« Volcans de France », un livre de Frédéric Lécuyer
Éditions De Borée.
مقالة

«Volcans de France», un livre de Frédéric Lécuyer

Le volcanologue et chercheur en sciences de la Terre Frédéric Lécuyer a publié aux éditions De Borée un ouvrage intitulé « Volcans de France ». Un beau livre composé de textes scientifiques mais aussi de graphiques didactiques et de photos impressionnantes. L'occasion d'en savoir plus sur la volcanologie.
بحسب Isabelle Artus -

Isabelle Artus : Vous venez de publier Volcans de France, pourquoi avoir voulu parler particulièrement des volcans français que l’on pense inactifs ?

Frédéric Lécuyer : En fait, j’ai vu mes premiers volcans en Aubrac, dans le sud du Massif central français. Depuis, je ne cesse de faire des allers-retours entre les volcans actifs et les volcans plus anciens, en particulier ceux d'Auvergne, la plus grande province volcanique d’Europe du point de vue de la quantité de magma produit. J’ai voulu emmener le lecteur visiter cette belle région volcanique d’Europe et ses anciens volcans disséqués par l’érosion, ce qui nous permet de pénétrer jusqu'à leur cœur. La connaissance des volcans anciens alimente celle des volcans récents en activité, et vice-versa, c’est pourquoi je pense qu'il est important de faire, en quelque sorte des « allers-retours » permanents, dans ce domaine des sciences de la Terre.

IA : Qu’apporte une étude comparative entre les volcans anciens du Cantal qui datent de soixante millions d’années avec des  volcans en éruption actuels comme par exemple l’Eyjafjöll en Islande qui a paralysé le ciel européen en avril 2010 ?

FL : En ce qui concerne l’Eyjafjöll, on peut le comparer au Sancy en Auvergne : dans les deux cas toute une partie du volcanisme a été sous-glaciaire. De nombreux volcanologues s'intéressent dans le monde aux volcans actifs. Ils observent et étudient des éruptions qui se produisent sous la glace, comme les éruptions récentes en Islande. Ils analysent et identifient des roches caractéristiques. Lorsque d'autres géologues retrouvent des roches similaires dans les vieux volcans, ils peuvent établir des analogies, reconnaissant alors de quoi ces roches se sont formées, il y a longtemps, pendant des éruptions sous-glaciaires. Les éruptions récentes comme celles qui ont eu lieu en Islande apportent en quelque sorte un éclairage sur ce qui s'est passé concernant les volcans anciens.

IA : Vous êtes chercheur en sciences de la Terre, de quoi s’agit-il ?

FL : Les sciences de la Terre comprennent trois domaines : la géologie, la géophysique et la géochimie qui s’attachent toutes les trois à essayer de comprendre comment fonctionne notre planète. La géologie passe par l'étude des roches et la façon dont celles-ci se sont mises en place aux cours des temps géologiques. La géophysique et la géochimie usent de moyens plus techniques et abordent une étude de la Terre au moyen d'études physico-chimiques des roches et des gaz de la planète. Ces trois domaines sont complémentaires pour les connaissances concernant les volcans.

Elles permettent d'appréhender des phénomènes potentiellement dangereux comme des volcans ou des tremblements de terre, et d’aboutir à une prévention. Elles regroupent aussi la recherche d’énergie fossile, de métaux mais aussi la géothermie, cette énergie qui provient du centre de notre planète. Les sciences de la Terre font également référence à la biologie, la physique et la chimie, et font donc appel à tout un éventail de sciences très différentes.

Les sciences de la Terre ont pour objectif de mieux connaître la planète.

 

IA : Vous organisez des voyages de découverte et connaissance des volcans en France et en Asie, des conférences tous publics, est-ce que la vulgarisation a du succès ?

FL : Tout d’abord, j'aimerais préciser que pour moi, le terme de « vulgarisation » a été un peu galvaudé. Je préfère plutôt parler de diffusion scientifique. En effet, nous sommes dans un monde où, fort heureusement, la curiosité pour les sciences et techniques est de plus en plus grande et les personnes qui, comme moi, communiquent leurs passions pour les sciences, sont de plus en plus sollicitées.

Cependant, je dois admettre que la diffusion scientifique en volcanologie est particulièrement attractive. Les spectateurs sont vite subjugués par les images de volcans actifs lors de la projection de mes films pendant les ciné-conférences que j'organise. Naturellement déjà, ils sont fascinés et parfois un peu effrayés par le monde des volcans mais l’émerveillement reprend toujours le dessus.

IA : En France, des volcans pourraient-ils se réveiller ?

FL : Non, aucun volcan de France métropolitaine ne peut, selon toute vraisemblance, se réveiller. En Auvergne, les dernières éruptions que l'on doit au complexe volcanique du Pavin-Montchal et Montcineyre remontent à 6700 ans, ce qui est relativement jeune. Mais à l'heure actuelle, les volcans d'Auvergne n'ont plus de chambre magmatique superficielle, donc en quelque sorte n'ont plus de « matière première éruptive ».

Pourtant, cela ne veut pas dire qu'il n'y aura plus d'éruption en France et plus particulièrement en Auvergne. En effet, il y a du volcanisme dans le Massif central depuis 60 millions d'années. Donc, un jour ou l'autre, de nouvelles éruptions feront encore naître un ou plusieurs volcans en Auvergne, mais pas avant plusieurs centaines ou peut-être même, milliers d'années ! Alors, patience !

النشر بتاريخ 05/10/2017 - التعديل بتاريخ 08/06/2018

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