Chars russes en Ossétie du Sud
La colonne des chars russes en Ossétie du Sud.
AFP
مقالة

Ossétie du Sud : le rôle de la Russie en question

Le doute s’est instauré, dans l’esprit des dirigeants géorgiens, sur la position réelle de la Russie concernant la région séparatiste d’Ossétie du Sud. Après avoir laissé penser qu’elle lâchait son protégé traditionnel, la Russie semble avoir adopté, sur le terrain, une attitude plus ambiguë. Cela entraîne un regain de tension dans la région.
بحسب Francine Quentin -

En 24 heures, une quarantaine de soldats géorgiens ont été faits prisonniers par les miliciens ossètes, puis relâchés. Dans la crainte qu’un conflit armé n’éclate dans cette région séparatiste du nord de la Géorgie, des Géorgiens ont préféré regagner des régions sous le contrôle de Tbilissi. Les autorités séparatistes ont revendiqué l’enlèvement et dénoncé la préparation d’une intervention armée de la Géorgie contre eux. Il est vrai que, depuis son arrivée au pouvoir en novembre 2003, le président Mikhaïl Saakachvili a fait de la restauration de l’intégrité territoriale de la Géorgie une de ses priorités. Cela concerne, après la reprise de contrôle de l’Adjarie en mai dernier, les deux territoires indépendants de fait depuis 1990, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.

Cette dernière qui, au début des années 90, bénéficiait du soutien officieux de la Russie, demande son rattachement à la région russe d’Ossétie du Nord et, par ce biais, à la fédération de Russie. Or, après avoir longtemps joué le rôle de protecteur de l’Ossétie du Sud, la Russie semblait vouloir prendre ses distances dans ce conflit et se poser davantage en facteur de maintien de la paix dans la région, grâce à ses forces d’interposition, présentes en Ossétie du Sud. De son côté, Tbilissi a déployé, fin mai, des troupes à proximité de la zone de conflit, sous prétexte de lutte contre la contrebande.

En voyage à Moscou début juillet, et après avoir été reçu par le président Vladimir Poutine, le président géorgien Saakachvili affirmait avoir obtenu l’assurance que la Russie n’interférerait pas dans un conflit interne et inviterait même les Ossètes à s’asseoir autour de la table de négociations. Donnant corps à l’hypothèse d’une plus grande neutralité russe, les livraisons de la société gazière russe Itera à la région indépendantiste ont été suspendues à la mi-juin en raison des impayés. Mais, selon les analystes en Géorgie, la dette de l’Ossétie du Sud envers cette société a déjà, par le passé, atteint des montants plus importants encore, sans que les livraisons cessent pour autant.

Accusations réciproques

Depuis quelques jours la situation s’est compliquée. Les forces de l’ordre géorgiennes ont intercepté et saisi en partie un convoi militaire russe contenant des armes destinées au contingent russe stationné dans la région. Le Premier ministre géorgien Zourab Jvania s’est interrogé sur l’avenir de leur mission dans la zone. Le ministre de la Sécurité Vano Merabichvili a fait état du passage d’hommes en armes à la frontière, mais il a jugé qu’il était encore «trop tôt pour parler d’un retournement de situation et d’un changement de position de la Russie».

Le ministère des Affaires étrangères géorgien a invité la Russie «à ne pas sortir des limites de la diplomatie dans ses déclarations à l’égard de l’Etat souverain qu’est la Géorgie». A l’inverse, le commandant en chef de l’armée de terre russe, Vladimir Kormiltsev, a accusé les Géorgiens de «détériorer volontairement la situation».

Pour faire bonne mesure, la Géorgie se prévaut du soutien des Etats-Unis dans l’affaire de l’enlèvement des militaires géorgiens par des milices ossètes. A Washington, le département d’Etat a fait savoir que les Etats-Unis ont demandé à la Russie et à la Géorgie de résoudre le problème par voie diplomatique. Mais le Premier ministre géorgien a plus nettement affirmé avoir reçu du secrétaire d’Etat américain Colin Powell un «soutien absolu à la politique de la Géorgie dans le règlement du conflit ossète».

النشر بتاريخ 08/11/2016 - التعديل بتاريخ 08/11/2016

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