Des journalistes de la ville de Bouar et ses environs, marchant pour la Journée internationale de la liberté de la presse en Centrafrique.
Des journalistes de la ville de Bouar et ses environs, marchant pour la Journée internationale de la liberté de la presse en Centrafrique.
adrienblanc / wikimédia
مقالة

Centrafrique: les journalistes inquiets pour la liberté de la presse

En Centrafrique, les journalistes dénoncent les pressions de plus en plus fortes contre la presse. Depuis le 26 janvier 2012, le journaliste Ferdinand Samba, directeur de la publication du journal Le Démocrate, un des quatre principaux quotidiens, a été condamné à un an de prison ferme. Son journal est suspendu. Reporters sans frontières (RSF) s’est dit consterné d’autant que les délits de presse sont dépénalisés en Centrafrique.
بحسب RFI -

Un vendeur de journaux : « Ils sont tous les journaux de la presse privée, sans exception ».

RFI : « Est-ce que je peux acheter Le Démocrate ? »

Le vendeur : « Il n’y a pas de Démocrate. Le Démocrate ne paraît pas en ce moment ».

Le 26 janvier 2012, Le Démocrate a été suspendu pour un an. Son directeur Ferdinand Samba est en prison. Le journaliste a été condamné pour une série d’articles mettant en cause le puissant ministre des Finances, Sylvain Ndoutingaye. Il doit en outre verser 10 millions de francs CFA d’amende, soit 15 000 euros.

Maka Gbossokoto, président du groupement des éditeurs de la presse privée, s’inquiète pour la liberté de la presse en Centrafrique. « On ne peut pas dépénaliser les délits de presse et jeter les journalistes en prison, annonce Maka Gbossokoto. On ne peut pas, en même temps, fermer le journal, demander des millions à un journaliste… C’était trop ! Vraiment, c’était trop ! C’est un signe de durcissement. Ce n’est pas anodin. Et d’ailleurs c’est symptomatique. Les journalistes, à l’heure actuelle, subissent beaucoup de pressions. C’est malheureux ».

Pour le ministre de la Justice, Firmin Féindiro, la peine n’est pas exagérée. Les journalistes doivent comprendre le message.

« C’est vrai que la place d’un journaliste n’est pas en prison, mais cela ne donne pas le droit à un journaliste de dire n’importe quoi et sans preuve, affirme Firmin Féindiro. Ferdinand Samba a porté des accusations très graves contre Monsieur Sylvain Ndoutingaye, des accusations qui ont été montées de toutes pièces. Le but ici, c’est de moraliser, de discipliner un peu ».

Ferdinand Samba a fait appel du jugement et restera en prison en attendant.

النشر بتاريخ 03/04/2017 - التعديل بتاريخ 04/04/2017

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias