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Système

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La chute de Bouteflika semble éclairer l’Algérie d’une lumière d’espoir qu’elle n’a pas connu depuis longtemps : comme si tout le pays était en état de grâce, avec néanmoins des inquiétudes certaines : le départ du chef de l’État n’est-il pas un moyen habile de sauver le système, de le conserver en ayant changé quelques apparences et supprimé un personnage-symbole qui incarnait trop une idée de vieillissement et de rigidité ? Autrement dit va-t-on changer quelques détails dans le système ou va-t-on abandonner ce système ?

Ce mot s’entend en permanence dans les commentaires de la situation. Mais uniquement dans la bouche de ceux qui dénoncent cette manière de gouverner : le mot est négatif et personne dans la proximité du pouvoir n’évoque ce fameux système. Pourquoi a-t-il une si mauvaise réputation ? C’est qu’il représente une architecture compliquée et rigide. Comme un maillage qui va du haut en bas du fonctionnement social et qui contrôle tout, au travers duquel on ne peut passer. Avec le plus souvent des structures hiérarchisées qui le soutiennent : ce peut être l’armée. Ce peut être aussi un parti politique. Ce qu’on appelle souvent un appareil. Et ce mot s’est beaucoup employé aussi à propos du fonctionnement soviétique.

Tout cela implique évidemment des habitudes, un protocole, un mode d’emploi qu’il faut connaître, des échelons qu’il faut gravir si l’on veut faire son chemin. Mais aussi une interdépendance de tous les éléments de ce système. Rien n’est en roue libre, et rien n’échappe à cette machinerie. La comparaison avec un ensemble mécanique, de poulies, d’engrenages, don contrepoids vient facilement à l’esprit. Ce qui explique qu’on puisse imaginer qu’on est facilement broyé par le système si on ne se plie pas à ses exigences. L’image est effrayante et très mécanisée, ce qui donne à ce fameux système une allure totalement déshumanisée et impersonnelle.

Ce mot de système a un autre sous-entendu : la corruption ! Comme si tous les éléments se tenaient, car chacun avait quelque chose à se reprocher, et pouvait être dénoncé s’il tentait lui-même de dénoncer ce système.

On a eu donc souvent, et en particulier en France des candidats qui se prétendaient anti-système. Mais bien souvent c’était une façon commode de masquer une absence de programme politique, et de dénoncer le fonctionnement démocratique, comme si tout était à mettre dans le même panier corrompu… ce qui favorise souvent un rejet massif et parfois raciste ou antisémite d’une catégorie de population qu’on tient pour responsable de tout, et à qui on attribue un immense pouvoir secret et une volonté de tout diriger en sous-main.

Mais on peut revenir à ce mot de système qui a des emplois qui n’ont rien à voir avec la politique, mais qui témoignent bien de ce lien entre toutes leurs parties : le système solaire par exemple, où chaque élément gravite autour d’un autre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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