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Journal en français facile 16/12/2019 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Hugo Lanoë : Il est 21h à Paris à l'écoute de RFI, 20h en temps universel. Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans votre Journal en français facile. Pour le présenter avec moi ce soir Sébastien Duhamel, bonsoir Sébastien.

Sébastien Duhamel : Bonsoir Hugo, bonsoir à tous.

HL : Au sommaire de cette édition : la France est entrée aujourd’hui dans une nouvelle semaine de contestation contre la réforme des retraites avec une démission de taille au gouvernement : celle de Jean-Paul Delevoye. Le ministre chargé de mener à bien cette réforme est soupçonné de conflit d'intérêts.

SD : Nous irons ensuite en Inde où les rassemblements se poursuivent. Les manifestants dénoncent un projet de loi jugé hostile aux musulmans. Reportage à suivre devant l'université musulmane de New Delhi.

HL : Et puis avant de parler environnement en Allemagne, nous nous arrêterons aux États-Unis où Donald Trump pourrait être mis en accusation pour abus de pouvoir.

Voilà pour le programme, soyez les bienvenus !

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SD : C'est donc un coup dur pour le gouvernement français, Jean-Paul Delevoye démissionne au début d'une semaine cruciale pour l'avenir de la réforme des retraites.

HL : La situation était devenue intenable, insupportable, pour le haut-commissaire en charge du dossier des retraites et pour cause : Jean-Paul Delevoye est mis en cause depuis plusieurs jours sur sa déclaration d'intérêts. Un document qui recense l’ensemble des activités des hauts fonctionnaires. Sur ce document, Jean-Paul Delevoye a omis, a oublié, de déclarer dix mandats et une partie de ses rémunérations. Anthony Lattier :

Jean-Paul Delevoye avait initialement déclaré trois mandats. Mais sous le coup des révélations de la presse, il a dû corriger le tir et il a ajouté dix nouveaux mandats dans sa nouvelle déclaration publiée vendredi dernier. L'une de ses fonctions - bénévole - était liée au monde de l'assurance : elle nourrissait les accusations de conflits d'intérêts. Mais le principal problème concerne un autre mandat, celui de président d'honneur d'un groupe de réflexion, un mandat rémunéré celui-ci, qu'il a continué à occuper tout en étant ministre, c'est interdit par la Constitution. Jean-Paul Delevoye plaide la « bonne foi », parle d'une « erreur », mais comme le glisse une députée de la majorité, « quand on viole la Constitution, on ne reste pas au gouvernement. » Celui qui était à la manœuvre depuis plus de deux ans sur la réforme des retraites s'en va donc, « pour ne pas fragiliser » cette réforme, dit-il. Sa démission tombe au plus mal, mais pour beaucoup au sein de l'exécutif, sa situation était devenue intenable. Il devient le 12e ministre à démissionner depuis l'élection du président Emmanuel Macron.

HL : Emmanuel Macron dit accepter avec regret la démission de Jean Paul Delevoye. Qui va désormais le remplacer pour mener à bien la réforme des retraites ? Pour l'instant, on ne sait pas, mais l'Élysée fait savoir qu’un nom sera connu « dans les meilleurs délais ».

SD : Une chose est sûre, « nous ne retirerons pas la réforme », c'est ce que déclare ce soir Sibeth Ndiaye, la porte-parole du gouvernement.

HL : De son côté, le Premier ministre Édouard Philippe convie, invite, les syndicats et le patronat à discuter à Matignon mercredi. En attendant, les manifestants seront dans la rue demain au 13e jour de la mobilisation. La moitié des enseignants du primaire seront en grève selon le premier syndicat de la profession.

SD : Conséquence, les transports seront encore perturbés ce mardi.

HL : 8 lignes de métro sur 16 fermées à Paris, 1 TGV sur 4 circulera, 1 Transilien sur 5. La Société nationale des chemins de fer doit communiquer demain sur les prévisions de trafic pour les fêtes de fin d'année. Des retards et des perturbations dans les airs également. La Direction générale de l'aviation civile demande aux compagnies aériennes de réduire de 20% leurs vols au départ et à l'arrivée de l'aéroport d'Orly.

SD : À l'écoute du Journal en français facile sur RFI, il est 1h34 à New Delhi. Autre contestation Hugo, en Inde, où la colère gronde toujours contre la loi sur la citoyenneté.

HL : Ce projet législatif est dénoncé, contesté, car il est jugé islamophobe, c'est-à-dire hostile aux personnes de confessions musulmanes. Le texte faciliterait la naturalisation des étrangers à condition qu'ils ne soient pas musulmans. Depuis une semaine, le nord-est du pays vit au rythme des manifestations au cours desquelles au moins cinq personnes ont été tuées. Hier, à New Delhi, la police a brutalement envahi l'université musulmane où s'est rendu notre correspondant Sébastien Farcis.

