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Rêve chinois

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Dans l’écho des manifestations qui célèbrent le 70e anniversaire de la République populaire de Chine, on revient beaucoup sur une formule lancée entre autres par l’actuel dirigeant de la Chine, Xi Jinping, qui met en avant le « rêve chinois ». De quoi est-il constitué ? De façon assez étonnante, il semble viser un genre de capitalisme d’État, une puissance économique mondialement au premier plan, contrôlée par un système étatique très puissant. Ce « rêve chinois » d’aujourd’hui est donc certainement bien différent des ambitions de Mao comme le soulignent les informations de Rfi. Mais il s’agit bien d’un certain projet de société, d’un certain désir de société et de son image officielle. Et le mot rêve est souvent associé à ce type de projection. À l’opposé du rêve chinois, on se souvient bien sûr du rêve américain, autre expression toute faite, probablement moins employée aujourd’hui, mais qui a eu un immense succès, même si assez vite, on l’a mise en perspective, si on l’a critiquée, si on a ironisé sur sa naïveté.

Ce qu’on a longtemps appelé le rêve américain (et parfois encore aujourd’hui) correspond bien davantage à une société très libérale où c’est la réussite individuelle de chacun qui est reconnue et honorée. Du moment que vous réussissez, que vous faites du profit, l’état ne vous posera pas trop de questions. Mais il est entendu que chacun, même partant de rien, peut arriver au sommet. C’est-à-dire le plus souvent à la richesse.

Alors ces deux rêves, le chinois et l’américain, ont beau être tout à fait opposés, le mot rêve correspond bien à une image semblable : un horizon à atteindre. Lointain au point qu’il en paraît inaccessible… et pourtant ce cheminement est possible. Et cette idée du rêve correspond souvent à ça : un rêve c’est un souhait qui concerne un avenir lointain, qui semble un peu fou, irréalisable, trop ambitieux, mais en même temps qui montre la direction : je rêve qu’un jour… On pense au discours très célèbre de Martin Luther King : je fais un rêve… qu’un jour il n’y ait plus de barrière liée à la couleur de la peau entre les humains.

Pourquoi ce glissement de sens à partir de ce mot qui au départ désigne l’activité mentale pendant le sommeil ? Parce que depuis longtemps on a attribué au rêve des sens particuliers : rêve prémonitoire c’est-à-dire qui prévoit ou annonce l’avenir, rêves prophétiques, rêves visionnaires. Le rêve a donc facilement un rapport avec le futur. Et puis plus proche de nous, on se souvient que l’analyse des rêves a été l’une des premières clés d’entrée de Freud dans la connaissance de l’inconscient : le rêve traduit un désir inconscient. En croisant ces deux particularités des rêves, on comprend mieux pourquoi on utilise le mot pour désigner un but lointain : cela tient à la fois à l’avenir et au souhait !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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