mots-actu_e.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On parle en ce moment, et avec raison hélas d’escalade, et certains appellent à la désescalade. On fait référence évidemment à la situation en Iran et aux relations irano-américaines.

Et l’escalade évoque une situation qui s’envenime et la montée de la violence, diplomatique d’abord, mais qui hélas peut déboucher sur une violence militaire. Une certaine façon de désigner une alternance de prise de parole, parfois symbolique, chacune étant moins vive que celle qui suivra. Donc la violence monte, les menaces sont chaque fois plus vives. Et on peut parler d’escalade diplomatique pouvant mener à la guerre.

Hélas le mot s’est déjà entendu dans une situation où la guerre déjà faisait rage. C’est d’ailleurs dans ce genre de contexte que le terme a connu cet usage journalistique.

On commence à en entendre parler essentiellement en 1962, avant le déclenchement des hostilités proprement dites entre l’armée vietnamienne commandée par Saigon, et l’armée américaine d’un côté, et de l’autre les forces du Vietminh soutenues par Hanoi. Il s’agit de la montée des périls, des déclarations et des positions successives des Américains, déjà militairement présents dans le sud du Vietnam. 

Ce mot d’escalade ne renvoie donc pas seulement à une montée, mais à deux montées symétriques, de deux adversaires. Et chacun fait un pas de plus chaque fois qu’il sent ou qu’il entend qu’un pas a été franchi par l’autre. Un jeu pervers d’attaques et de réponses. De même on parle de désescalade quand ce dialogue se calme et atteste d’une redescente des menaces.

Ces deux images ont eu un succès immense, et s’appliquent désormais à de multiples affaires de politique en général international, mais aussi à des tableaux différents, politiques ou pas. On en parle enter des adversaires privés, entre des époux qui se menacent mutuellement de divorce, des camardes qui menacent d’en référer à l’administration, ou de le dire à la maitresse… L’image, si facilement compréhensible, s’applique un peu à tout !

C’est bien sûr une interprétation à partir de sens différents au départ. Mais militaires quand même puisque le premier sens du mot rappelle le siège d’une ville et l’assaut qu’on donne aux remparts, en tâchant de les enjamber. 

Pourtant le mot a bientôt essaimé vers les disciplines sportives : l’escalade fait penser à la grimpette comme on dit familièrement : on gravit une montagne ou même une paroi escarpée. Il n’est pas toujours question d’échelon donc, mais il est toujours question de monter.

Pourtant le mot désescalade est réservé aux stratégies entre état, ou au mieux entre ennemis. Quand on redescend du Mont Blanc, on ne le désescalade pas !
 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo DGLFLF Ministère de la Culture

En partenariat avec la Délégation Générale à la Langue française et aux Langues de France (DGLFLF)

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias