#Francês da atualidade

Journal en français facile 16/01 20h00 GMT

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RFI
Transcription

Florent Guignard :
Radio France Internationale, il est 20 heures en temps universel, 21 heures à Paris.
Bonsoir, bienvenue, c'est le journal en français facile. Au sommaire :
Une actualité encore dominée par Donald Trump : l'entretien que le président élu a donné à deux quotidiens européens provoque de très nombreuses réactions, en Europe, et aux États-Unis.

Aux États-Unis, à quatre jours de l'investiture de Donald Trump, la communauté noire dans l'inquiétude, c'est ce que nous dira une journaliste d'Indianapolis, à l'occasion du Martin Luther King Day, qui célèbre l'anniversaire du pasteur noir militant des droits civiques.

Des violences à Bahreïn : depuis trois jours et l'exécution de 3 chiites condamnés à morts pour terrorisme.

Enfin le froid sur la France : comment le gouvernement compte protéger les sans-abris, alors que partout le thermomètre va descendre cette nuit, et les nuits suivantes, en-dessous de 0 degrés.

Rarement un entretien à la presse n'a suscité autant de commentaires, et des commentaires négatifs. Cette interview, cet entretien comme on dit en bon français, c'est celui que Donald Trump a donné à deux quotidiens européens, le Times au Royaume-Uni, et le Bild en Allemagne. A quelques jours de son entrée en fonction, le président élu des États-Unis juge l'Otan « obsolète » - c'est-à-dire qu'il pense que l'Organisation du Traité de l'Atlantique-Nord, créée au lendemain de la Seconde guerre mondiale pour protéger l'Europe face à la menace soviétique, a fait son temps. Donald Trump salue aussi le Brexit, la sortie de la Grande Bretagne de l'Union européenne, et il pense que d'autres pays font suivre l'exemple des Britanniques. Toutes ces déclarations ont fait réagir en Europe, notamment lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. La correspondance de Pierre Bénazet :

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a été le seul ici à se réjouir, se disant heureux de la perspective évoquée par Donald Trump d'un accord de libre-échange qui pourrait être rapidement trouvé entre les EE-UU et le Royaume-Uni. De l'autre côté de la Manche le son de cloche est loin d'être le même. Le ministre français Jean-Marc Ayrault a estimé que la meilleure réponse à apporter à Donald Trump serait de faire bloc et que l'Union européenne devait démontrer son unité mais ailleurs, c'est plutôt l'inquiétude qui pointe. Le secrétaire général de l'Otan s'est dit absolument confiant dans la poursuite de l'implication américaine au sein de l'Alliance atlantique mais le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a jugé lui qu'il y avait tout de même pour l'Otan des causes d'inquiétude. En fait les Européens n'ont pas une vision claire de ce que sera vraiment la politique étrangère des États-Unis. Ils craignent tout ce qui pourrait être un facteur de déstabilisation. Celui qui résume le mieux l'état d'esprit général est Jean Asselborn. Pour le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, les États-Unis ne doivent pas agir de manière destructrice. Il va jusqu'à avertir des conséquences d'une grande portée en cas, je cite, de « destruction de la politique étrangère ». Pierre Bénazet, Bruxelles, RFI.

De quoi je me mêle ? C'est ce que semble aussi dire François Hollande, après l'entretien de Donald Trump : l'Europe n'a « pas besoin de conseils extérieurs pour lui dire ce qu'elle a à faire », a déclaré ce soir le président français, qui ajoute que l'Otan « ne sera obsolète que lorsque les menaces le seront devenues elles aussi ». Aux États-Unis, John Kerry aussi a réagi. Le chef de la diplomatie américaine, pour quelques jours encore, dénonce « des propos déplacés »…

Aux États-Unis, on y reste. Ce 16 janvier est un jour férié : c'est le Martin Luther King Day. Les Américains célèbrent la naissance du pasteur noir qui militait pour les droits civiques, l'égalité des droits entre Noirs et Blancs aux États-Unis dans les années 60. Il en est d'ailleurs mort. Alors cette année, à 4 jours de l'investiture de Donald Trump, cette journée prend une coloration particulière. Écoutez ce qu'en pense Ebony Marie Chapel, elle est la rédactrice en chef du journal de la communauté noire dans l'État de l'Indiana, l'Indianapolis Recorder. Elle appelle ses lecteurs à la vigilance et à la mobilisation :

