Vue satellitaire d'une installation nucléaire nord-coréenne
Vue satellitaire d'une installation nucléaire nord-coréenne
AFP
مقالة

Nucléaire nord-coréen: la stratégie de Pékin

Après l’échec d’une rencontre trilatérale en avril 2003 réunissant les États-Unis, la Chine et la Corée du Nord, Pékin s’est lancé dans une médiation internationale sans précédent. La plus importante, sans doute, depuis son entrée à l’ONU en 1979.
بحسب Any Bourrier -

 

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères s’est rendu à Pyongyang et à Washington pour presser les deux parties à renouer le dialogue. Et les autorités chinoises ont déployé des efforts considérables pour que les négociations à six aboutissent à un accord. Les États-Unis n’ayant pas fait la moindre concession, les participants ont quitté Pékin sans avoir obtenu des progrès substantiels, à l’exception de l’engagement de se retrouver dans deux mois.

Aujourd’hui, la Chine revient sur la scène diplomatique pour relancer ses efforts de médiation. Car elle est le pays qui a le plus à perdre si la Corée du Nord persiste à développer son programme nucléaire militaire . Pékin est hostile à toute évolution de Pyongyang vers un statut de puissance nucléaire parce que cela pourrait déclencher une course aux armements dans la région. Ce risque existe déjà au Japon, où les partisans du nucléaire militaire sont de plus en plus nombreux. Des réactions en chaîne pourraient inclure également la Corée du Sud et Taïwan, ces deux pays étant déjà demandeurs d’une protection nucléaire américaine.

Pékin a une deuxième raison de s’inquiéter face à la surenchère nucléaire nord-coréenne : en cas de conflit à ses frontières, la Chine devra accélérer la modernisation de son armée. Les dépenses militaires sont perçues à Pékin comme un obstacle au projet de multiplication par quatre du PNB chinois dans les 20 prochaines années, une croissance jugée indispensable pour assurer la paix sociale.

Enfin, derrière une opposition de façade à la politique des États-Unis vis-à-vis de la Corée du Nord, la Chine a beaucoup à gagner en tant que médiateur entre Washington et Pyongyang. Les autorités chinoises espèrent même obtenir quelques avantages en échange de cette médiation. Par exemple, pour atteindre son objectif d’une croissance annuelle de 7%, Pékin a besoin d’augmenter ses exportations vers les États-Unis. En outre, la Chine compte sur Washington pour empêcher Taiwan de s’engouffrer dans une politique d’indépendance.

Aujourd’hui, la dénucléarisation de la péninsule coréenne n’est plus seulement une occasion de prouver au monde que la Chine peut œuvrer pour la paix. La solution de cette crise est bien sûr nécessaire pour le maintien de la stabilité dans la péninsule coréenne . Mais elle est surtout indispensable pour la stabilité de la Chine elle-même.

النشر بتاريخ 23/01/2017 - التعديل بتاريخ 26/04/2019

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