500 morts depuis le début de l'épidémie.

FB : Avant la France, l'Espagne était devenue mercredi le premier pays d'Europe occidentale à dépasser le million d'infections au Covid-19.

SB : En Grande-Bretagne, Manchester est finalement passée de force en zone d’alerte maximale.

FB : Son maire Andy Burnham, opposé au pouvoir central a perdu son combat et sa région doit se mettre au niveau d'alerte le plus élevé.

SB : Mais ces restrictions très sévères suscitent de nombreuses critiques et un sentiment d'injustice de la part des commerçants et des habitants qui dénoncent une différence de traitement entre le Nord et le Sud.

FB : Reportage à Liverpool de Muriel Delcroix.

Des rues désertes et des magasins qui ne lèvent plus leur rideau de fer : les habitants de Liverpool ne reconnaissent pas leur ville. « Je suis tellement désolée pour tous ces commerçants qui font tout ce qu’ils peuvent mais qui n’ont plus de clients, c’est triste. Je n’ai jamais vu la ville si tranquille, c’est vraiment inquiétant… » La gestion très localisée choisie par le gouvernement de Boris Johnson pour endiguer la résurgence du virus génère de fortes tensions entre Londres et les collectivités locales surtout dans le Nord du pays où une grande proportion de la population est défavorisée. « Pour moi beaucoup de ces restrictions n’ont aucun sens, il y a beaucoup d’incohérence, des messages contradictoires. Le gouvernement communique très mal et aurait pu mieux gérer la situation… » Est-ce que les régions du Nord se sentent laissées pour compte ? « On est habitués à être moins bien traités ! Londres est le centre de l’univers, pour beaucoup il n’y a pas de vie intelligente en dehors de Londres ! Et puis cette ville ne votera jamais conservateur et ils le savent, donc Liverpool ils s’en fichent. » Avec des hôpitaux qui traitent désormais plus de patients infectés que lors de la première vague, Liverpool reconnaît qu’il fallait agir mais aurait préféré un vrai confinement national de 2-3 semaines et soupçonne le gouvernement d’avoir imposé des restrictions locales avec des compensations financières moins coûteuses. Muriel Delcroix, de retour de Liverpool, RFI.

FB : La situation est préoccupante dans la plupart des pays européens. En Belgique, les experts réclamaient l' « électrochoc » d'un reconfinement face une situation sanitaire qui se dégrade rapidement, mais le gouvernement a limité les nouvelles restrictions anti-Covid aux sports et loisirs, laissant les commerces et les écoles ouvertes.

SB : Le Danemark va étendre dès lundi le port du masque puis renforcer ses mesures de restriction de rassemblements pour tenter d'endiguer la forte hausse des infections.

FB : Les États-Unis retirent le Soudan de la liste des États soutenant le terrorisme et Khartoum accepte de normaliser ses relations avec Israël après des années de liens plus discrets.

SB : Le Premier ministre israélien proclame que cette décision est une nouvelle victoire pour la diplomatie de son pays. Michel Paul.

C’est quelques minutes tout juste avant le début du Shabbat que le Premier ministre israélien a annoncé ce qui est considéré ici comme un événement charnière au Proche-Orient. Un véritable changement de direction. À Khartoum en 1967, a rappelé Binyamin Netanyahu a été publiée la fameuse déclaration des trois nons de la ligue arabe. Non à la paix avec Israël. Non à la reconnaissance de l’État hébreu et pas de négociations avec Israël. Aujourd’hui souligne Netanyahu le Soudan dit exactement le contraire. Oui à ces trois options. C’est une nouvelle ère. Une ère de paix véritable. La paix qui s’étend à de nouveaux pays arabes. Trois d’entre eux ces dernières semaines. Nous agrandissons le cercle de la paix. Quelle émotion. Pourvu que cela continue. À Jérusalem on indique que très prochainement des délégations israéliennes et soudanaises vont se rencontrer pour envisager une coopération dans des domaines divers. Dès à présent affirme-t-on aussi le ciel soudanais est ouvert aux vols commerciaux israéliens ce qui va raccourcir de manière considérable les trajets notamment pour l’Afrique et l'Amérique du Sud. De source diplomatique on indique également que la question des réfugiés soudanais en Israël est incluse dans l’accord de normalisation avec Khartoum.

