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Plan B

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Hier après-midi, Theresa May présentait son plan B devant la Chambre des Communes. En tout cas c’est sous cette forme que l’information était présentée sur RFI. Mardi dernier un premier éventail de propositions était très sèchement refusé par les députés, et elle saisit là sa seconde chance : elle doit changer d’orientation, contourner les difficultés, et sortir de son sac un nouveau projet d’accord pour sortir de l’Union européenne, puisque c’est bien qu’il s’agit, avec ce fameux Brexit.

Alors on parle beaucoup de plan B dans la sphère politique depuis une quinzaine d’années, et plus précisément depuis 2005 : c’est l’année en France du référendum sur une constitution européenne. Jacques Delors, fervent partisan du oui, avait admis qu’une renégociation de la Constitution européenne serait très difficile, mais possible en cas de victoire du non au référendum : Le devoir de vérité impose de dire qu’il peut y avoir un plan B, mais il faut expliquer l’extrême difficulté du problème. 

Mais que recouvre donc cette mystérieuse expression ? On pourrait la traduire par solution de rechange, voire solution de repli. Le plan B est toujours un pis-aller par rapport au plan A ; c’est ce à quoi on se raccroche quand le plan A a échoué ! C’est le deuxième plan…

Et on peut se souvenir des fameuses faces B des disques en vinyle de naguère, en particulier les 45 tours qui proposaient une chanson ou deux dont on espérait qu’elles seraient des succès. Mais malgré tout on enregistrait quelque chose sur l’autre face, la face B.

Quant au séries B du cinéma, c’était une façon de désigner les productions vite réalisées, sans grand apprêt, souvent avec du métier, de l’efficacité, mais pas toujours le sens artistique qu’on peut prêter grands films, les séries A.

Le mot plan lui a connu un destin étonnant et beaucoup de succès récent. Il représente au départ l’image de la réalité, et appartient à la même famille que le verbe planter : on représente ce qui est planté au sol. Mais bien vite on a confondu ce mot avec les dérivés de planus, qui a donné au français deux adjectifs : plat et plan. On a donc fait comme s’il s’agissait de représenter, de dessiner à plat la réalité géographique, et le mot est entré dans le vocabulaire de la cartographie. On parle encore de façon absolument courante du plan d’une ville, ou d’un plan de métro, avec souvent quand même l’idée qu’il y a quelque chose de schématique là-dedans.

On a au départ utilisé les expressions lever un plan, tirer un plan, et il semble que dans l’argot du bagne, cette dernière expression se soit assimilée bientôt à une tentative d’évasion. Ainsi le mot a glissé vers le sens de projet, d’intention, de construction systématique de ce qu’on aimerait faire, à mi-chemin du rêve et de l’anticipation. Et puis il s’est spécialisé dans le domaine militaire -  plan secret, plan de bataille, pour prendre bientôt un sens très tactique : le plan, c’est le B A BA de la stratégie ! Et de l’armée, il est tout naturel qu’on passe à la politique, à l’économie, à la gestion des affaires de l’État, ou des affaires tout court : plan quinquennal, plan de redressement, de stabilisation.

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