صوتي

Narendra Modi en France pour vanter le «Make in India»

Le Premier ministre indien lors d'une cérémonie à l'hôtel des Invalides
Le Premier ministre indien Narendra Modi lors d'une cérémonie dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides à Paris, le 10 avril 2015.
Ian Langsdon / Pool / Reuters
Narendra Modi est en visite officielle en France. Arrivé au pouvoir en 2014, le Premier ministre indien cherche à redynamiser l'économie de son pays, avec un mot d'ordre : « Make in India », faire en Inde.

2'53" - Première diffusion le 09/04/2015

Pour l'Inde, le patriotisme économique c'est presque une seconde nature. Avant même l'indépendance, Gandhi avait fait du rouet un symbole national pour inciter ses concitoyens à filer le coton produit sur place, au lieu de laisser le colonisateur britannique l'exporter vers l'Europe. Et bien c'est la même ligne que suit aujourd'hui Narendra Modi, avec la campagne « Make in India » (en anglais) lancée l'automne dernier. Son objectif : créer de l'emploi bien sûr, et transformer ce vaste pays encore en développement en économie avancée.
 
Pas un jour sans que la presse indienne ne célèbre les vertus de fabriquer sur place. Un exemple dans les biotechnologies avec le premier vaccin mis au point en Inde. Le Rovalac immunise contre les diarrhées aigües, souvent fatales pour les enfants des pays en développement. Il a été conçu avec une kyrielle de partenaires étrangers, européens ou américains, mais c'est bien sur place qu'il a été créé et qu'il sera fabriqué. À un prix défiant toute concurrence, moins de un dollar la dose. Autre exemple, toujours lu dans la presse. Le réseau du métro indien est désormais alimenté à 90% par des rames fabriquées en Inde.
 
Est-ce que ça signifie qu'il sera de plus en plus compliqué d'exporter en Inde ?
 
Il faut en tout cas être prêt à s'installer sur place et à transférer la technologie pour remporter un contrat. C'est ce qu'a fait Alstom depuis longtemps. Une nouvelle usine a ouvert récemment pour construire des rames de métro. Le canadien Bombardier a fait de même. L'Inde se rêve en hub industriel pour l'Asie. C'est en partie déjà une réalité dans le domaine ferroviaire puisque des rames de métro, destinées au marché australien, sortent des usines indiennes. New Delhi entend bien creuser ce sillon et le dupliquer.
 
Dans le domaine de la Défense, l'Inde qui est devenue le premier importateur mondial aspire à devenir exportateur. Pour y parvenir, le président Modi libéralise le secteur. Les investisseurs étrangers qui jusqu'alors détenaient au mieux 26% des parts d'une société de Défense peuvent grimper jusqu'à 49%. Dans le ferroviaire, les étrangers peuvent dorénavant être les seuls actionnaires.
 
L'Inde pour le moment ne représente que 2% du commerce mondial
 
Son objectif est de doubler ses exportations dans les cinq ans a déclaré la ministre du Commerce, Nirmala Sithamaran. Pour réaliser ce tour de force, Narendra Modi doit réussir à transformer ce grand pays encore très rural où une personne sur deux vit de l'agriculture en puissance industrielle. L'Inde, avec une population équivalente à celle de la Chine, dispose de trois fois moins de terres arables. Elle doit donc mordre sur les terres agricoles pour réaliser sa mue.
 
Cette évolution bute pour le moment sur l'impossible réforme du foncier. Longtemps spoliés, les paysans disposent depuis 2013 d'un droit de veto sur les grands projets industriels que Narendra Modi cherche à aménager. Mais pas question pour eux de renoncer à leurs droits sur la terre, qui est encore bien souvent leur bien le plus précieux.

النشر بتاريخ 28/02/2017 - التعديل بتاريخ 11/01/2018 - بواسطة Dominique Baillard

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias