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Journal en français facile 20/01/2018 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Gilles Moreau : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et tous. Sylvie Berruet et moi même sommes heureux de présenter votre Journal en français facile. Bonsoir Sylvie !

Sylvie Berruet : Bonsoir Gilles, bonsoir à tous !

GM : Dans l'actualité : le déclenchement d'une offensive militaire turque dans la région d'Afrin, en Syrie. Attaque terrestre et aérienne contre une milice kurde.

SB : Les autorités de Kinshasa ont interdit la « marche pacifique » prévue demain à l'appel d'un collectif catholique. Ce collectif appelle le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir.

GM : La disparition d'un grand nom de la cuisine française : Paul Bocuse, décédé à l'âge de 91 ans. Son talent avait très largement dépassé les frontières françaises.

SB : À la fin de ce journal, le mot de la semaine avec Yvan Amar, le mot « Shutdown ».

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SB : « Rameau d'olivier » : c’est le nom donné à l'opération militaire menée dans le nord de la Syrie par la Turquie.

GM : Cette offensive aérienne et terrestre a été lancée dans la région d'Afrin, près de la frontière turque, contre une milice kurde : les « Unités de protection du peuple » considérée comme un groupe terroriste par les autorités turques. Signe de son importance pour la Turquie, l'intervention terrestre a été annoncée par le chef de l'État. Correspondance à Istanbul d'Alexandre Billette :

C'est lors d'un discours dans une ville de province que Recep Tayip Erdoğan l'a annoncé : oui, l'opération terrestre a bien commencé, et après Afrin les forces turques prendront la direction de Manbij, une autre ville syrienne, sous contrôle des forces kurdes. Dimanche dernier il avait affirmé que l'Opération Afrin commencerait « d'ici une semaine », parole tenue, semble ainsi dire le président turc alors que depuis deux jours l'armée turque prépare cette offensive en bombardant à l'artillerie des positions en Syrie depuis sa frontière. Mais plusieurs questions demeurent sur cette opération terrestre, une opération qui n'a pas été officiellement soutenue par la Russie malgré la visite à Moscou du chef d'État-major et du chef des renseignements turcs.Or au moins 300 personnels militaires russes sont toujours déployés dans cette région d'Afrin, une présence qui complique l'intervention de l'armée turque. Difficile donc de savoir si la déclaration d’Erdogan annonce bien le début des opérations terrestres, ou si le président turc veut plutôt tester la réaction de ses alliés, maintenant que l'armée turque est prête à lancer l'offensive.

GM : Une attaque a lieu actuellement contre l'hôtel Intercontinental de Kaboul, en Afghanistan. Un commando de 4 hommes au moins a pris d'assaut cet hôtel, en tirant sur les clients. Des échanges de tir ont éclaté entre assaillants et forces de sécurité. Aucune information n'a filtré (ne nous est parvenue) sur d'éventuelles victimes.

SB : Les États-Unis à l'heure du shutdown, conséquence de l'échec des Républicains au Sénat.

GM : Les Républicains n'ont pas recueilli le nombre de voix nécessaires pour prolonger de 4 semaines le budget fédéral. Ce shutdown pourrait entraîner la mise au chômage de plus de 850.000 fonctionnaires considérés comme « non essentiels » au fonctionnement de l'administration. Mais rien n'est définitif. Les discussions ont repris dans la journée au Congrès. (Nous reviendrons sur le mot shutdown dans quelques minutes avec Yvan Amar.)

SB : Les autorités de Kinshasa ont interdit la « marche pacifique » prévue demain dimanche à l'appel d'un collectif catholique.

GM : Ce collectif appelle le président Joseph Kabila à quitter le pouvoir. De son côté, la police a installé cet après-midi des barrages sur les grandes artères de Kinshasa. À la veille de cette marche, l'organisation Human Rights Watch publie un rapport sur les événements du 31 décembre dernier, lors d'une première marche. L’ONG, qui a recensé au moins 8 morts et des dizaines de blessés, dénonce « un usage excessif de la force » de la part des autorités. À Kinshasa, les précisions de Florence Morice :