FB : En Afghanistan, entre 30 et 40 anciens interprètes de l’armée française ont manifesté ce vendredi à proximité de l’Ambassade de France à Kaboul.

SB : Ces anciens interprètes de l’armée française demandent la révision de leurs cas, après que la justice française a rejeté à plusieurs reprises leurs demandes de visas pour s’installer en France.

FB : Wahedullah est le représentant de ces anciens interprètes.

SB : Il craint pour sa sécurité et celle de ses confrères et estime que leur passé les désigne particulièrement comme cible des Talibans. Écoutons-le, joint à Kaboul par Yelena Tomic.

Nous nous sommes rassemblés devant l’Ambassade de France pour demander justice. Nos demandes de visas ont été rejetées à au moins deux reprises. Nous voulons obtenir les mêmes droits que les autres interprètes qui vivent aujourd’hui en France. Nous sommes environ 27 interprètes et plus de 50 anciens auxiliaires de l’armée, soit environ 100 personnes dont les demandes ont été déboutées. Comme vous le savez, en ce moment même les Talibans sont aux portes de Kaboul, ils sont tout autour, ont installés des checks-points, ils contrôlent et interrogent les gens, ils cherchent à recruter. Et cela nous inquiète beaucoup. Nous avons peur qu’ils nous repèrent comme anciens interprètes de l’armée française et s’ils nous retrouvent, que va-t-il nous arriver ? Le gouvernement et les autorités françaises nous ont oubliés. Ils devraient aussi penser à nous, car nous avons collaboré avec l’armée française et même si j’ai mis ma vie en danger, ma demande de visa a été rejetée. 

FB : Au procès des attentats de janvier 2015, la cour d'assises spéciale de Paris s'est intéressée ce matin à l'organisateur de l'attaque de l'Hyper Cacher. Il s'appelle Abdelnasser Benyoucef un cadre de l'organisation État islamique, mort en Syrie.

SB : Depuis la prison où elle détenue depuis son retour en France, en janvier dernier, sa veuve, Sonia Méjri, 31 ans, a été entendue par la Cour. Elle a notamment raconté avoir vu Hayat Boumeddiene, la femme d'Amedy Coulibaly, jugée par défaut par la cour d'assises.

FB : Marine de La Moissonnière assiste au procès pour RFI.

D'une voix calme, Sonia Méjri raconte comment son premier mari, Abdelnasser Benyoucef, émir des opérations extérieures de l'organisation État islamique. Il lui avoue un jour, sous le coup de l'énervement qu'il a organisé l'attentat de l'Hyper Cacher pour lequel il a recruté Amedy Coulibaly. Il ne lui en dira pas plus à elle dont le rôle est juste « de faire le ménage et à manger ». Elle qui n'a pas le droit de poser de questions. C'est Hayat Boumedienne, la veuve du terroriste, que Sonia Mejri a croisée plusieurs fois en Syrie qui lui fournira d'autres informations. « Elle disait souvent que son mari et les Kouachi avaient voulu faire les attentats ensemble pour créer une cohésion entre Daech et Al Quaïda » explique Sonia Mejri qui décrit une jeune femme totalement acquise à la cause de l'EI. « Pour elle, c'était Dieu qui faisait le ménage, qui éliminait les hypocrites ». Jusque dans les camps, Hayat Boumédienne continue de soutenir l'organisation djihadiste. Sonia Mejri, elle, a vite cessé de croire. Son premier mari lui faisait subir des viols et des choses interdites par l'islam, comme la sodomie explique-t-elle, la tête baissée. À la fin de son audition, la mère de famille demande si elle peut passer un message. Elle s'adresse alors à la rédaction de Charlie Hebdo. « Ne lâchez pas », dit-elle, « Vous représentez la liberté et c'est ce qu'ils détestent le plus, alors ne lâchez pas ! »

FB : C'est la fin de ce Journal en français facile. Merci à vous de l'avoir écouté et merci à Sylvie Berruet de vous l'avoir présenté avec moi.

SB : Vous pouvez retrouver l'audio de ce journal sur notre site internet ainsi que son texte dans la partie RFI Savoirs.

FB : Bonsoir à tous et à demain.

SB : Bonsoir à demain.

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