Le président maoïste Prachanda, s'adresse à la presse à Katmandou, le 16 juin 2006.
Le président maoïste Prachanda, s'adresse à la presse à Katmandou, le 16 juin 2006.
Devendra Man Singh/AFP
مقالة

Un maoïste à Katmandou

Le Premier ministre népalais et le chef des rebelles maoïstes se sont rencontrés le 16 juin 2006 à Katmandou. C’est la première fois depuis dix ans que les pourparlers de paix entre le pouvoir et la rébellion aboutissent à une entrevue. Le chef rebelle Prachanda fait une apparition dans la capitale du royaume.
بحسب Colette Thomas -

Le chef des rebelles maoïstes du Népal, Prachanda et le Premier ministre Girija Prasad Koirala, ont entamé des négociations afin de mettre fin à un conflit commencé il y a dix ans. L’entrevue entre les deux leaders s’est déroulée à la résidence du Premier ministre, dans la capitale Katmandou. Pushpa Kamal Dahal, alias Prachanda (« le Féroce ») s’est rendu au rendez-vous dans son hélicoptère privé. Si l’entrevue entre les deux hommes représente un événement politique pour le Népal, l’apparition du chef rebelle en public était également exceptionnelle. Personne n’avait vu Prachanda dans la capitale depuis bien longtemps.

En 1996, des maoïstes avaient pris le maquis pour protester contre le régime en place et pour obtenir l’abolition de la monarchie. Ils entament alors ce qu’ils avaient appelé la « guerre du peuple ». Le conflit entre le pouvoir et la rébellion a entraîné, sur une décennie, la mort de 12 500 personnes. Plusieurs tentatives de négociations ont avorté jusqu’à cette dernière qui a finalement abouti à l’ouverture de pourparlers officiels entre le gouvernement et les rebelles, chez le Premier ministre.

Ce dialogue est l’aboutissement de l’une des plus graves crises politiques qu’ait connu le pays. Les contacts ont réellement commencé au mois de mai 2006. Chacun des deux camps avait préparé sa liste de conditions pour ramener la paix dans le royaume. Aujourd’hui, « le principal point à l’ordre du jour est de discuter des élections anticipées pour l’assemblée constituante et de surmonter les obstacles politiques à ce sujet », a indiqué le porte-parole des rebelles alors que le Premier ministre Girija Prasad Koirala et le chef des rebelles Pushpa Kamal Dahal ont commencé leur tête-à-tête sans faire la moindre déclaration. La télévision d’État annonçait de son côté que les discussions entre les deux leaders allaient se poursuivre toute la journée et que les représentants des partis politiques allaient tenir des réunions parallèles.

« Nous sommes assez optimistes, mais le problème du désarmement des rebelles doit être soulevé », a estimé un diplomate occidental en poste à Katmandou. Les rebelles maoïstes ont fait savoir à plusieurs reprises qu’ils ne déposeraient pas les armes tant que les travaux de l’assemblée constituante n’auraient pas eu lieu. L’organisation de ce scrutin et l’élaboration d’une Constitution par les nouveaux parlementaires élus représentent les principales revendications de la rébellion.

Une alliance inédite

Pendant très longtemps, les partis politiques népalais et la rébellion ont été ennemis. Le rapprochement a eu lieu après le coup de force du roi Gyanendra. En février 2005, il s’arroge les pleins pouvoirs et supprime les libertés fondamentales. Les rebelles maoïstes concluent alors une alliance informelle avec les partis politiques. Tous souhaitent faire reculer le roi, qualifiant sa prise de pouvoir d’extra-constitutionnelle. La population, elle aussi, commence à se révolter. Et au printemps dernier, après trois semaines de manifestations, le roi accepte finalement de rétablir le Parlement dans ses fonctions et de mettre en place un gouvernement d’opposition. Les rebelles signent alors un cessez-le-feu. L’organisation d’élections en 2007 était déjà au cœur des discussions, avec comme corollaire la révision de la Constitution de 1990 par la nouvelle assemblée.

Les maoïstes et les partis politiques d’opposition, au pouvoir, ne sont pas d’accord sur tout. Les rebelles veulent l’abolition pure et simple de la monarchie et la mise en place d’un système républicain. Certaines composantes du gouvernement actuel souhaitent le maintien de la royauté, même si les pouvoirs du roi demeurent purement protocolaires. Ils le sont déjà pratiquement, car, récemment, le monarque a perdu le contrôle de l’armée.

Avant l’ouverture des pourparlers directs entre le Premier ministre et le chef des rebelles, le ministre népalais de l’Intérieur, principal négociateur côté gouvernemental, s’était montré optimisme sur les résultats possibles de cette rencontre. « J’ai trouvé positive la réaction des maoïstes sur l’évolution de la situation dans le pays, en particulier après ma rencontre avec le dirigeant maoïste Pranchanda et Baburam Bhattarai (le numéro deux de la guérilla) », avait indiqué Krishna Prasad Sitaula. La semaine dernière, il s’était rendu dans une région reculée du royaume pour y rencontrer les deux dirigeants rebelles.

النشر بتاريخ 06/07/2017 - التعديل بتاريخ 11/07/2017

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