Le robot Opportunity.
Le robot Opportunity.
Courtesy NASA/JPL-Caltech
مقالة

Opportunity ne répondra plus: la fin du «marathonien martien»

La Nasa a confirmé mercredi 13 février 2019 l’arrêt de la mission du robot Opportunity. Sur Mars depuis 2004, il avait cessé d’émettre en juin 2018. Les derniers efforts pour rétablir la liaison avec la Terre n’ont donc pas fonctionné, signant ainsi le clap de fin d’une mission qui a battu de nombreux records et révolutionné notre compréhension de la planète rouge.
بحسب Simon Rozé -

Ils ont tout tenté. Ils lui ont fait écouter Life on Mars de David Bowie, ils sont restés à l’écoute, ils lui ont envoyé des ordres. Mais sans succès. L’équipe de la Nasa en charge du robot Opportunity a dû se résigner et la fin de la mission a été officiellement prononcée.

Sa dernière communication avec la Terre remonte au 10 juin 2018, peu de temps avant qu’il ne se mette de lui-même en veille forcée, préparé à affronter une tempête martienne. Un gigantesque maelström de sable et de poussière qui a fini par recouvrir ses panneaux solaires, privant ainsi Opportunity de son unique source d'énergie. Il s’est ainsi éteint dans son sommeil.

Le robot atterrit sur Mars le 24 janvier 2004, dans la zone désolée de Meridiani Planum, qu’Opportunity doit alors explorer en 90 jours, la durée initiale de sa mission. Celle-ci est avant tout géologique : le robot doit en effet rechercher dans les roches avoisinantes des indices sur une présence d’eau dans le passé.

Assez vite, c’est un succès : Opportunity repère de grandes concentrations d’hématite grise, une roche d’oxyde de fer qui se forme en présence d’eau. C’est ainsi en grande partie grâce aux découvertes du robot que les scientifiques estiment que Mars a été recouverte d’océans et de rivières dans un lointain passé.

 

Photo d'une tornade de sable (en haut à droite) prise par le robot MER-B Opportunity sur Mars.

Photo d'une tornade de sable (en haut à droite) prise par le robot MER-B Opportunity sur Mars. | NASA

Photo prise par le robot MER-B Opportunity sur Mars.

Photo prise par le robot MER-B Opportunity sur Mars. | NASA

Roule petit robot

Mais Opportunity ne représente pas qu’une moisson de données scientifiques. Ce robot est également une prouesse d’ingénieur pour laquelle toute la communauté du spatial va se passionner. Après son étude de Meridiani Planum, ses opérateurs décident de l’expédier plus loin. Ils lui envoient alors l’ordre de se déplacer vers le sud. Prévu pour durer quelques mois, ce périple va durer près de 15 ans.

La distance parcourue, 45,16 kilomètres jusqu’au cratère Endeavour, fait du robot le premier marathonien de l’espace. En chemin, il aura tout de même multiplié les arrêts pour analyser des roches, découvrir Heat Shield Rock, la première météorite écrasée sur un autre monde, affronter des tempêtes, et surtout prendre des milliers de photographies, qui ont contribué à mieux faire connaître Mars auprès du grand public.

Ce sont d’ailleurs celles-ci qui expliquent la grande affection que portent les Terriens à ce robot martien : son appareil photo est disposé à 1m50 du sol, et l’écartement entre ses deux objectifs est similaire à celui d’une paire d’yeux humains. Les clichés d’Opportunity ressemblent de fait à ce que pourrait voir une personne sur le sol de Mars (voir les photos sur le site de la Nasa).

C’est donc toute cette histoire qui s’est achevée ce 13 février 2019. Cela ne signifie pas pour autant la fin des missions sur Mars. Il reste encore un robot pouvant se déplacer en opération sur place, Curiosity. Sur place depuis 2012, il a déjà parcouru un peu plus de 20 km, et ne risque pas la panne d’électricité comme son aîné ; c’est un mini réacteur nucléaire qui lui fournit son énergie.

 

Sur sa route, Opportunity aura notamment rencontré Heat Shield Rock, une météorite.

Sur sa route, Opportunity aura notamment rencontré Heat Shield Rock, une météorite. | NASA

L'armée des robots martiens

Curiosity sera également bientôt rejoint par deux nouveaux engins : le premier est européen et s'appelle Rosalind Franklin, du nom de la chercheuse britannique qui avait co-découvert l’ADN. Le nom est approprié, puisque ce robot sera équipé d’une foreuse capable de creuser à 2 mètres dans le sous-sol martien.

En effet, grâce à Opportunity notamment, les scientifiques supposent que Mars a été habitable dans le passé. Le but est donc de chercher des traces de vie. Celles-ci ne pouvant se trouver que dans le sol, protégées des rayons du Soleil, telle sera la mission de Rosalind Franklin.

Le deuxième engin à rejoindre Curiosity sera américain, et c’est d’ailleurs presque sa copie conforme. Mars 2020, c’est son nom, décollera comme Rosalind Franklin dans une grosse année, mais il aura une mission bien particulière : il devra récolter des échantillons du sol de Mars.

Cela permettra de préparer encore une autre mission, toujours au stade de l’étude tant elle est ambitieuse : Mars Sample Return. Il s’agit d’un projet conjoint entre les États-Unis et l’Europe, qui consiste à envoyer un engin récupérer les échantillons mis de côté par Mars 2020, pour les apporter ensuite sur Terre.

Ce sera alors la première fois que l’Homme touche du sable martien pour l’analyser, en attendant bien sûr qu’on y mette un jour les pieds. Mais pour cela, il faudra malheureusement attendre encore quelques dizaines d’années.

► Écouter sur RFI : « Seules huit missions ont fonctionné sur Mars, toutes américaines »

النشر بتاريخ 22/02/2019 - التعديل بتاريخ 25/02/2019

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