Pour Human Rights Watch les forces de sécurité congolaises ont battu je cite « un triste record », le 31 décembre en tirant des gaz lacrymogènes à l’intérieur même de 3 églises parfois en pleine messe. Et en usant de « balles en caoutchouc » et dans certains cas de « balles réelles » à l’extérieur de plusieurs paroisses pour « empêcher des processions pacifiques ». L’ONG qui dit avoir mené des entretiens avec 86 personnes victimes, témoins, religieux et politiques, dénonce également les « intimidations musclées » dont ont été victimes des Congolais qui tentaient de se rendre à l’église, bloqués à des barrages, alors qu’ils n’avaient parfois que bibles et rameaux à la main. En plus des 8 morts qu’elle a recensés, l’ONG dit avoir reçu des « informations crédibles » sur au moins « 20 autres personnes » dont les corps auraient été « emmenés par les forces de sécurité » et resteraient introuvables. L’ONG promet donc de poursuivre son enquête. À la veille de la marche de dimanche, Ida Saywer, directrice pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch demande aux « partenaires internationaux » du Congo d’envisager « de nouvelles sanctions » contre ceux qui « violent la liberté de culte et de réunion pacifique » afin je cite de montrer au président Kabila « que de nouveaux abus ne sauront être tolérés. »

SB : Une étoile de la cuisine française s'est éteinte !

GM : Paul Bocuse est décédé à l'âge de 91 ans dans sa célèbre auberge de Collonges-au-Mont-d'Or, près de Lyon... Établissement qui détient 3 étoiles au Guide Michelin. C’est là que Paul Bocuse, immense cuisinier et ambassadeur de la cuisine française, avait vu le jour en 1926. « Aujourd'hui la gastronomie française perd une figure mythique qui l'aura profondément transformée », a déploré Emmanuel Macron dans un communiqué. C’est l'une des très nombreuses réactions à la mort de Paul Bocuse. Autre réaction, celle d'un autre chef, Jean-Michel Lorain, de « La Côte St Jacques » à Joigny, dans l'Yonne, il aimait le côté malicieux de l’homme :

« Oui on le représente avec son col bleu-blanc-rouge, sa grande toque et toujours le sourire, toujours cet œil d’enfant, je dirais cet œil malicieux caractéristique de l’homme. Qu’est-ce qui caractérisait sa cuisine ? C’est une cuisine de cœur, une cuisine généreuse, qu’on partage entre amis… Quel était votre plat préféré ? Pour la petite histoire, on a fait un dîner pour nos clients il y a une dizaine de jours et on a reconstitué des plats servis à l’Élysée pour de grandes occasions. On a refait cette fameuse « soupe VGE », cette soupe de truffes qu’ il avait imaginé lorsqu’on lui avait remis la Légion d’honneur et que Valéry Giscard d’Estaing l’avait reçu à l’Élysée, et pour moi c’est vraiment le plat de référence… Est-ce que Paul Bocuse était une référence à l’étranger ? C’est une référence mondiale, c’est le premier qui a voyagé et qui a exporté la cuisine française. Il est connu dans le monde entier, de Tokyo jusqu’à New York en passant par Miami, c’est le chef, je pense, le plus connu au monde. »

GM : Le chef Jean-Michel Lorain interrogé par Laurence Théault. Il est temps de retrouver Yvan Amar pour le mot de la semaine. Aujourd'hui ce n'est pas un mot français :

Le mot de la semaine est anglais, ou plutôt américain : shutdown ! Les sénateurs américains ne sont pas parvenus à un compromis, et la loi de financement n’a pas été votée. En conséquence, une bonne partie de l’administration est paralysée. De nombreux fonctionnaires sont au chômage technique, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent travailler, et pour le moment du moins, ils ne sont pas payés. Le shutdown, c’est-à-dire la fermeture en français. Mais comme cette situation est bien particulière à la vie politique américaine, on garde le mot anglais pour l’exprimer. Ce qui peut se comprendre : on n’a pas l’équivalent dans d’autres pays. Mais bien sûr, comme l’anglais a une place importante dans notre langue française, c’est plus facile, ça passe mieux. On n’utiliserait peut-être pas un mot persan ou russe si l’information venait d’Iran ou de Russie ! Mais comme beaucoup de francophones ont de petites notions d’anglais, l’image passe elle aussi par ce mot étranger : shut down ! C’est-à-dire « on ferme ! » Car le verbe to shut signifie bien fermer. Et l’on sait aussi que le petit mot down signifie en bas, vers le bas. On pourrait donc traduire l’image par « on baisse le rideau ! », ce qu’on dit en français à propos d’une entreprise qui ferme. Et l’image est vraiment la même en anglais : comme si l’on abaissait le rideau de fer d’un magasin : on en entend presque le bruit retentissant qui signale qu’on ferme la boutique !

GM : Merci Yvan Amar, et à demain pour l'Expression de la semaine. C’est la fin de votre Journal en français facile, à retrouver sur notre site. Bonsoir à tous !

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