Le conseil de sécurité des Nations Unies à New YorkReuters Eduardo Munoz
Le conseil de sécurité des Nations Unies à New York
Eduardo Munoz / Reuters
Lors de la crise diplomatique qui a précédé la guerre en Irak, la Chine a adopté une attitude ambiguë: Pékin a désapprouvé les choix de la Maison Blanche et s’est opposé à la guerre, tout en donnant gages aux différents protagonistes du conflit.
بحسب Any Bourrier -

Aux Américains, la Chine a adressé des condamnations de principe assorties de protestations d’amitié. Aux Irakiens et à ses voisins, des paroles assez vagues pour ne pas froisser Israël. Et, au sein de l’ONU, le gouvernement chinois a toujours évité de brandir la menace d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité. L’objectif de Pékin a été de maintenir de bonnes relations avec toutes les parties, dans n’importe quelle circonstance.

Mais à Genève, la Chine va s’aligner sur les contre-propositions de la France, élaborées conjointement avec l’Allemagne. Ces deux pays ont été les plus fermes opposants au déclenchement du conflit. C’est la première fois que la diplomatie chinoise s’engage dans une voie aussi complexe. Ce choix s’explique surtout par la volonté de faire entendre la voix de la Chine sur tous les grands dossiers internationaux.

Mais comme la priorité demeure son insertion dans l’économie mondiale, il est clair que la Chine ne va prendre aucun risque militaire dans l’affaire irakienne. Une participation chinoise à une force de sécurité onusienne est donc impensable. « Dans la situation actuelle, l’Irak est instable et il y a de nombreuses difficultés dans le pays », a déclaré à la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Kong Quan.

Cette prudence s’explique par une longue tradition de ne pas s’engager dans des conflits hors de ses frontières. La diplomatie chinoise a toujours refusé de participer à des aventures lointaines. D’ailleurs, à l’exception du pétrole, la Chine n’a pas d’intérêts majeurs dans la région. Ses experts sont d’ailleurs très pessimistes quant à l‘avenir du Proche-Orient, une zone dangereuse car elle reste le principal foyer d’agitation islamiste dans le monde. Or, les dirigeants chinois ont de sérieux problèmes avec les Ouïghours musulmans de la province du Xingjiang, en rébellion contre le pouvoir central depuis plus d’un demi-siècle.

Mais comme sa croissance engendre des besoins en énergie considérables, la Chine est contrainte aujourd’hui de prendre position dans cette crise. Le gouvernement chinois va donc soutenir les propositions d’amendement faites par Paris, Berlin et Moscou. Des propositions qui visent à transférer les pouvoirs de l’administrateur américain en Irak Paul Bremer au secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan.

النشر بتاريخ 09/01/2017 - التعديل بتاريخ 20/05/2019

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