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Journal en français facile 01/03/2020 20h00 GMT

Studio RFI
Transcription

Loic Bussières : 21h à Paris, 20h en temps universel. Bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez pour votre Journal en français facile que je vous présente en compagnie de Zéphyrin Kouadio. Bonsoir, Zéphyrin.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Loïc, bonsoir à toutes et à tous.

LB : À la une : l'épidémie de coronavirus qui gagne encore du terrain, près de 70 pays touchés. Nous irons en Martinique dans ce journal. Les habitants réclament plus de contrôle pour les touristes arrivant dans l'île.

ZK : À la une également, la Turquie qui mène une offensive militaire d'envergure en Syrie contre le régime de Damas tout en maintenant la pression sur l'Europe en laissant passer des milliers de migrants vers la Grèce. C'est ce que nous dira notre correspondante à Istanbul.

LB : Et puis comme chaque dimanche vous avez rendez-vous avec l'expression de la semaine et donc avec Yvan Amar que l'on retrouve en toute fin de journal.

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ZK : Tout d'abord le point sur l'épidémie de coronavirus et ces bilans qui ne cessent de s'alourdir. On comptait ce soir 88 257 cas de contaminations dans le monde, dont pratiquement 3000 décès.

LB : En tout 66 pays et territoires sont touchés. Ce dimanche, on apprend qu'un premier cas a été détecté en République dominicaine, en l'occurrence un touriste italien de 62 ans. Un cas qui fait écho à ce qui s'est passé hier en Martinique aux abords de l’aéroport Aimé Césaire. Un bus transportant des touristes belges et allemands a été bloqué sur l’autoroute par des manifestants. Ces derniers réclamaient plus de contrôles pour les voyageurs arrivant dans l’île, d'où partent des paquebots de croisière vers la Caraïbe. Plus tôt dans la journée, des militants d’association et du syndicat CGTM-SOEM (Confédération générale du travail de la Martinique) étaient à l’aéroport pour dénoncer le dispositif sanitaire de l’ARS, jugé insuffisant face à l’épidémie de coronavirus. Le reportage de Ronan Bonnec :

[Transcription manquante]

ZK : À la une également, cette annonce des autorités turques. Elles lancent l'opération « Bouclier du Printemps » dans la province d’Idleb.

LB : Une région du nord-ouest de la Syrie où plus de 50 de ses soldats ont été tués le mois dernier dans des attaques attribuées au régime de Damas. L'annonce a été faite ce midi par le ministre de la Défense. À Istanbul, Anne Andlauer :

Le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, a annoncé que cette opération avait commencé le 27 février, c’est-à-dire le jour de la mort de 33 soldats turcs dans une seule et même attaque attribuée au régime de Damas. Dans le cadre de cette riposte, Ankara annonce un bilan – invérifiable et sans doute exagéré – de 2212 soldats du régime tués, ainsi que de 103 tanks, 72 lance-roquettes et obusiers, huit hélicoptères, un drone et trois systèmes de défense antiaérienne abattus. « Bouclier du Printemps » est donc une opération en cours depuis quelques jours. Si la Turquie fait cette annonce en forme de bilan maintenant, c’est qu’elle avait lancé début février un ultimatum au régime de Bachar el-Assad, lui donnant jusqu’à la fin du mois pour cesser son offensive contre Idleb et se retirer des abords des postes militaires turcs. L’ultimatum était donc censé expirer hier soir, mais de fait, l’attaque du 27 février l’avait rendu caduc. L’armée turque confirme donc qu’elle ne se retirera pas d’Idleb et qu’elle continuera de frapper le régime. Dans sa déclaration, le ministre de la Défense ajoute qu'Ankara « n'a pas l'intention » d'entrer dans une confrontation avec Moscou, principal soutien de Damas. Le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue russe Vladimir Poutine doivent se rencontrer le 5 mars. D’ici là, sur le terrain, Ankara a bien l’intention de faire monter les enchères.

ZK : À Richmond, aux États-Unis, alors que les démocrates se disputaient les primaires en Caroline du Sud, un peu plus au nord, en Virginie, les défenseurs du droit de porter des armes se sont à nouveau mobilisés.

