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Le cacao doit-il se méfier du « démon » de la surproduction ?

Le cacao doit-il se méfier du « démon » de la surproduction ?
Des planteurs de cacao.
RFI/Maureen Grisot
Alors qu'on évoque souvent le risque d'une pénurie de cacao sur la planète, le directeur général de l'Organisation internationale du cacao surprend, en appelant les pays producteurs à ne pas trop augmenter les tonnages.

01'51" - Première diffusion le 10/03/2015

Le cacao doit se méfier du « démon de la surproduction ». Cette déclaration de Jean-Marc Anga, directeur général de l'ICCO, l'Organisation internationale du cacao, a de quoi surprendre alors que l'industrie du chocolat continue de prédire au contraire une pénurie de cacao dans quelques années. La vérité est sans doute entre les deux. Il est vrai que la demande à long terme est prometteuse dans les pays émergents ; les grands fabricants de chocolat, de Nestlé à Barry Callebaut, les traders et broyeurs comme Cargill ou Olam, craignent de devoir se disputer le cacao à prix d'or après 2020. Mais attention à ne pas augmenter trop vite les tonnages, prévient l'ICCO qui, elle, représente les pays fournisseurs de fèves.

Entraînés par « le démon de la surproduction », ils pourraient voir fondre les cours du cacao, les revenus des producteurs et des États. Comme dans les années 1980 : la Côte d'Ivoire produisait trop, dix ans après avoir planté énormément de cacaoyers pour répondre à l'engouement croissant pour le chocolat dans les années 1970. La production ivoirienne, la première au monde, connaît à nouveau un essor remarquable. Grâce à une météo favorable et à des prix bord champs plus confortables pour les planteurs, 1,720 million de tonnes de cacao sont attendues d'ici octobre 2015, la deuxième plus grosse récolte de l'histoire après celle de l'an dernier (1,740 million).

« C'est énorme » pour le bilan mondial, estime Jean-Marc Anga, et ce malgré le recul de la production ghanéenne, deuxième au monde, qui a davantage souffert de l'Harmattan, d'une hémorragie de la main-d’œuvre vers les mines d'or et d'une correction des statistiques par l'État ghanéen. L'ICCO estime que la seule issue est une « augmentation raisonnable » de la production de cacao et la diversification des cultures par les planteurs. Car le broyage des fèves a beaucoup ralenti au cours des derniers mois sur tous les continents. C'est un marché mondial quasiment à l'équilibre qui se profile en 2014-2015, selon l'ICCO. Pas de pénurie de chocolat à l'horizon, avec des stocks équivalant à cinq mois de consommation.

النشر بتاريخ 22/02/2016 - التعديل بتاريخ 31/10/2017 - بواسطة Claire Fages

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