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Journal en français facile 22/12/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Romain Auzouy : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 20h en TU. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile. Présenté ce soir en compagnie de Sylvie Berruet, bonsoir Sylvie.

Sylvie Berruet : Bonsoir Romain, bonsoir à tous.

RA : À la Une de l'actualité ce soir : En Afghanistan, Ashraf Ghani annoncé vainqueur de l'élection présidentielle. Il s'agit de résultats préliminaires qui ont aussitôt été contestés par son rival Abdullah Abdullah.

SB : En Inde, Narendra Modi s'en prend à l'opposition. Elle est accusée par le Premier ministre de mensonges. Alors que les manifestations se multiplient pour dénoncer la loi sur la citoyenneté.

RA : Et puis, à la fin de ce Journal en français facile, comme chaque dimanche, l'expression de la semaine selon Yvan Amar. Soyez les bienvenus.

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SB : En Afghanistan, les résultats préliminaires de l'élection présidentielle ont donc été rendus publics ce matin.

RA : Et le vainqueur annoncé est l'actuel président, Ashraf Ghani qui remporterait donc un nouveau mandat. On parle au conditionnel, car il s'agit effectivement de résultats préliminaires qui doivent encore être validés. Ces résultats interviennent trois mois après l'élection présidentielle en Afghanistan, qui s'était déroulée dans un contexte trouble avec de nombreuses attaques menées par les talibans. Selon ces résultats donc Ashraf Ghani remporte 50,64 % des voix, contre 39,52 % pour son adversaire Abdullah Abdullah, le chef de l'exécutif. La correspondance régionale de Sonia Ghezali.

Si les résultats sont validés, il n’y aura pas de second tour. Avec 50,64 % des voix, Ashraf Ghani enchainera sur un nouveau mandat présidentiel. Pour cela, il faut que la commission des plaintes de la CEI, la Commission électorale indépendante, écarte toutes les accusations de fraudes émises par les différents candidats. Et il y en a beaucoup. Abdullah Abdullah, le chef de l'exécutif, et Gulbuddin Hekmatyar par exemple, surnommé le boucher de Kaboul en référence aux actions de ses combattants durant la guerre civile, ont prévenu dès hier qu'ils ne reconnaîtraient pas les résultats du scrutin. L'équipe de campagne du chef de l'exécutif a d’ailleurs indiqué qu'elle allait soumettre près de 7 000 plaintes liées à des fraudes en faveur du chef de l'État afghan, dit-elle. Abdullah Abdullah avait dû céder en 2014 à un accord avec Ashraf Ghani pour sortir de la crise post-électorale qui avait suivi le scrutin présidentiel en 2014. Les deux candidats revendiquaient la victoire. Abdullah Abdullah avait accepté le poste de chef de l’exécutif, une fonction créée de toutes pièces, mais sans aucun pouvoir décisionnaire. Ce gouvernement à deux têtes, créé sur la base de frustrations et de désaccords profonds, à l’issue d’un scrutin entaché de fraudes massives, est constamment en prise à des crises internes. Le scrutin du 28 septembre dernier a connu le plus bas taux de participation de l’histoire démocratique de l’Afghanistan avec 1,8 million de votants sur 9,6 millions d'électeurs enregistrés dans les 34 provinces du pays. Sonia Ghezali, Islamabad, RFI.

RA : Dès l'annonce des résultats préliminaires, le bureau d'Abdullah Abdullah a annoncé dans un communiqué qu'il s'opposerait à la réélection de son rival. Tandis que ce rival, Ashraf Ghani a prononcé un discours triomphant, les bras levés, « aujourd'hui, nous célébrons la victoire de la nation » a-t-il déclaré.

SB : Nous partons maintenant en Inde, où le Premier ministre Narendra Modi s'est exprimé ce dimanche, alors que son pays vit au rythme des manifestations.

RA : Manifestations pour protester contre la loi sur la citoyenneté qui est jugée discriminatoire par les protestataires pour la raison suivante : le texte facilite l'obtention de la citoyenneté indienne par les réfugiés d'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, à l'exception des musulmans. L'opposition dénonce la répression de la police, 24 personnes ont été tuées lors des manifestations. L'opposition à qui Narendra Modi s'est adressé aujourd'hui : il l'accuse de répandre des mensonges. Reportage à New Delhi d'Antoine Guinard.

