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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Indigeste menu pour les 27, au sommet de l’UE, entre le prix du gaz et la Pologne. Et la rédaction de la radio cite deux sujets qui fâchent comme on dit, ou en tout cas, qui créent un certain malaise, qui ne sont pas faciles à régler.

Comme si le menu de cette réunion était indigeste, c’est-à-dire difficile à digérer. Bien entendu cet adjectif, cette comparaison est induite par la première. Si l’on parle de menu, pour indiquer le sommaire, la liste des affaires à envisager, on peut comme on dit filer la métaphore, c’est-à-dire associer des images, en relation avec la première comparaison qu’on a osé faire. On parle de menu. On fait comme si on allait faire un repas, comme si les différents dossiers étaient des plats. Une entrée, un plat de résistance, peut-être même un autre, un fromage, un dessert, un digestif… et on pourra donc parler d’un menu léger ou gastronomique. Et si l’on parle d’un menu indigeste, c’est qu’on pressent qu’il sera lourd, difficile à digérer ! L’adjectif est fréquent, beaucoup plus d’ailleurs que son contraire, digeste. Pourtant on le comprend bien, même si certains le critiquent comme s’il était un calque de l’anglais, et suspect pour cette raison. Mais il faut dire qu’il existe encore un mot français, peu utilisé, et qui a le même sens : digestible. Tout cela tourne donc autour d’une digestion, plus ou moins facile, et l’on sait qu’il s’agit du mécanisme d’assimilation des aliments, qui fait qu’ils se transforment et font vivre l’organisme. On ingère d’abord, c’est-à-dire qu’on mange, qu’on boit, qu’on fait passer dans le corps de la nourriture ou de la boisson. Et ensuite, on digère : merveilleuse chimie vitale !

Et le verbe digérer a bien sûr des sens dérivés : on peut digérer un livre, une théorie quand on l’a bien comprise, qu’on l’a justement assimilée. Ou bien digérer une insulte, si on l’oublie, si on la dépasse ? En général, on a plutôt recours à ce mot à la négative : ce mot, cette attaque, il ne l’a pas digérée ; elle lui reste en travers de la gorge, ça n’est pas passé.

Encore deux termes ou deux emplois à mentionner : on parle de digestif à propos d’un alcool fort, qu’on prend après le dîner, pour mieux faire passer ce qu’on a mangé…

Et parfois, en prononçant en général à l’anglaise, on parle de digest pour évoquer le résumé, le condensé d’un livre ou d’une pensée. Anglicisme critiquable peut-être, mais qui se souvient d’un vieux mot français : un digeste, c’était le recueil simplifié des décisions du pouvoir romain.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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