Le président de la BCE Mario Draghi lors de la réunion à Francfort, le 22 janvier 2015.
Le président de la BCE Mario Draghi lors de la réunion à Francfort, le 22 janvier 2015.
Kai Pfaffenbach/REUTERS
مقالة

Réunion de la BCE à Francfort: une révolution s'amorce

C'est une véritable révolution qu'a amorcée la Banque centrale européenne. L'institution se lance en effet dans un vaste programme de rachat de dettes. C'est une pratique dont la FED, la Réserve fédérale américaine, est une habituée, mais en Europe, il faut bien le dire, c'est une grande première
بحسب Dominique Baillard -

Concrètement, ce vaste plan de rachat concerne la dette des entreprises et la dette des États, de loin le marché le plus important. Dès le mois de mars, les Banques centrales des 19 pays membres de la zone euro vont racheter des emprunts d’État pour un montant global de 60 milliards d’euros chaque mois. 60 milliards d’euros seront injectés dans la zone euro, et cela au moins jusqu’en septembre 2016. C’est une planche à billets grand format qui a été dessiné cet après-midi à Francfort. Le but c’est de ramener l’inflation dans la zone des 2%.

Un plan à la hauteur de ce qu’on attendait ?

Vu le montant de l’argent frais qui va être émis, vu la durée du programme, cet assouplissement monétaire a bien la bonne taille, le bon timing. C’est l’avis des marchés. Wall Street était euphorique à l’ouverture. Les investisseurs disent merci Monsieur Draghi. L’autre bonne nouvelle c’est qu’il a été adopté à une large majorité au sein du Conseil des gouverneurs, il y a donc au sein de la zone euro un élan pour que ça marche.

Quant aux pays qui restent hostiles, on imagine bien sûr que les Allemands s’ils n’ont pas voté contre, n’ont certainement voté en faveur de ce plan, ont de quoi être rassuré. Seulement 20% de ces rachats de dettes publiques seront soumis à un régime de risque partagé, pour le reste chaque Banque centrale devra assumer le risque.

Quels sont les effets qu’on peut attendre ?

Mario Draghi l’a répété pendant toute la conférence de presse, l’objectif c’est de mieux faire circuler l’argent, de donner du crédit aux entreprises pour relancer la machine, avec un but ultime : ramener un peu d’inflation. Est-ce bien utile alors que le crédit est déjà très bon marché ? À quoi bon acheter des obligations allemandes, ça ne servira pas à la Grèce ? Voilà les questions de ceux qui doutent du bien-fondé de ce plan de relance monétaire. Le patron de la BCE a répondu en partie à ces critiques, il rappelle que l’argent circule librement en Europe et imagine que les gains réalisés à Berlin se diffuseront ailleurs.

Enfin le président de la Banque centrale européenne a rappelé que la BCE achètera n’importe quel titre, c’est-à-dire y compris ceux qui en ont le plus besoin, les pays du Sud, y compris la Grèce - a précisé Mario Draghi - aux conditions actuelles du marché. Enfin le président de la BE a insisté sur l’importance des autres politiques mises en œuvre pour restaurer la confiance dans la zone euro. Il y a d’une part le plan d’investissement promu par la Commission et puis les réformes en cours dans les pays en crise. L’assouplissement quantitatif n’est pas l’alpha et l’oméga, mais un outil dans une palette multiple. Et si jamais ça ne marche pas ? Cette question-là n’est pas encore une question d’actualité à Francfort. À tous ceux qui lui demandent s’il a un plan B, Mario Draghi répond qu’il préfère pour l’instant se consacrer entièrement au plan A.

النشر بتاريخ 16/12/2015 - التعديل بتاريخ 28/09/2018

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