« Nous ne dépouillons aucun citoyen ! », a lancé Narendra Modi devant la marre humaine de sympathisants venus assister au rassemblement en milieu de journée. Le Premier ministre indien a assuré que les deux nouvelles lois sur la citoyenneté ne visaient pas la communauté musulmane. Pour Gautam Chauhan, présent au rassemblement, fervent soutien à Narendra Modi, se fait l’écho des propos du Premier ministre : « La jeunesse musulmane a été manipulée par l’opposition. Aujourd’hui, Modi a expliqué que ces nouvelles lois visaient à donner la nationalité et certainement pas à la retirer ! » Vijender Chaudhury, un opticien, est venu assister au rassemblement, écharpe aux couleurs du BJP, le parti de Narendra Modi autour du cou. Il rappelle que le registre national de citoyen, autre loi contestée sur la citoyenneté que le gouvernement a mise en place dans l’Assam et veut instaurer sur tout le territoire, n’est pas d’actualité, et qu’il n’y a donc pas de raison de s’y opposer. « Le gouvernement indien n’est pas prêt à faire quoi que ce soit avec ce registre de citoyen, ça reste un plan pour l’avenir, à l’heure qu’il est. » Narendra Modi et le BJP ne reculent pas devant la vague de manifestations qui secouent l’Inde depuis deux semaines. S’il excelle dans l’art de s’adresser à ses sympathisants, le Premier ministre n’a toujours pas donné de conférence de presse, malgré l’embrasement de la violence depuis l’adoption de cette loi. Antoine Guinard, New Delhi, RFI.

SB : Et puis cette découverte surprenante et inquiétante en Grande-Bretagne.

RA : Une carte de Noël avec à l'intérieur un message de prisonniers qui travailleraient dans une usine en Chine. Des cartes commercialisées par le géant britannique des supermarchés Tesco. Tesco qui a immédiatement annoncé avoir cessé la production de cartes de Noël issues de cette usine. Les précisions à Londres de Laura Elkaïm

Le message a été trouvé par une petite fille de 6 ans. Selon le Sunday Times, la fillette s’apprêtait à écrire ses vœux dans une carte de Noël, acheté par son père au supermarché Tesco. En ouvrant la carte, elle découvre avec stupéfaction qu’il y a déjà un mot qui ressemble à un appel au secours : « Nous sommes des prisonniers étrangers dans la prison Qingpu à Shanghai, peut-elle lire. S'il vous plaît, aidez-nous et contactez Peter Humphrey. » Le papa de la jeune fille, décide de faire des recherches et, de contacter l’homme mentionné. Il s’agit là d’un ancien journaliste qui, en 2014, a passé deux ans dans cette même prison. C’est d’ailleurs Peter Humphrey qui a écrit ce matin l’article dans le Sunday Times. Selon lui, le message proviendrait d’un de ses anciens codétenus, encore en prison et travaillant de force. La chaine de supermarché Tesco est aujourd’hui pointée du doigt. Comment savoir si elle effectue contrôles nécessaires ? Elle a en tout cas réagi, assurant qu’elle suspendait toute production avec l’usine et qu’une enquête était en cours. Laura Elkaim, Londres, RFI.

SB : Et puis, une grande partie de la France a été touchée par la tempête Fabien.

RA : Ce matin, 100 000 foyers étaient privés d'électricité. Ce soir, ils ne sont plus que 30 000 et la situation continue de s'améliorer. Un jeune homme de 19 ans a été grièvement blessé en Dordogne, il y a également trois blessés légers. C'est le sud-ouest et surtout la Corse qui ont été touchés. Des rafales de plus de 200 km/h enregistrés en Haute-Corse. La Haute-Corse qui reste ce soir, avec la Corse-du-Sud, les deux départements français qui sont en vigilance orange.

RA : RFI, 21h08 à Paris, l'heure de retrouver Yvan Amar pour l'expression de la semaine. Et il s'agit de l'expression « sous l'égide ».

Cette fin d’année annonce-t-elle un peu de détente entre la Russie et l’Ukraine ? Est-ce que ce qu’on appelle la guerre du gaz entre les deux pays se calme légèrement ? On peut l’espérer puisqu’un accord a été signé entre les deux compagnies qui s’occupent d’exploiter et d’acheminer du gaz, notamment depuis la Russie vers les pays d’Europe de l’Ouest, et en passant par l’Ukraine. Et l’accord a été signé sous l’égide de la Commission européenne. Sous l’égide de la Commission… Voilà une expression qu’on entend assez souvent, dans un style journalistique : elle fait partie d’un français surveillé, même s’il n’est pas exactement officiel : un français en costume-cravate ! Et pourtant relativement imprécis, qui s’applique à des situations assez différentes, qui peut indiquer des engagements divers. Cela correspond en gros à une sorte de bénédiction laïque ! On signe un accord avec l’aval de l’Union européenne, et même un peu plus : un genre de protection. Laquelle ? Tout dépend des situations, et parfois c’est tout simplement moral. Mais il s’agit bien d’un soutien, même s’il n’est pas matériel ni financier. Et on peut s’en prévaloir, c’est-à-dire s’en réclamer : on peut le dire haut et fort. Comme un parrainage mais sans argent ! Alors pourquoi l’égide ? Qu’est-ce que c’est ? C’est un mot qui nous vient de la mythologie grecque : c’est l’un des attributs de Zeus, le dieu des dieux, et parfois de Pallas Athénée, sa fille, à qui Zeus l’a souvent confiée. Un bouclier, recouvert d’une peau de chèvre, comme c’était souvent l’usage chez les Grecs anciens.

RA : Merci Yvan Amar, merci à vous Sylvie Berruet. C’est la fin de ce Journal en français facile.

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