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Repentance

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

L’historien Benjamin Stora vient de remettre au président de la République le rapport qui lui avait été commandé il y a quelques mois sur la question de la mémoire de la colonisation en Algérie et sur la guerre d’indépendance. Et Stora ne préconise pas, ne conseille pas une politique de repentance, et met plutôt en avant des notions de reconnaissance et de vérité. D’une certaine façon, c’est miser sur l’histoire plus que sur la morale : pas d’excuses d’état mais en finir avec les mensonges, les dénis, les non-dits. Ce qui est particulièrement important pour une guerre qui pendant longtemps n’a pas été considérée comme telle par l’état français : pendant la guerre d’Algérie, on parlait en France des « événements » d’Algérie. Mais si Stora se déclare opposé à une politique de repentance, le mot existe malgré tout et connait un succès évident depuis quelques années : une position qui fait se repentir les états et les générations d’aujourd’hui des politiques menées quelques générations auparavant. Alors qu’est-ce que ce mot ?

Repentance n’est pas un mot vraiment moderne, même si on l’emploie beaucoup plus qu’auparavant. On le trouve en français depuis le 12ème siècle, et les dictionnaires usuels jusqu’à une époque récente, le présentaient même comme vieilli ou littéraire. Un « souvenir douloureux, regrets de ses fautes, de ses pêchés. » Cette définition convient-elle encore aujourd’hui ? Oui… et non : elle est juste mais pas assez précise. De nos jours, lorsqu’on parle de repentance, il s’agit également d’un repentir qui agit pour autrui. Comme si les crimes du passé avaient entaché l’Etat d’aujourd’hui toute entier, et qu’il faille se repentir. Mais si dans le vocabulaire politique, on parle de nos jours de repentance et non de repentir, c’est que ce dernier mot est profondément lié au dogme catholique, et qu’il ne serait peut-être pas très bienvenu, pour un état laïque de l’utiliser.

Et les excuses d’Etat alors ? Là encore, on est dans une configuration un peu analogue : on présente des excuses pour des crimes commis dans le passé, par un gouvernement qui était l’ancêtre du gouvernement actuel. En est-on l’héritier ? Ce n’est pas sûr, mais la continuité de l’état explique peut-être ces manifestations.

On a bien en tout cas la signification très chrétienne du sentiment de la faute, même s’il s’agit de la faute commise par un autre : n’est-ce pas toute la thématique du pêché originel ?

Maintenant l’origine du mot repentir ou repentance est intéressante. Le re est un préfixe à valeur intensive : on en rajoute un peu. Quant au –pentir, il provient d’une famille latine qui signifie être mécontent de soi. Il s’agit dont de s’en vouloir, mais aussi de souffrir du souvenir de sa mauvais action. Etre rongé de remords, cette autre expression, bien que plus familière et bien moins religieuse, reprend un peu la même idée et la même sensation.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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