sommet informel bruxelles
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande au sommet de Bruxelles, le 23 mai 2012.
François Lenoir / Reuters
مقالة

Les Européens partagés sur les euro-obligations

Lors de leur réunion informelle le 23 mai 2012 à Bruxelles, les Européens ont une nouvelle fois affiché leurs divergences sur l’opportunité de créer des euro-obligations. Les euro-obligations sont-ils la solution pour mettre fin à la crise de la dette souveraine ?
بحسب Myriam Berber -

Les euro-obligations ont été au menu des discussions des chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept mercredi 23 mai 2012 à Bruxelles. Un sujet qui est loin de faire consensus entre les dirigeants européens. L’idée de ces euro-obligations est une dette unique pour tous les pays de la zone euro. Si la zone euro mutualisait l’ensemble de ses dettes nationales, cela permettrait aux États les plus fragiles de se financer à des taux d’intérêts bien plus avantageux que ceux exigés aujourd’hui par les investisseurs.

Cela empêcherait également les marchés d’attaquer un État en particulier et renforcerait, à terme, la gouvernance économique européenne autour d’une réelle discipline budgétaire collective. Mais pour s’endetter en commun, et donc prendre des risques ensemble, cela implique de se faire confiance et de trouver des compromis entre pays du Nord et du Sud.

Un outil contre la spéculation

L’Allemagne y est opposée, car pour la chancelière Angela Merkel, « les euro-obligations ne sont pas une contribution à la croissance ». La Finlande, les Pays-Bas ou la Suède n’y sont également pas favorables. Berlin a émis, mercredi, des titres à 0%. Pourquoi devrait-elle emprunter plus cher, pour que l’Espagne, l’Italie et la Grèce se financent à un meilleur taux ? « Au nom de la solidarité européenne », rétorque la France qui a le soutien de plusieurs pays, au premier rang desquels l'Italie et le Luxembourg, et la Commission européenne qui a publié en novembre dernier un Livre vert sur le sujet.

Et en juin, ce devrait être au tour du président de l’Union européenne de présenter un rapport sur les principales étapes en vue de l’approfondissement de l’Union monétaire. Parmi les pistes de travail, Herman Van Rompuy a cité notamment les fameuses euro-obligations.

Après les euro-bonds, les « project bonds »

Autre sujet qui fâche Berlin et Paris, c’est la question des « project bonds ». Souvent associés, ces deux outils de financements européens sont pourtant différents. « Les project bonds » sont également des emprunts lancés en commun par plusieurs pays européens mais leur objectif est de financer des grands projets d’infrastructures. Pour François Hollande, ces « project bonds » sont des instruments financiers intéressants, dont « il faudra amplifier les volumes », car ils vont permettre de « relancer la croissance ».

Un accord, qui doit être encore validé par les Vingt-Sept, vient d’être trouvé avec le Parlement européen pour lancer une opération pilote visant à financer des grands projets d’infrastructures. Ces premiers « project bonds » bénéficieront de 230 millions d’euros de fonds européens non utilisés.

Par un effet multiplicateur, avec le concours de la Banque européenne d’investissement et des financements privés, ils devraient permettre de mobiliser jusqu'à 4,5 milliards d’euros pour financer dès juillet cinq chantiers dans les transports, l’énergie et l’économie numérique.

النشر بتاريخ 17/12/2015 - التعديل بتاريخ 28/09/2018

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