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Trône

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un discours du trône bien particulier a été prononcé hier. Traditionnellement, c’est le ou la monarque en titre qui le prononce, c’est-à-dire la reine d’Angleterre. Mais il ne s’agit pas seulement de lire un texte : toute la cérémonie répond à un code compliqué et précis. La reine quitte d'abord Buckingham pour rejoindre Westminster en calèche. Puis, un représentant des Lords doit frapper à la porte de la Chambre des communes, qui lui est fermée au nez, pour marquer l’indépendance de cette Chambre par rapport au pouvoir monarchique. Il frappe à nouveau et on lui ouvre. La reine peut alors s’asseoir sur le trône pour lire les principaux objectifs du gouvernement. La nouvelle session parlementaire est alors ouverte. Et bien, la reine d’Angleterre a cédé sa place à son fils, Charles, prince de Galles, assis sur le trône généralement réservé à l’époux de la reine, le prince consort. 

Mais on voit bien, grâce à cette expression « discours du trône », que cet élément est un symbole important de la royauté : au sens propre, il désigne le siège d’apparat sur lequel le monarque s’assoit, dans cette posture qui est la représentation même de son pouvoir. Posture immobile, hiératique, qui fait qu’on se le représente plus comme une image, un tableau, que comme un être humain, si puissant soit-il. 

D’ailleurs, la plupart des emplois anciens de ce mot sont religieux. Trône dérive du grec thronos, un mot fréquent dans la langue grecque des anciens textes chrétiens : c’est le siège où Dieu est assis, et d’où il domine le monde sur lequel il règne. Ce trône est donc censé être placé en hauteur : Dieu règne depuis le ciel. Mais en même temps, cette position définit la terre comme le monde sur lequel Dieu peut se pencher : il règne davantage sur notre Terre que sur un univers sans borne, où l’homme aurait à peine sa place. 

Si le mot est symbolique, cela explique bien quelques expressions imagées qui ont une relation avec la fonction monarchique : monter sur le trône, accéder au trône signifie exercer l’autorité royale. 

Quelques mots ont été construits à partir de ce terme : trôner, qui signifie être sur le trône, mais habituellement s’emploie pour quelqu’un qui a une place d’honneur. Lors d’un banquet, d’un repas de gala, d’une séance officielle, on trône quand on est placé de façon centrale. Et on a souvent l’impression d’ailleurs que celui qui trône se pavane, se rengorge, qu’il jubile d’être cette place : toute son attitude prouve bien son contentement d’être là. 

Le verbe détrôner existe aussi, avec une valeur plus souvent figurée que littérale. On peut bien sûr détrôner un roi, mais fréquemment on détrône un chef, ou même un champion : on détrône celui qui détient un record sportif par exemple, quand on fait mieux que lui et qu’on lui ravit son titre, ou sa place. 

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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