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Pèlerinage

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Comme chaque année, revient la période du pèlerinage à La Mecque, qui bien sûr cette année sera bien moins partagé, pour cause d’épidémie. Mais c’est quand même l’époque du hajj. Et il est vrai que, notamment sur les médias, on entend le nom arabe, dans la mesure où sa signification est particulière et très liée à la religion musulmane ; Un hajj n’est pas n’importe quel pèlerinage. Et on écrit d’ailleurs plus souvent h-a-j-j- alors qu’on était plus accoutumé de lire h-a-d-j. Les graphies sont diverses et on sait bien que de toute façon, il s’agit de transcrire un alphabet autre que le latin. Il n’y a donc pas de purisme à avoir ! On tâche d’être au plus près de la prononciation dans une langue bien différente de la nôtre, mais sans l’imiter réellement. Le pèlerinage en tout cas rassemble des pèlerins. Et le pèlerin est celui qui fait un pèlerinage, bien entendu, c'est-à-dire un voyage vers un lieu saint, considéré comme un acte de dévotion : on fait ça pour plaire à Dieu. En même temps on fait ça pour prier, pour se recueillir. Arrivé à destination, le pèlerin se trouve dans un endroit empreint de spiritualité, et qui en général est censé conserver les restes d’un personnage important de la religion. Pour les Catholiques par exemple, puisqu’on a des pèlerinages dans bien des religions, il s’agit en général de reliques. C’est ainsi qu’on appelle les restes des saints, conservés après leur mort, et parfois (mais pas toujours bien sûr) après leur martyre : ossements pieusement gardés dans une châsse, c'est-à-dire un genre de coffre sacré, de boîte devant laquelle on va prier. La présence du sait intensifie le sentiment religieux. Et en même temps on peut s’adresser directement à lui pour faire exaucer ses vœux. Mais ce qu’on appelle le pèlerinage, est-ce le lieu ultime, celui auquel on arrive ? Oui mais pas seulement : le pèlerinage c’est plus souvent encore le parcours qui y mène, ce voyage lent, parfois difficile ou dangereux. Et que traditionnellement on faisait à pied. Une pratique qui existe mais qui bien sûr s’est raréfiée. Pourquoi à pied ? Parce que souvent, dans les temps anciens, et pour les pèlerins modestes, il n’y avait pas d’autre moyen de locomotion. Mais aussi parce que c’est une manière de se mortifier, de faire souffrir son corps, et donc de se mettre dans une meilleure condition de prière, en rabattant son orgueil.

Alors bien sûr, le mot a des usages figurés : on parle de pèlerinage quand on revient dans un lieu quitté depuis longtemps, où beaucoup de choses ont été vécues, et où les souvenirs peuvent revenir en foule.

On va en pèlerinage dans la maison de son enfance, dans un village où l’on a vécu et où l’on a été heureux, ou malheureux d’ailleurs. On a donc l’idée qu’on revient vers son passé, qu’on se rappelle des moments auxquels on ne pensait plus spontanément.

Quant au pèlerin, lui aussi peut avoir des sens figurés. Les pèlerinages du moyen-âge attiraient toute sorte de gens : et à côté des voyageurs pétris de religion, on trouvait souvent des bandits, des voleurs, qui se mêlaient à la foule et voyaient là l’occasion de profits inavouables. Le mot pèlerin en a pris parfois, de manière ironique, un sens péjoratif : je connais le pèlerin, quel drôle de pèlerin !

Enfin l’expression prendre son bâton de pèlerin a un sens tout à fait particulier :

Il s’agit de défendre une idée, en général une idée difficile à faire admettre, combattue par beaucoup. L’affaire n’est pas gagnée d’avance, bien au contraire. Alors, malgré tout, on décide d’aller prêcher pour cette idée. C’est là qu’on retrouve une image religieuse. On essaie de convaincre courageusement, difficilement. Et l’image du bâton de pèlerin est là pour accentuer l’idée d’une tournée difficile, où l’on peut affronter les échecs. Un bâton qui aide, non pas à se défendre, mais à cheminer sur un sentier semé d’embûches, et à tromper sa fatigue.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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