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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On le commémore aujourd’hui : l’anniversaire du célèbre Appel du 18 juin 1940. Le général de Gaulle lançait depuis Londres un appel aux Français pour qu’ils continuent la guerre. Cette prise de parole, sur la BBC, la radio britannique, a été entendue par fort peu de monde le 18 juin 1940. Mais on sait que De Gaulle avait reparlé plus tard, notamment le 22 juin de façon légèrement différente, et de toute façon cette courte émission avait eu un immense retentissement très vite : on s’était passé le mot et tout le monde en parlait. On sait bien quel était le contenu du message : De Gaulle affirmait que malgré la lourde défaite, cette guerre n’était pas « tranchée par la bataille de France ». Et il terminait en faisant entendre un mot qui allait devenir historique : « Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. » Le terme de résistance était donc prononcé, et il allait connaître un extraordinaire destin.

Alors attention, cet appel n’était pas une invitation à entrer en résistance à l’intérieur du pays ; ce n’est pas l’acte fondateur de la Résistance française. Mais c’était une demande à tous ceux qui le pouvaient, et particulièrement aux militaires et aux ingénieurs et ouvriers de l’armement à se mettre en rapport avec le général, en exil à Londres.

Très vite, ce texte est connu sous le nom d’Appel du 18 juin. Pourquoi ce mot d’appel ?
Le mot évoque d’abord la voix : pour appeler, au sens propre, on parle. Et d’ailleurs, on parle fort, il y a là comme une exclamation. Et si l’on parle fort, c’est qu’on attend une réponse, une réaction, un intérêt éveillé. Par exemple, on appelle quelqu’un dans la rue… quelqu’un qui vous croise sans vous voir. On appelle quelqu’un dans une foule, pour établir le contact, la relation ; on signale sa présence et on veut susciter un écho : « Maman ! » Ou même on appelle quelqu’un au téléphone. Ça sonne ? Il répond ! Il y a donc cette idée d’interpellation dans l’appel.

Mais il y a plus que cela : un appel est aussi une convocation : il y a dans le mot un aspect impératif : quand on appelle quelqu’un, on ne lui demande pas vraiment son avis : c’est une exigence, qui se situe souvent dans un cadre déterminé : on parle de l’appel à la prière par exemple, ou bien dans un procès, on appelle un témoin à la barre. Et plus encore dans une situation militaire : on sait qu’on appelle les futurs soldats sous les drapeaux : il n’est pas question de leur demander leur avis. C’était donc le mot qui correspondait à la conscription, au service militaire, et les jeunes gens qui se formaient ainsi à la vie militaire étaient des appelés. Donc si on revient à cet Appel du 18 juin, il faut se souvenir qu’il émane de celui qui se présente lui-même de façon très claire : « Moi, général de Gaulle ».

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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