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Comment amortir le ralentissement de l’économie engendré par le coronavirus?

Laurence Boone, économiste en chef de l’OCDE, à Paris en 2018.
Laurence Boone, économiste en chef de l’OCDE, à Paris en 2018.
Éric Piermont / AFP
Le coronavirus entrave la croissance mondiale, il pourrait même la réduire de moitié a prévenu le lundi 2 mars 2020 Laurence Boone, l’économiste en chef de l’OCDE, l'organisation des pays occidentaux. Elle demande instamment aux gouvernements d’agir pour éviter le pire.

03'49''- première diffusion le 03/03/2020

Ce scénario du pire, une croissance à 1,5% seulement cette année alors que l'OCDE tablait sur 2,9%, c’est ce à quoi il faut s’attendre si la pandémie n’est pas rapidement enrayée. Une croissance aussi basse, la plus faible depuis 2009, se traduirait dans certains pays par des récessions, notamment au Japon, en Allemagne ou en Italie. Sur le fond, les gouvernements n’ont pas les clés pour empêcher une crise économique engendrée par un évènement sanitaire : tant que le danger de la contamination ne sera pas écarté, il est impossible de redémarrer les usines chinoises qui desservent la planète entière en biens intermédiaires ou en biens de consommation. Or c’est bien le confinement de ces usines chinoises qui a provoqué un choc de l’offre, qui peut se propager au reste du monde. Pour le moment la moitié des usines chinoises sont toujours à l'arrêt.

Une panne de la demande

Pour éviter d’attraper le coronavirus, les citoyens des pays les plus touchés, en Chine, en Corée du Sud, mais aussi en Italie et maintenant en France, sont invités à rester chez eux ou à éviter les rassemblements. Le moteur de la consommation est donc lui aussi fortement ralenti. Faire primer l'impératif de santé publique au détriment de l'économie est dans ce cas indispensable pour lutter contre la pandémie.

Les gouvernements peuvent cependant agir pour amortir les effets de la crise à venir. Avec des plans de relance. C’est ce que recommande l'OCDE et c'est ce qu’a déjà commencé à faire l’Italie. Elle dépensera 3,6 milliards d’euros pour soutenir les entreprises et les salariés affectés par les conséquences de la pandémie. Tant pis pour l'orthodoxie budgétaire, Rome a d'ailleurs reçu le soutien implicite de Bruxelles alors que ce plan de relance va creuser son déficit au-delà des limites admises par les traités européens.

Mobilisation des pays du G7 

Une réunion téléphonique du G7 Finances aura lieu ce mardi 3 mars, avec le concours des banques centrales. Son principal objectif : communiquer pour rassurer les marchés. La perspective de cette réunion a d'ailleurs contribué à apaiser Wall Street. Après avoir fortement chuté la semaine dernière, les bourses ont rouvert hier en oscillant au gré des bonnes et des mauvaises nouvelles concernant le coronavirus et les parades à la crise proposées par les autorités monétaires.

 

►À écouter Lundi noir sur les marchés: comment y remédier ?

 

Si les investisseurs cèdent à la panique, la crise économique pourrait se doubler d’une crise financière, une option qu'il faut éviter à tout prix. C’est pourquoi les banques centrales ont commencé à publier des communiqués dans un style cher à Mario Draghi, l'ancien gouverneur de la BCE, « on fera tout ce qu’il faudra » pour ramener de la sérénité. La Réserve fédérale l’a fait dès vendredi, la banque centrale du Japon s'est exprimée hier matin et la BCE a aussi indiqué qu’elle était prête à agir si nécessaire. En 2008 la mobilisation du G20 avait été déterminante pour faire face à cette crise partie des États-Unis. Douze ans plus tard, le G20 pourrait à nouveau être mis à contribution. Avec beaucoup de modestie, car la bonne santé de l'économie mondiale dépend d'abord des capacités à enrayer la pandémie.

En bref

Sans attendre la réunion du G7, la banque centrale australienne annonce aujourd'hui la baisse de ses taux à un niveau historiquement bas pour amortir le choc du coronavirus.

C'est ainsi la première banque centrale d'un pays occidental à passer à l'action en réduisant son taux directeur de 0,75 à 0,50%. L'Australie est l'un des pays les plus exposés à la Chine où elle exporte une grande partie de ses matières premières.

النشر بتاريخ 03/03/2020 - التعديل بتاريخ 16/03/2020 - بواسطة Dominique Baillard

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