Manifestation du réseau Sortir du nucléaire au Trocadéro le 13 mars 2011 à Paris.
Manifestation du réseau Sortir du nucléaire au Trocadéro le 13 mars 2011 à Paris.
MIGUEL MEDINA / AFP
مقالة

Quelle alternative au nucléaire civil ?

L'accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon rouvre le débat sur l'énergie nucléaire. Les ministres européens de l'Énergie se sont réunis lundi 21 mars 2011 à Bruxelles pour tirer les premières leçons de la catastrophe. En plein essor, grâce à de vastes plans de modernisation et d'expansion du parc existant, le développement du nucléaire pourrait être remis en cause.
بحسب Patricia Lecompte -

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986 est restée dans les mémoires, elle a bouleversé profondément l'opinion publique obligeant les gouvernements à revoir leur politique énergétique. Un gel qui a duré 20 ans. Au début des années 2000, le nucléaire civil redémarre. Face à une demande énergétique croissante des pays émergents, l'atome trouve un nouvel essor. De plus, à cette période, on craint à moyen terme une raréfaction du pétrole.

Une inquiétude que ne partage pas Jean-Marie Chevalier, professeur d'économie au Centre de géopolitique de l'énergie et des matières premières : « Il y a encore beaucoup de ressources pétrolières, ce n’est pas le problème, en revanche l’accident de Fukushima va retarder et renchérir les investissements. Ça renforce l’idée que l’on se dirige vers une énergie beaucoup plus chère que ce soit le pétrole ou le gaz ».

L'énergie nucléaire au niveau mondial représente 15% de la consommation, mais les situations sont très variables d'un pays à un autre. La France, championne du nucléaire avec ses 58 réacteurs, affiche une dépendance énergétique au nucléaire de 78%, alors qu'en Italie cette dépendance est nulle (son énergie provient essentiellement du charbon, du gaz et du pétrole). En Allemagne, où les opposants à ce type d’énergie sont majoritaires, le nucléaire représente 20% de sa production d'électricité. 

En Asie, la Chine construit beaucoup de réacteurs, toutefois sa part de nucléaire est, pour le moment, limitée à 2% de sa consommation énergétique globale. Dans le cas du Japon, 30% de son électricité provient du nucléaire.

Cacophonie

L’accident de la centrale de Fukushima relance le débat sur la pertinence de ce choix. Les pro-nucléaires avancent des arguments écologiques, affirmant que l'atome est une énergie propre capable de lutter contre le réchauffement climatique. L'idée étant de continuer à développer le nucléaire, le fossile et le renouvelable.

La catastrophe en cours a redonné de la voix aux antinucléaires. Ce week-end, 9 000 personnes ont manifesté à Fessenheim en Alsace, tout près de la plus ancienne centrale française, pour dire non à l’atome. Au-delà des manifestations, ou des actions musclées, les antinucléaires mènent de nombreuses réflexions pour trouver des alternatives viables.

Anne Laure Meladeck, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, affirme qu’« il faut miser sur l’efficacité énergétique, revoir notre mode de consommation de l’énergie et mettre en place massivement les énergies renouvelables. Elles peuvent techniquement aujourd’hui répondre à nos besoins. C’est avant tout une volonté politique. L’Espagne l’a bien compris puisqu’en dix ans elle a atteint 40% d’énergie renouvelable ». Mais le développement des énergies renouvelables nécessite des investissements massifs.

Ecologie ne rime pas toujours avec antinucléaire... Certains écologistes défendent le recours à l’atome, comme Bruno Combi, président de l'Association des écologistes pour le nucléaire. « La seule énergie disponible pour répondre massivement aux besoins, même en faisant toutes les économies d’énergie que nous devons faire, hé bien il n’y en a qu’une, on n’a pas le choix, c’est l’énergie nucléaire. Il faut la rendre propre et aussi sûre que possible, elle l’est déjà beaucoup par rapport à d’autres sources d’énergie, mais on peut encore l’améliorer », défend-il.

EM. La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher, à proximité du Sancerrois (France, centre)

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire dans le Cher, à proximité du Sancerrois (France, centre) | Getty Images/Picavet/Guy/Agence Images

Il faut quand même rappeler que pour le moment, aucune réponse n’est apportée au devenir des déchets radioactifs dont personne, aujourd’hui, ne sait quoi faire. En France, deux sondages contradictoires sur l’abandon du nucléaire illustrent la cacophonie ambiante. L'un commandé par EDF montre que 55% des Français souhaitent la poursuite du nucléaire, l'autre demandé par Europe-Ecologie donne 70% des Français favorables à un arrêt complet. Le débat est donc loin d'être clos.

 

►À lire : Sortir du nucléaire ou pas ?

النشر بتاريخ 10/03/2021 - التعديل بتاريخ 19/03/2021

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