Des centaines d’étudiants et de musulmans du quartier envahissent la rue devant l’université Jamia Millah, au sud de New Delhi. Pacifique, mais révolté, Shahdah est étudiant : « Ce gouvernement ne considère pas que les musulmans peuvent avoir les mêmes droits que les autres, dit Shadhah, un étudiant. Il est donc en train de détruire notre constitution. » La veille, plusieurs bus ont été incendiés en marge de la manifestation, à quelques kilomètres de là. La police a accusé les étudiants, qui nient toute implication, vidéo à l’appui. « J’ai des preuves. Regardez cette vidéo : à l’intérieur de ce bus, c’est un policier. C’est un policier de Delhi qui arrose le bus et le brule. » L’homme qui jette un liquide dans le bus doit avoir une quarantaine d’années, il est bien rasé et habillé comme un fonctionnaire. Il ne porte pas d’uniforme, mais le bus, lui, est entouré par des policiers. Impossible de vérifier l’authenticité de cette vidéo, mais pour les manifestants, cela prouve que la police de Delhi, contrôlée par le gouvernement fédéral, a ainsi voulu discréditer ce mouvement. Et cela lui aurait donné une raison d’entrer violemment dans la faculté, où deux jeunes ont été blessés par balle. Ce lundi, beaucoup d’autres universités indiennes ont commencé à protester contre cette loi sur la citoyenneté. De Calcutta à Bombay en passant par Madras, la révolte contre le gouvernement est à présent devenue nationale. Sébastien Farcis, New Delhi, RFI.

SD : Le compte à rebours est lancé aux États-Unis. Les députés démocrates - majoritaires à la Chambre des représentants - doivent renvoyer cette semaine Donald Trump en procès.

HL : Sauf énorme surprise, le locataire de la Maison Blanche rejoindra Andrew Johnson et Bill Clinton sur la courte liste des présidents américains mis en accusation par la chambre basse du Congrès. Donald Trump, je vous le rappelle, est accusé d'abus de pouvoir et d'entrave dans l'affaire ukrainienne. C'est-à-dire qu'il est attaqué en justice pour avoir outrepassé, pour avoir transgressé sa fonction présidentielle. S'il est accusé, son procès se tiendra ensuite au Sénat au mois de janvier. En attendant, les démocrates demandent toujours de pouvoir auditionner quatre proches du président. C'est le souhait formulé par Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat.

« Nous voulons que les faits soient établis. Les quatre témoins que nous avons demandés, les documents que nous avons réclamés sont directement liés au déroulement des faits. La Chambre des représentants a établi de nombreux faits, mais il y a certains de mes collègues républicains qui disent : ces accusations sont sérieuses, mais je ne suis pas sûr qu’il y a assez de preuves. C’est pourquoi nous devons entendre ces témoins. J’espère que certains de mes collègues républicains vont dire en toute honnêteté : nous devons entendre ces personnes. Aucune raison ne nous a été donnée pour expliquer pourquoi nous ne pourrions pas entendre ces témoins ou nous procurer les documents que nous avons demandés. Je ne sais pas ce qu’ils diront peut-être qu’ils exonèreront le président Trump ! Mais ne pas les entendre c’est dissimuler les faits, c’est dire nous avons peur. Et ensuite, les Américains pourront demander au président Trump et aux gens comme Mitch McConnell, s’il n’y a pas de procès équitable : qu’est-ce que vous avez à cacher? Que cachez-vous ? »

HL : Propos recueillis par Anne Corpet à Washington.

SD : C'est une bonne nouvelle pour l'environnement. Malgré le résultat décevant de la COP25 à Madrid en Espagne, la taxe carbone sera plus élevée que prévue en Allemagne.

HL : Les parlementaires allemands ont décidé la nuit dernière d'augmenter de manière significative cette taxe carbone. Il s'agit d'un impôt environnemental proportionnel, relatif aux quantités de dioxyde de carbone émises lors de la production et l’usage d’une ressource, d’un bien ou encore d’un service. Cette taxe carbone doit entrer en vigueur en Allemagne au 1er janvier. Les précisions du correspondant de RFI à Berlin, Pascal Thibaut.

Les organisations de défense de l’environnement, les experts, mais aussi les écologistes estiment que le niveau de la taxe carbone prévue à partir du 1er janvier était bien trop faible pour produire des effets rapides. Les Verts qui participent à plusieurs gouvernements régionaux ont pu peser dans le processus parlementaire, car la Chambre représentant les Länder a son mot à dire. L’accord trouvé la nuit dernière prévoit que le montant de la taxe sera finalement de 25 au lieu de 10 euros, initialement, par tonne de CO2 produite. Elle augmentera progressivement jusqu’à 55 euros en 2025. En clair, les automobilistes allemands devront payer 7 à 8 centimes par litre de plus à la pompe. Le chauffage au fioul ou au gaz sera aussi concerné. Les recettes serviront à baisser la taxe payée par les usagers sur leur facture d’électricité pour le développement des énergies renouvelables. Les contribuables pourront donc obtenir une compensation. Les personnes utilisant leur voiture pour se rendre au travail bénéficieront à l’avenir d’une déduction fiscale plus élevée. Cet accord permet également à une autre disposition du paquet climat d’entrer en vigueur au 1er janvier à savoir la baisse de la TVA de 19 à 7% sur les billets de train. La Deutsche Bahn a promis de baisser ses prix d’un montant équivalent pour les usagers. Pascal Thibaut, Berlin, RFI.

 

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