« Je pense que cette journée va se dérouler dans une atmosphère très particulière. Les luttes qu'a menées Martin Luther King sont d'une actualité évidente en raison de la présence de quelqu'un comme Donald Trump dans le bureau ovale. Il a déjà commencé à appliquer sa politique et remettre en cause des progrès réalisés au cours des dernières années. Les Républicains se sont déjà réunis pour démanteler l'assurance santé, l'Obamacare. Ce qui veut dire que des millions d'Américains vont se retrouver sans assurance maladie. Donc je pense que maintenant plus que jamais, les gens doivent comprendre que même si les droits civiques ont plusieurs décennies d'existence, il faut rester vigilants, rester actifs et rester mobilisés. Pour beaucoup d'entre nous, (je ne peux pas parler pour tout le monde), c'est vraiment un moment inquiétant auquel on doit faire face. Rien que l'on puisse ignorer ou mettre sous le tapis. On y est directement confronté et on va devoir faire quelque chose. ».

La journaliste Ebony Marie Chapel, au micro de notre envoyée spéciale à Indianapolis, Sylvie Noël.

L'actualité en Syrie, à présent : la grosse offensive du groupe État islamique dans l'est du pays porte ses fruits. À Deir Ezzor, pas loin de la frontière avec l'Irak, les djihadistes ont réussi à isoler l'aéroport militaire des quartiers défendus par l'armée syrienne. Et puis en ce qui concerne les négociations de paix qui doivent s'ouvrir à Astana au Kazakhstan le 23 janvier, dans tout juste une semaine, tous les groupes rebelles annoncent ou confirment leur participation. Ces discussions sont parrainées par la Russie et l'Iran, qui soutiennent le régime de Bachar el Assad, et par la Turquie, qui soutient, elle, la rébellion…

À Bahreïn, de nouvelles violences, dans cette petite monarchie du Golfe persique. Ce qui a mis le feu aux poudres, ce qui a provoqué des manifestations et des violences, c'est l'exécution, dimanche, de trois habitants de Bahreïn, de confession chiite, condamnés à mort pour le meurtre de trois policiers. Notre journaliste Murielle Paradon a recueilli au téléphone le témoignage d'un militant des droits de l'Homme, Abdulnabi Alekri :

« La situation est très tendue. Dès samedi soir, lorsqu'on a appris que des exécutions auraient lieu, des manifestations ont eu lieu instantanément, dans différents endroits de Bahreïn, dans des villages chiites et dans la capitale Manama. Le deuxième jour, lorsque les exécutions ont eu lieu, bien sûr ces manifestations se sont intensifiées. Et ça continue. Des jeunes bloquent les rues, pour empêcher les voitures de polices de partir à leur recherche, des pneus sont brulés. Et il y a des contrôles qui ont été établis dans le pays. Tout cela nous rappelle les événements de 2011. ».

Les événements de 2011 dont parle ce militant des droits de l’Homme à Bahreïn, Abdulnabi Alekri, eh bien c’est la contestation populaire qui avait été réprimée par le régime, c’était au moment des « printemps arabes ».

Il va y a voir des élections législatives en Irlande du Nord, et ce sera le 2 mars. Des élections nécessaires depuis la crise politique dans cette province qui appartient au Royaume-Uni. Tout a commencé quand le vice premier ministre a démissionné, issu du Sinn Fein, le mouvement des catholiques républicains. En vertu de l'accord de paix de 1998, la première ministre unioniste, attachée à la couronne britannique, a dû elle aussi démissionner.

En France, une vague de froid s'abat sur presque tout le pays. Dans les nuits à venir, on attend des températures négatives, en-dessous de 0 degré. Les détails avec Pierre Ollivier :

Il y aura de la place pour tout le monde, a promis le ministre de l'Intérieur ce lundi matin. Faisant allusion au nombre de lits disponibles pour accueillir au chaud les sans domicile fixe et les migrants. Car en décembre dernier, seule une personne sur deux avait pu être hébergée en urgence. Un scénario qui, s'il se reproduisait avec les températures actuelles, pourrait engendrer de nombreux morts de froid. Un plan d'urgence a donc été mis en place. Il sera ajusté quotidiennement et suivi heure par heure par Matignon. Pour renforcer les capacités d'accueil, des gymnases et des salles communales ont été réquisitionnés. Les maraudes dans les rues, pour apporter boisson chaude et nourriture aux plus démunis, seront renforcées. Enfin, en cas d'impossibilité à joindre le numéro d'urgence 115, souvent saturé, le ministre de l'Intérieur conseille d'appeler le Samu. En plus de l'État, tous les acteurs associatifs sont mobilisés pour faire face à cette vague de froid d'une ampleur inégalée depuis 2012.

Et c’est ainsi que se termine ce journal en français facile. Merci de l’avoir suivi. Il est 21h10 à Paris.

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