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Le journalisme reste victime des violences dans le monde

Interpellation musclée du journaliste indépendant Gaspard Glanz en avril 2019, place de la République à Paris.
Interpellation musclée du journaliste indépendant Gaspard Glanz en avril 2019, place de la République à Paris.
Zakaria Abdelkafi / AFP
D'après le rapport annuel de Reporters sans frontières, il y a eu 49 journalistes tués en 2019 contre 80 un an plus tôt. Un bilan encourageant, mais en trompe-l’œil.

02'33'' - Première diffusion le 28/12/2019

49 journalistes tués contre 80 un an plus tôt : le rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF) est encourageant sur au moins un point : on meurt moins dans le monde pour l’exercice du métier de journaliste. Pourtant, on aurait tort de se réjouir si l’on en juge par le nombre de journalistes emprisonnés, 389, en hausse de 12%, notamment en Chine où l’on en compte 120. Et ce qui est nouveau cette année, c’est que l’on ne meurt pas forcément dans des zones de guerre mais, pour plus de la moitié des cas, dans des zones de paix. Le Mexique est ainsi le pays où l’on compte le plus de journalistes tués, avec la Syrie, et devant l’Afghanistan ou le Pakistan.

Pour ce qui concerne la France, on ne déplore pas heureusement de journalistes en prison, et encore moins de tués. Mais le nombre de reporters, cameramen, vidéastes ou photographes qui ont été blessés a incité RSF à pousser un « cri d’alarme » le 17 décembre. Ce peut être bien sûr du fait de l’hostilité de manifestants, mais c’est aussi très souvent en raison du maintien de l’ordre ou de la répression exercés par les policiers lors des heurts avec les « gilets jaunes » ou, dernièrement, lors des manifestations contre la réforme des retraites.

Le 5 décembre, un collectif, Reporters en colère, dans lesquels on retrouve des journalistes militants, comme Gaspard Glanz ou Taha Bouhafs, a même comptabilisé 25 blessés. Ce peut être pour avoir été touché par un tir de LBD ou par une grenade de désencerclement comme le photojournaliste Mustapha Yalcin, de l’Agence Anadolu, qui a probablement perdu l’usage d’un œil. Ce peut être aussi, tout simplement, pour une bousculade dont on peut se demander si elle est volontaire ou non. Les journalistes sont-ils ciblés parce que journalistes militants  ? Où vivent-ils le niveau de violence que subissent les manifestants et les « gilets jaunes » ? Certains sur les réseaux sociaux font remarquer qu’il a fallu que des reporters soient blessés pour que la profession prenne la mesure de la répression policière.

Quoi qu’il en soit, RSF a dénoncé, en France, un « niveau inégalé de violence contre les journalistes ». Coups de matraques, brûlures, destructions de matériel ou placements en garde à vue comme deux étudiants de l’école de journalisme de Lille, on ne compte plus les récits d’entraves à l’exercice du journalisme. RSF exhorte le ministre de l’Intérieur, qui planche sur un schéma de maintien de l’ordre, d’adresser enfin des consignes fortes aux CRS et gendarmes afin qu’ils respectent le travail journalistique. Un contre-pouvoir indispensable si l’on ne veut pas que la France ressemble à un État policier.

Bilan annuel de RSF: le Mexique, un pays meurtrier pour les journalistes

النشر بتاريخ 27/01/2020 - التعديل بتاريخ 28/01/2020 - بواسطة Amaury de Rochegonde

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