#تعلم الفرنسية من خلال الأخبار

Ratissage

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les opérations de ratissage se poursuivent au Niger, surtout dans l’ouest du pays, depuis l’attaque terroriste. Une phrase entendue sur RFI et dont le sens est clair : même si on ne connaît pas précisément le sens du mot, on le devine : ratisser, c’est rechercher, et de façon assez systématique. C’est scruter un territoire, et l’explorer, en essayant de ne laisser de côté aucune portion de terrain, pour débusquer celui ou ceux qu’on cherche, même s’ils se cachent bien. Il existe un synonyme bien proche de ce mot imagé : on parle de quadrillage, et on redouble le geste évoqué : comme si on ratissait d’abord en avant puis en arrière, avant de ratisser latéralement, de long en large, pour être sûr de ne laisser personne inaperçu.

Alors, on ratisse, comme avec un râteau. Et on sait bien ce qu’est cet instrument, qui appartient d’abord au jardinier. Une sorte de fourchette, à plusieurs dents, qui sert en premier lieu à ramasser les feuilles mortes. Avant de se ramasser à la pelle, elles sont regroupées au râteau. On fait donc glisser l’instrument par terre, les feuilles se coincent entre les dents, et on les amène où on veut.

On dit même parfois qu’on ratisse large : drôle d’expression assez illogique d’ailleurs. Au sens littéral, si on ratisse large, c’est peut-être que les dents de votre râteau sont très écartées. On ne recueillera que les plus grosses pierres, les plus grosses feuilles. Les autres pourront passer entre les mailles du filet – voilà une autre image, assez proche ! Et pourtant ratisser large signifie autre chose. C’est plutôt ratisser au large, aller chercher ceux qui ne sont pas directement dans votre chemin, mais peut-être à l’écart. L’expression, de manière légèrement péjorative, peut s’employer lors d’une campagne électorale : celui qui ratisse large est celui qui va chercher, ou séduire des électeurs loin de sa base traditionnelle. Il essaie de rameuter des troupes, de récupérer ceux qui sont aux marges de son électorat traditionnel, quitte à développer un argumentaire un peu racoleur. Et c’est pour ça que l’expression est péjorative : on est peut-être un peu léger par rapport à ses convictions si on ratisse large : le désir d’emporter l’adhésion est plus fort que le reste !

Maintenant le râteau en tant que tel est au centre d’une autre image pittoresque, et relativement récente. On se prend un râteau, c’est-à-dire une déconvenue amoureuse : on vous dit « non ! », on vous repousse. Un camouflet d’une certaine façon, mais ce dernier mot, qui appartient à une langue plus journalistique, est davantage réservé à la politique.

Pourquoi un râteau ? L’image est cruelle, mais désopilante, et fait penser au début du cinéma, à l’époque du muet : on a bien sûr l’arroseur arrosé, mais on a aussi le distrait qui marche sur un râteau, sur ses dents verticales. Mécaniquement le râteau se redresse, et son manche vient frapper de plein fouet le front de l’étourdi !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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