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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Emmanuel Macron aux îles Glorieuses : une première parait-il puisqu’aucun président français n’y a jamais mis le pied. D’un côté ça peut surprendre : il s’agit de territoires français. D’un autre ça peut se comprendre : ces îles sont inhabitées : on ne va donc pas à la rencontre des habitants, mais de la nature, et notamment de la biodiversité qui est importante dans l’archipel. Pourquoi Glorieuses ? Un hasard de l’histoire semble-t-il ! En 1750, le capitaine Du Guilly, par définition chatouilleux sur les questions d’honneur, aborde aux côtes de l’archipel à bord d’un navire nommé Le Glorieux. Le bateau sert à nommer les îles et voilà les Glorieuses baptisées !

Le sens du mot ne pose pas de problème particulier : il dérive évidemment du mot gloire. Celui qui est glorieux est celui qui a mérité une certaine gloire, une réputation qui fait qu’on parle de lui. Des dieux aux monarques, en passant par tous ceux qui pensent qu’on parle d’eux en bien, nombreux sont ceux qui ont voulu avoir un nom glorieux. Et le mot est spécialement attaché aux faits d’armes : la gloire militaire est probablement la plus fréquente et la plus recherchée.

Mais l’adjectif s’attache aussi à certaines époques particulières : les Trois Glorieuses, puis dans leur écho, les Trente Glorieuses.

Les trois Glorieuses sont trois journées, celles du 27, 28 et 29 juillet 1830. C’est aussi ce qu’on appelle la révolution de 1830. Louis XVIII a été le premier roi à succéder à Napoléon Ier. Charles X est venu après, mais ce roi, entouré d’ultras, de ministres et de conseillers très marqués par la réaction n’est pas vraiment populaire. Trois journées révolutionnaires suffisent à évincer le régime et à le remplacer par ce qui sera le dernier épisode monarchique en France : Louis-Philippe, qui sera non roi de France, mais roi des Français.

Un peu plus d’un siècle plus tard, la France sort meurtrie de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation. Mais à la surprise générale, le pays se redresse assez bien. Ce n’est pas le seul : on a ainsi parlé du miracle allemand et du miracle italien. Mais ces trois décennies sont marquées par la croissance, le retour à l’emploi, et un changement de mentalité lié à la démocratisation des biens matériels et des arts ménagers ; voitures, réfrigérateurs, machines à laver, téléphones se répandent et changent le quotidien des Français. Mais étonnamment, l’expression n’est créée qu’après-coup, en 1979, quand le premier choc pétrolier a marqué un coup d’arrêt. Et c’est au politologue et économiste Jean Fourastié qu’on la doit !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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