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Plan Marshall

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un « plan Marshall » pour le tourisme français ! C’est l’un des titres que j’ai relevés dans les informations de Rfi hier. Un titre qui suscite l’attention et qui est développé dans l’article lui-même : on nous explique que le tourisme étant l’un des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, le gouvernement français veut entamer des opérations massives d’investissements ou de prêts pour relancer l’économie touristique. C’est bien ce qu’indique ce titre qui utilise cette référence historique comme une image. Comme si cette expression « plan Marshall » était devenue un nom commun. Alors n’exagérons rien, ce n’en est pas un. Mais c’est une formule, qui appartient aux vocabulaires politique ou journalistique, et qui frappe. Et qu’on peut utiliser régulièrement pour parler d’un processus d’aide à un secteur sinistré, dans un état catastrophique, et qui risque de ne pas s’en sortir du tout s’il n’y a pas cette aide. Mais attention, il ne s’agit pas d’une petite aide, ou d’une aide ponctuelle. Il s’agit d’un plan de sauvetage massif, sur une grande échelle. Et c’est bien cela que pointe l’expression. Dans une récente allocution, à un autre propos celui de l’aide à la culture, le Président de la République annonçait que le gouvernement allait « mettre le paquet » ! L’expression était familière ; elle l’était délibérément, pour marquer les esprits, montrer que le gouvernement allait se mobiliser fortement. Et bien, quand on parle de plan Marshall, on vise le même effet, en plus fort encore : c’est qu’on va mettre un sacré paquet ! Alors pourquoi cette référence, et quel est-il ce fameux plan Marshall, enfin, le premier, le vrai, celui qui a donné naissance à l’expression figurée ?

Il date de 1947, lorsqu’après la guerre, l’Europe est dévastée, que les économies des pays européens sont dans un état désastreux. En ce qui concerne les pays liés à la Victoire, opposés à l’Allemagne : le  Royaume-Uni d’abord, mais aussi par exemple la France vaincue qui a subi quatre années d’Occupation. Et dans l’autre camp, l’Allemagne bombardée et détruite, et l’Italie. Les Etats-Unis, qui se porteront mieux si l’Europe redevient florissante, font donc des sacrifices, un peu intéressés peut-être, d’autant que ça leur permet de marquer leur territoire d’influence face à l’Union Soviétique. Mais ils donnent beaucoup d’argent pour aider à la reconstruction des pays d’Europe. C’est tout cela qu’on a appelé le Plan Marshall, du nom du Secrétaire d’Etat américain George Marshall, qui l’a annoncé le premier. Ce plan Marshall est-il un cas à part ou y a-t-il d’autres exemples de faits historiques qui deviennent des modèles, des exemples ou simplement des illustrations, des images parlantes ? On peut penser à Grenelle ! On a parlé du Grenelle de l’Environnement, du Grenelle des violences conjugales. Il s’agit donc de discussions et de négociations qui portent sur l’état de la loi et des dispositions officielles dans tel ou tel domaine. Et si on appelle ça Grenelle, c’est en référence aux pourparlers qui avaient mis en présence des représentants des travailleurs, du patronat et de l’état fin mai 1968, pour mettre fin aux grèves et à la crise qui venait de situer la France. Pourquoi Grenelle ? Parce que tout cela s’était déroulé au ministère du Travail, à Paris, rue de Grenelle. Et sans cela, ce qui peut venir à l’esprit, c’est bien sûr également la Bérésina, épisode catastrophique de la retraite de Russie de Napoléon Ier qui symbolise bien un fiasco total, un désastre.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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