Un policier devant un panneau d'affichage représentant le roi Gyanendra et le slogan "Début de la nouvelle ère du Népal" à Katmandou, le 3 février 2005.
Un policier devant un panneau d'affichage représentant le roi Gyanendra et le slogan "Début de la nouvelle ère du Népal" à Katmandou, le 3 février 2005.
Emmanuel Dunand/AFP FILES/AFP
مقالة

Le Népal, entre le monarque et Mao

Alors que la communauté internationale se mobilise pour tenter de restaurer la démocratie au Népal, les associations de défense des droits de l’Homme tirent la sonnette d’alarme. Amnesty International, par exemple, assure que ce pays « est au bord du désastre en matière de droits de l’Homme » depuis le coup d’État du roi Gyanendra début février 2005.
بحسب Any Bourrier -

Il est vrai que la violence monte en puissance dans ce royaume himalayen où depuis 9 ans on tue en toute impunité. Et le coup d’État du roi, qui a renvoyé le gouvernement, pris le pouvoir pour trois ans, décrété d’état d’urgence et accusé son Premier ministre de ne pas avoir réussi à mater la guérilla, n’arrange pas les choses.

Aujourd’hui, c’est l’armée royale népalaise qui contrôle le pays, l’état d’urgence ayant renforcé les forces de sécurité. Inquiète, la communauté internationale a condamné le coup de force royal. L’Inde et la Grande-Bretagne ont suspendu leur aide militaire. Tous souhaitent que la solution de ce conflit soit politique. Le nouveau gouvernement, formé essentiellement de fidèles du souverain, devra tôt ou tard s’asseoir à la table de négociation avec les représentants de la guérilla.

Le renforcement du mouvement maoïste, qui contrôle aujourd’hui deux tiers du territoire népalais, est révélateur d’une crise structurelle profonde. Le régime parlementaire mis en place en 1990 a échoué, miné par les luttes de parti et de factions. La monarchie est discréditée depuis que, le 1er juin 2001, un carnage a décimé la famille royale. Lors d’un repas familial, le prince héritier Dipendra a abattu son père, le roi Birendra, sa mère et ses proches, avant de retourner l’arme contre lui. Son oncle Gyanendra a pu alors monter sur le trône.

Troisième partie du jeu politique népalais, les maoïstes n’ont qu’un objectif : imposer au pays leur programme en 40 points. Ce programme est un fourre-tout de revendications politiques, sociales et nationalistes. Dans leur discours, les rebelles reprennent les thèmes chers au dirigeant chinois Mao Tse-tung, comme la réforme agraire ou la lutte contre les discriminations des castes. Alors que le Népal est la seule monarchie officiellement hindoue au monde, les maoïstes prônent l’installation d’un état séculier et l’abolition des privilèges royaux.

La guerre civile que les rebelles ont déclenchée en 1996 a fait environ 11 000 morts. Et rien ne permet d’affirmer que la spirale de la violence s’arrêtera un jour dans le 12e pays le plus pauvre du monde où le revenu annuel par tête ne dépasse guère les 200 euros.

النشر بتاريخ 10/07/2017 - التعديل بتاريخ 11/07/2017

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