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Scrutin

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Journée de vote aujourd’hui dans différents pays, notamment au Royaume-Uni et en Algérie. Des scrutins bien différents, puisqu’il s’agit d’élection présidentielle en Algérie, qu’elle soit suivie ou boycottée, et d’élections générales au Royaume Uni, pour élire les 650 députés de la Chambre des Communes. Mais le mot de scrutin s’entend pour les deux consultations. Un mot courant mais dont l’usage témoigne quand même d’une langue surveillée. Dans un vocabulaire politique, journalistique, le scrutin désigne donc l’ensemble des opérations de vote. Et l’on parle de mode de scrutin pour préciser les règles de l’élection : scrutin uninominal, quand chaque électeur vote pour un seul candidat, scrutin par liste, scrutin majoritaire etc.

L’évolution de sens du mot est assez étrange puisqu’il dérive d’un mot latin qui signifie fouiller et qui a donné le verbe français scruter. En fait il s’agit d’examiner l’état de l’opinion.

Est-ce à partir de ce mot scrutin qu’on explique le mot scrutateur ? Oui et non… On appelle aujourd’hui scrutateur celui qui dans un bureau de vote surveille que tout se passe conformément aux bonnes règles. Il est donc là pour empêcher les tricheries et les fraudes. Et pour ouvrir l’œil, pour scruter. En même temps on sait que le mot existait jadis avec un sens différent et religieux : le scrutateur était un genre de directeur de conscience, qui examinait le fond de l’âme de ceux et celles qui se confiaient à lui. Et sous l’influence du mot scrutin, il a pris le sens politique qu’on lui connait de nos jours.

Alors lorsqu’il y a un scrutin, on va aux urnes. Là encore c’est une expression figurée, mais moins officielle et administrative que le scrutin : plutôt une image, et qui est en faveur auprès des journalistes. Quand il y a un scrutin, on est appelé aux urnes.

Une urne, au départ, c’est un vase, un récipient. Et le mot est encore très présent dans ce sens lorsqu’on parle d’urne funéraire, qui renferme les cendres d’un mort. Mais dans l’Antiquité grecque, on déposait, pour exprimer son opinion, un jeton ou une boule dans une amphore, dans ce réceptacle qu’on a traduit aujourd’hui par le mot urnes en français. On appelle donc ainsi les boites fermées, qui présentent une fente sur leur couvercle dans laquelle on peut glisser son bulletin de vote. Le mot a donc souvent pris un sens assez général pour désigner le processus du vote. Et on le retrouve pour désigner un certain type de fraude : on bourre les urnes quand on rajoute des bulletins qui ne correspondent à aucun vote. Ou même quand on dépose des bulletins au fond de l’urne avant même le début de la consultation. Mais de façon générale, on dit bourrer les urnes quand il y a des tripatouillages et des manipulations frauduleuses au moment d’une consultation populaire.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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