LB : Depuis que la nouvelle majorité démocrate au Parlement de l’État tente de limiter l’accès libre aux armes, ceux qui défendent le second amendement de la Constitution sont vent debout. Il ne se passe pas une semaine sans manifestations. Notre envoyé spécial à Richmond en Virginie, Achim Lippold, a assisté à l’un des rassemblements :

Des centaines de militants pro-armes se sont donné rendez-vous au Crockett Park, dans le nord de la Virginie. Leur objectif : empêcher coûte que coûte que le gouvernement de la Virginie légifère sur les armes, selon DJ Jordan, un ancien candidat au Parlement de la Virginie. « Si vous essayez de restreindre la possibilité de quelqu’un de se défendre, vous portez atteinte au cœur même de la culture américaine. Limiter les droits liés au second amendement changerait profondément les États-Unis. C’est grâce à ce droit que nous sommes un pays libre, où la liberté est primordiale. » Graham Wilson est formateur dans un centre de tir. Selon lui, les projets de restrictions d’accès aux armes à feu ont fait exploser les demandes d’inscription. De plus en plus de gens souhaitent apprendre à se servir d’une arme. « Pour nous, c’est une lutte existentielle pour sauver l’âme de notre pays, l’Amérique ». C’est ce que pense également Rebecca Eden. Cette jeune mère estime que porter une arme c’est son droit le plus strict. « Il est temps de mobiliser tout le monde et de dire haut et fort qu’il n’y a pas de problème de porter une arme ouvertement. Je suis une mère et je veux protéger mes enfants. Mais si on m’enlève le droit de porter des armes, je ne pourrai plus les protéger, s’il leur arrive quelque chose. » Comme beaucoup de participants au rassemblement, Rebecca porte elle aussi une arme. « C’est un fusil semi-automatique, l’AR 15, c’est l’une des armes les plus faciles à obtenir, c’est pour cela qu’elle est très populaire ». L'AR-15 c’est aussi l’arme qui a été utilisée dans de nombreuses fusillades de masse ces dernières années, comme à Las Vegas en 2017 ou à Parkland en 2018. Bertrand Haeckler et Achim Lippold, Richmond, RFI.

ZK : Un mot de sport avec les dernières rencontres de la 27e journée de Ligue 1 en football.

LB : Lyon reçoit St Étienne, en ce moment. Un peu plus tôt, Lille s'est imposé à Nantes (1-0), un succès qui permet au Losc de rester dans la course à la qualification pour une Coupe d'Europe. Bordeaux et Nice ont fait match nul 1 partout.

Et puis un 8e titre de champion de France en salle pour Renaud Lavillenie en saut à la perche avec un saut à 5m80. Une performance relativement modeste pour l'ancien recordman du monde qui n'a toutefois plus passé une barre à 6m depuis 2016.

ZK : Fin de ce journal, tout de suite on retrouve Yvan Amar pour l’expression de la semaine : 

« Le gouvernement dégaine le 49.3 ». C’est ainsi que RFI annonçait la décision, annoncée par le Premier ministre français Édouard Philippe de faire adopter le projet de loi sur les retraites sans vote de l’Assemblée nationale et sans avoir à considérer les 43 000 amendements, c’est-à-dire les demandes de modifications qui avaient été déposées, précisément pour que le projet ne puisse être adopté. Le 49.3, on le sait c’est un article de la constitution, l’article 49 à son troisième paragraphe, son troisième alinéa, qui permet justement de se passer du vote des députés pour faire passer une loi. Mais pourquoi est-ce qu’on le dégaine ? L’expression est légèrement familière, et légèrement provocatrice. Et elle compare ce fameux article 49.3 à une arme. On sait que le processus législatif s’immobilisait, certains disaient même qu’il s’enlisait. La tactique du gouvernement permet de « passer en force », voilà encore une expression qui a été beaucoup entendue à propos de cette décision. Mais pourquoi l’image de l’arme est-elle si présente ? À cause de ce verbe dégainer. Que dégaine-t-on à l’ordinaire ? Un pistolet. Et même plus précisément, on dégaine son Colt ! C’est presque une expression toute faite. Et l’image évoquée vient du cinéma, et plus précisément des westerns, ces films qui se situent dans l’Ouest américain et mettent en scène des shérifs, des bandits, mais surtout cowboys. Littéralement un cowboy c’est un garçon vacher, qui s’occupe des troupeaux. Mais au cinéma c’est bien plus que ça ! Les cowboys ont bien souvent des ennemis, et ils doivent se défendre. Ils ont donc leur revolver, leur Colt, au côté. Dans une gaine, c’est-à-dire un étui, avantageusement accroché à leur ceinture. Et dans les duels qu’on voit souvent dans ce genre de film, la victoire appartient à celui qui tire son revolver le premier. Celui qui dégaine le plus vite. C’est bien cela dégainer : tirer son arme, pour ensuite tirer sur son adversaire. On se sert donc de ce verbe pour dire qu’on réagit, et souvent qu’on riposte, c’est-à-dire qu’on réplique, qu’on répond : dans une discussion, on dégaine un argument. Et on se sert même du mot sans complément, pour dire qu’on réagit, et souvent d’ailleurs qu’on réagit, ou qu’on attaque avant l’adversaire : il a dégainé le premier !

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